Baromètre des parents 2017

11 décembre 2017


Trois années pour mesurer les évolutions des profils de familles et mieux cerner leurs besoins. Résultat ? Des tendances qui se confirment, des difficultés qui s’aggravent et des signaux d’alarme interpellants.

Cinq tendances qui se confirment

Le modèle de la famille « classique » reste majoritaire mais diminue d’année en année. Il a perdu 4 % en à peine trois ans. Au total, 57 % des familles sont composées de papa/maman/les enfants sous le même toit. À leurs côtés, 23 % de familles sont monoparentales et 20 % sont recomposées. Au total, plus de 4 parents sur 10 ont connu une séparation.

Les familles monoparentales s’appauvrissent : plus de 1 parent solo sur 3 vit avec moins de 1 500 € par mois. C’est 6 points de plus que l’an dernier.

Les femmes et les familles monoparentales cumulent des difficultés de tous ordres. Rien de nouveau mais une nette aggravation au niveau financier et dans l’organisation de la vie quotidienne.

Les couples se séparent peu de temps après la naissance d’un enfant : 1 parent sur 4 se sépare avant le premier anniversaire du dernier enfant.

La course contre le temps ronge les familles. Faire baisser la pression et retrouver de l’air dans son quotidien est la priorité des parents en 2017. Pas étonnant, 8 parents sur 10 ont des difficultés pour concilier vie familiale et vie professionnelle. Toutes les familles sont touchées, quel que soit leur niveau de vie, leur composition familiale ou leur lieu de vie.

Cinq signaux d’alarme dans la vie des familles en 2017

Les parents craquent. Le syndrome d’épuisement parental s’installe : 1 parent sur 4 ressent un risque de burn-out souvent ou en permanence. C’est trois points de plus qu’en 2016. Les femmes sont plus exposées. De manière générale, mener de front vie de famille et travail est plus difficile. 8 parents sur 10 s’éreintent. Cette année, 73 % de parents sont fatigués et 66 % stressés par cette course contre le temps.

Les parents ont des horaires de fou. 1 parent sur 3 a besoin d’une solution de garde pour ses enfants avant l’ouverture et après la fermeture de la garderie de l’école ou de la crèche (ouverture en moyenne à 7h jusque 18h). Les conséquences négatives sur la vie de famille et le bien-être des enfants sont inévitables. Et les difficultés rencontrées par les parents le sont d’autant plus que l’offre d’accueil à ces horaires est minime, voire inexistante, autant à Bruxelles qu’en Wallonie.

Les parents rencontrent de plus en plus de difficultés pour trouver une place en crèche. Plus d’un parent sur deux insatisfaits. C’est deux fois plus qu’en 2015. La création de places prévues par l’ONE ne répond manifestement pas aux besoins des parents.

Les parents se heurtent au mauvais paiement des rentes alimentaires. Plus de 40 % de ces rentes sont payées de manière irrégulière ou pas du tout depuis 2015. Comme si c’était devenu une norme. Comme si c’était normal que les débiteurs ne payent pas et que les pouvoirs publics restaient impuissants pour garantir ce paiement.

Les parents se séparent vite. De plus en plus tôt après la naissance du dernier enfant. En moyenne, près de la moitié des parents séparés ne restent pas plus de dix ans avec le parent de leur·s enfant·s. C’est peu à l’échelle de vie d’une famille.

Des bonnes nouvelles du côté des pères

L’implication des hommes dans la famille s’intensifie et c’est une bonne nouvelle. Les mauvaises langues diront que c’est un effet de la séparation et qu’il n’y a pas de quoi pavoiser. En attendant, 2 pères sur 3 sont favorables à un congé de paternité obligatoire et ils sont de plus en plus nombreux à être à la tête d’une famille monoparentale (34 %). De même, l’hébergement égalitaire après une séparation augmente chaque année et concerne 1 parent séparé sur 3 en 2017.

Et la solidarité intrafamiliale

Dans cette édition, la Ligue des familles s’est intéressée aux aidants proches. Ils et elles sont 22 % à assumer la prise en charge d’un·e proche dépendant·e. C’est beaucoup. D’un côté, c’est le signe d’une vitalité et d’une solidarité familiale à l’égard des siens. D’un autre, ce sont des personnes qui expriment des besoins de soutien psychologique, d’accès à des services de répits ou de congés professionnels. Là aussi, il y a du travail pour que cette aide relève d’une solidarité choisie et non d’un remède à une déficience des pouvoirs publics.

Avec son Baromètre, la Ligue des familles veut mettre les parents au cœur du débat public. Qui de nos responsables politiques entendra ces signaux d’alarme et se saisira avec volonté et ambition des problèmes aigus vécus par les familles, révélés par ce Baromètre ? À l’aube de deux grandes échéances électorales, la question vaut d’être posée.

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