Les parents ont besoin de services collectifs

Bientôt les élections. Pour mieux vous y préparer d'ici au 25 mai, la Ligue des familles passe en revue les priorités des différents groupes politiques sur les matières familiales. Deuxième thème, les services : les présidents de partis répondent aux revendications du mouvement sur l'accueil de la petite enfance et l'école. Leurs réponses en images.

Les services, que ce soit l’accueil de la petite enfance ou bien l’école, jouent un rôle central dans la vie des parents. Crèches, la situation de pénurie de places est une difficulté majeure dans la vie des jeunes parents. Du côté de l'école, les difficultés ne manquent pas non plus. Rythmes scolaires inadaptés aux besoins des enfants et à la vie des parents. Frais scolaires, des coûts qui renforcent les inégalités et qui mettent en difficultés de plus en plus de familles.

A la suite de la publication de son Mémorandum, la Ligue des familles a adressé ses propositions pour un accueil de la petite enfance et une école de qualité, aux candidats de 6 partis politiques. Voici les réponses du MR, PS, cdH, ecolo, FDF, PTB.

L'accueil de la petite enfance

Pour répondre à l’ensemble des besoins des parents en matière d’accueil de la petite enfance accessible, la Ligue des familles plaide pour la création de nouvelles places publiques et de qualité. Pour atteindre un taux de couverture de 51% (le rapport entre le nombre d’enfants âgés de 0 à 3 ans et le nombre de places d’accueil) à même de satisfaire 100% des besoins des parents, il faudrait créer 3500 places par an d’ici 2022.

Les réponses des partis politiques

Pour le MR, la création des 3500 places doit être un objectif planché. Pour permettre la création de plus de places d’accueil, le MR souhaite assouplir les critères d’agréments de l’ONE et soutenir la création de milieux d’accueil alternatifs (qui ne soient pas des crèches). Le MR veut également développer l’attractivité du métier d’accueillante, notamment par des subventions et une amélioration du statut. Une autre piste soulevée par le MR est celle du soutien aux crèches d’entreprises.

Le PS propose de créer 10 000 places d’accueil d’ici 2019. Cela équivaut à 2000 places de plus que le Plan Cigogne 3. Concernant l’accessibilité des lieux d’accueil à court terme, le PS veut donner la priorité à moyens constants aux travailleurs tout en tant maintenant une certaine mixité sociale dans ces milieux d’accueil en privilégiant des structures comme les haltes garderies ou des multiplicités dans un même lieu. Sur Bruxelles, le PS veut développer le pré-gardiennat des enfants de 18 à 36 mois.

Pour le cdH, la création de places d’accueil est une priorité et les moyens doivent être mis en place. Le parti plaide pour poursuivre sur le plan budgétaire ce qui a été entrepris pendant la dernière législature. Il faut développer une vision plus large concernant le bâtit, concernant certaines obligations dans les lotissements, de la cohérence entre l’extrascolaire et l’école pour faciliter la vie des familles en terme de mobilité. Le cdH veut donner aux accueillantes un statut complet qui permettra dans une certaine mesure de renforcer les vocations, d’avoir une meilleure répartition sur le plan géographique de l’accueil de l’enfance.

Pour ecolo, l’enjeu pour les années qui viennent sera de s’assurer que l’engagement de créer 1600 places d’accueil par an soit tenu par le prochain gouvernement. S’il y a la possibilité au niveau budgétaire de créer davantage de places, le parti agira dans ce sens.

e FDF se retrouve dans le taux de couverture recommandé par la Ligue des familles, à l’horizon 2022. De manière générale, le FDF préfère que les pouvoirs publics œuvrent en priorité à la création de nouvelles places plutôt qu’à la diminution du coût de l’accueil pour les parents. Il s’agit en effet pour ce parti d’une condition indispensable à l’accès des femmes au marché de l’emploi. Au niveau de la Région bruxelloise, le FDF est préoccupé par la décision prise par la Flandre de modifier les critères d’agrément de « Kind & Gezin » (ONE flamand) pour les milieux d’accueil.

Le PTB a repris les chiffres de la Ligues des familles sur le taux de couverture. De plus, le PTB souhaite la création de 10 000 places d’urgence. Le parti veut mettre l’accent sur les crèches publiques. Ils plaident pour une centralisation et une uniformisation des critères d’inscription dans toutes les communes.

 

L'école

Pour les parents comme pour la Ligue des familles, l’école est un enjeu fondamental. Il est  nécessaire de lutter contre les inégalités au niveau scolaire. Pour ce faire, la Ligue des familles souhaite notamment instaurer une liste limitative et stricte des frais autorisés dans les écoles. Afin de mieux tenir compte des besoins des enfants et de leurs parents, la Ligue des familles souhaite également que les rythmes scolaires soient repensés

Les réponses des partis politiques

Pour le MR, la gratuité de l’enseignement est un principe sacré qui n’est pas respecté actuellement. Il s’agit pourtant d’un point essentiel. Le MR rejoint la Ligue des familles sans réserves sur ses propositions sur les frais scolaires : le MR veut plus de contrôles stricts et il est d’accord avec le principe d’une liste exhaustive de frais autorisés. Quant aux voyages scolaires, le MR souhaiterait, avant d’instaurer un plafond, que l’intérêt pédagogique des voyages envisagés soit démontré par les écoles. Sur les rythmes scolaires, le MR est favorable sur le principe mais indique qu’il faudra consulter les partenaires sociaux.

Le PS est ouvert à la question des rythmes scolaires et il est favorable à revoir la durée des heures en primaire et dans le secondaire. Des expériences pilotes sont menées actuellement pour, par exemple, passer de 50 à 45 minutes. Pour le PS, la co-éducation est une piste intéressante. Sur les rythmes annuels, le PS est ouvert à la proposition mais indique qu’il faudrait passer par la concertation sociale car cela a un énorme impact sur l’organisation du travail.
Concernant les frais scolaires, il faut continuer à codifier de manière très stricte tous les dispositifs et revoir l’article 100 du décret mission. Au-delà de cet aspect, le PS considère que les garderies, les temps de midi, les temps d’étude dirigée devraient être considérés comme faisant partie du temps scolaire et donc être gratuits dans l’ensemble des réseaux.

Pour répondre à cette préoccupation, le cdH propose de regrouper l’extrascolaire et le scolaire dans un même endroit. Cela permet d’avoir un continuum pédagogique, d’initier des contacts entre les enseignants et ceux qui s’occupent de l’activité extrascolaire. Pour autant, le cdH rappelle qu’il ne s’agit pas de demander aux enseignants de s’occuper des enfants avant et après l’école. L’objectif du CDH est de parvenir à une modification des rythmes scolaires mais cela doit se faire par étape. Cela passe d’une part par une revalorisation des moyens budgétaires et financiers. Et d’autre part, il faut réunir tout les pouvoirs subsidiant pour concentrer les efforts sur l’accueil extrascolaire.

Ecolo s’oppose à la notion de frais scolaires facultatifs. Pour les écologistes, tous les frais liés directement  à un apprentissage doivent sortir de la liste des frais facultatifs et être pris en charge par les écoles. Pour les autres frais facultatifs, Ecolo plaide pour l’instauration d’un plafond.
Sur les rythmes scolaires, Ecolo souhaitait qu’une étude soit menée durant la législature 2009-2014 dans le but de les réformer. Ce point faisait partie de l’accord de gouvernement mais les ministres de l’enseignement ne s’en sont pas occupés. Le parti voulait repenser la journée d’école afin quelle corresponde mieux aux réalités des enfants. Ecolo est donc déçu du non-travail des ministres à ce sujet.

Sur les frais scolaires, le FDF demande la transparence sur l’utilisation de l’argent demandé aux parents par les écoles. Si la liste proposée par la Ligue est un des moyens d’arriver à cette transparence, le FDF y est favorable. Mais le parti recommande de la prudence quant à la manière de constituer cette liste.
Sur les rythmes scolaires, le FDF serait favorable à une révision des congés scolaires et notamment de leur répartition dans le temps. Par rapport à l’intégration de l’extrascolaire dans le cadre de l’école, le FDF souhaite ne pas pénaliser le travail accomplit par les académies, les associations, les centres sportifs etc., mais plutôt renforcer les partenariats de ces acteurs avec les écoles.

Sur les frais scolaires, le PTB est favorable à l’instauration d’une liste de fournitures autorisées. C’est une étape vers la gratuité totale et effective de l’école. Pour le PTB, il faudra aller plus loin pour vraiment rendre l’école gratuite y compris les garderies, les activités extrascolaires, les cantines et les manuels scolaires.
Le PTB plaide pour intégrer le parascolaire et l’extrascolaire dans le cadre de l’école (bibliothèques,…). Il faut développer plus de liens entre l’école et les associations dans les quartiers.