Les familles confrontées à la détention

22 juin 2020


Les familles confrontées à la détention

Le maintien des liens familiaux en prison

Plus de 17.000 enfants ont un parent en prison. La moitié des détenu.e.s ont un ou plusieurs enfants mineurs.

La détention d’un proche produit une rupture physique entre les membres d’une même famille. La famille est vue comme une garantie de la bonne réinsertion du.de la détenu.e dans la société à sa sortie de prison et un rempart contre la récidive alors que les modalités de la détention ne favorisent pas les relations familiales et la solidité de celles-ci. Pourtant, il existe une véritable contradiction entre la logique sécuritaire en milieu carcéral et l’importance de donner une place à la famille. En effet, les contacts familiaux sont loin d’être facilités (surpopulation carcérale, manque de personnel pénitentiaire, manque d’espace dans les parloirs, horaires incompatibles, situation géographique, durée des visites, état des locaux …).

Des réformes sérieuses doivent être entamées pour favoriser les liens familiaux et humaniser davantage le statut des détenu.e.s. Une première étape serait d’offrir suffisamment de temps de visite pour préserver le droit à la vie familiale. Un maximum de mesures doit être mis en place pour faciliter l’organisation et la qualité des visites des familles en prison : augmenter les horaires de visites, rénover les salles d’attente et les rendre plus humaines, accueillir les enfants et les soutenir psychologiquement, construire des prisons plus petites et des unités de vie familiale, favoriser une meilleure communication avec les familles, créer des espaces adaptés aux jeunes enfants…

Notre politique pénale doit favoriser davantage les mesures alternatives à la détention, tant des pères que des mères vu l’impact de la détention sur les enfants et les familles. Le maintien des liens familiaux est essentiel pour permettre à l’enfant de renforcer ou maintenir un sentiment d’attachement à ses deux parents. Aussi, l’incarcération d’un parent pérennise ou aggrave la situation de précarité des familles qui y sont confrontées.

Il est temps que la politique carcérale s’interroge sur le sens d’une peine de prison et prenne en compte les conséquences économiques, géographiques et psychologiques pour les familles des détenu.e.s. Notre société démocratique a encore un long chemin à parcourir pour respecter la dignité des familles qui rendent visite à leur proche, les soutiennent et assurent une fonction de réinsertion sociale et familiale du.de la détenu.e dans la société.

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