Jeunes et surpoids : stop aux kilos

En ce mois de rentrée scolaire, repartons du bon pied ! Avec un sujet qui nous concerne finalement tous, que l’on ait tendance ou pas à prendre vite quelques kilos de trop : le surpoids des enfants et des ados (en Belgique et dans le monde). Avec, en prime, les recettes pour l’éviter.

Jeunes et surpoids : stop aux kilos

Inégaux face aux kilos

On a tous connu cette situation dans la cour de récré, dans un club de sport ou tout simplement dans la rue. On a regardé d’un drôle d’œil un ado qui était visiblement trop gros. On s’est sans doute dit que si ce jeune avait trop de kilos, c’était forcément de sa faute : certainement mangeait-il trop ou mal.
Marie-José Mozin, diététicienne pédiatrique, nous rappelle que cette idée tout faite n’est pas correcte : « Non, ce n’est pas de la faute de ces jeunes d’être trop gros ! Car nous ne sommes pas tous égaux devant les problèmes de poids. Certaines personnes peuvent ingurgiter régulièrement chips, frites et sodas sans jamais grossir. Tandis que d’autres auront tendance à prendre immédiatement du poids. »

Surpoids : attention danger

Par contre, comme le rappelle Marie-José Mozin, le fait d’être en surpoids (voir définition ci-contre) est dangereux pour la santé. Durant l’enfance et l’adolescence, avoir déjà trop de kilos peut bouleverser la croissance ou provoquer des problèmes d’articulation (genoux et chevilles). Un organe comme le foie va également souffrir.
Autre difficulté : les jeunes en surpoids ont tendance à être mal dans leur peau, à avoir une mauvaise image d’eux ou même à être rejetés par leurs autres enfants. Plus tard, d’autres maladies guettent également les personnes en surpoids : diabète, maladies du cœur et certains cancers.
Dans ce dossier, on rappelle les 5 règles d’or qui aident à ne pas être en surpoids. De bonnes habitudes à prendre pour tous, que l’on ait tendance à prendre quelques kilos en trop ou pas. Et ce, sans tomber dans l’effet inverse : rappelons qu’être trop maigre n’est pas non plus bon pour la santé.
Mais avant cela, faisons un rapide tour du monde afin de découvrir quels sont les pays où les enfants et les jeunes ont le plus tendance à être en surpoids.

Anouck Thibaut

DÉCRYPTAGE

Arrêtons-nous sur le graphique, qui classe les pays selon le pourcentage d’enfants et d’ados (3 à 17 ans) en surpoids. Quatre observations sortent du lot. Marie-José Mozin, diététicienne pédiatrique, les décode pour nous.
► Grèce et Italie en tête
Surprenant de retrouver ces deux pays en haut de classement, loin devant les États-Unis. L’explication ? Il existe un lien entre la pauvreté (qui touche la Grèce depuis quelques années) et le taux de surpoids. Quant à la position de l’Italie, des études ont montré que les parents de ce pays ont tendance à donner trop protéines (notamment du fromage) à leur tout jeune enfant. Or, cette habitude augmente le risque de surpoids plus tard.
► Belgique : sous la moyenne
Ne nous réjouissons pas trop de la situation de notre pays. Certes, il fait mieux que la majorité des 41 pays concernés par l’enquête. Mais les chiffres (17 % pour les garçons, 14 % pour les filles) nous rappellent que 1 jeune Belge sur 6 est en surpoids, ce qui est très préoccupant. Et ce, d’autant plus que ce chiffre ne cesse d’augmenter.
► France : bon élève
La place de ce pays en fin de classement (35e sur 41) n’est pas due au hasard. Des mesures ont été prises pour lutter contre le surpoids des enfants. Dans les écoles, la collation de 10 heures a été supprimée. La raison : les élèves n’en ont pas besoin, pour autant qu’ils aient déjeuné le matin. Pire : cette habitude favorise le surpoids. Un exemple à suivre chez nous ?
► Garçons et filles : des différences
Dans la majorité des pays, le taux de surpoids est plus important chez les garçons que chez les filles. Or, d’un point physiologique, un garçon n’a pas plus de risque qu’une fille d’être en surpoids. Cette différence ne peut donc s’expliquer que par les habitudes. Mais aussi par l’image de l’homme et de la femme dans nos sociétés.

DICO

SURPOIDS OU OBÉSITÉ

Dans ce dossier, on vous parle de surpoids et non d’obésité. La raison : d’un point de vue médical, ces deux mots ne sont pas synonymes. Dans les deux cas, il s’agit d’une « accumulation excessive de graisse qui présente une risque pour la santé ». Sans entrer dans les détails, retenons qu’être en surpoids est une première étape. Tandis que basculer dans l’obésité est une seconde étape, plus sérieuse encore. Toutes les personnes obèses sont en surpoids. Tandis que l’inverse n’est pas vrai.

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Obésité et bonne santé, un leurre ?

Nouvelle discrète, mais bonne nouvelle : la ministre de la Santé publique Maggie De Block (OpenVLD) souhaite dégager 5 millions d’euros pour le remboursement des consultations des enfants obèses chez le diététicien. Objectif ? S’attaquer dès l’enfance aux problèmes de surpoids et éviter de graves complications plus tard. Six séances de minimum 30 minutes, sur une durée de traitement de six mois. La mesure concerne 75 000 jeunes patients. Toutes les modalités exactes de ces remboursements seront déterminées par l’Inami. Mais pourquoi est-ce important ? On en parle avec la diététicienne Marie-Josée Mozin.