Le tabac et les jeunes : venons-en
à bout !

Pour débuter l’année, un sujet qui nous concerne tous : le tabac et plus particulièrement le comportement des jeunes face à la cigarette. Combien sont-ils à fumer ? Pour quelles raisons ? Et surtout, pourquoi cette pratique est-elle si dangereuse pour la santé ? Autant de questions que l’on aborde dans ce dossier et qui, en cette période de rentrée scolaire, peut aussi donner l’envie de prendre de bonnes résolutions…

Le tabac et les jeunes : venons-en à bout !

Pas de fumeur sans fumée

Impossible d’être indifférent à un sujet comme celui de la cigarette ! Même si vous ne faites pas partie des 22 % de personnes vivant en Belgique et qui fument tous les jours (voir ci-contre), vous avez forcément des accros de la cigarette autour de vous. Et en prime, la fumée qui l’accompagne, ce qui fait de vous des fumeurs passifs. Ainsi, il y a sans doute dans votre entourage des (grands)-parents qui ont cette habitude depuis toujours, même s’ils répètent régulièrement qu’ils vont arrêter. Ou, si vous êtes parent, c’est peut-être votre adolescent qui clope depuis peu ou que vous soupçonnez fortement de s’y être mis parce, rien à faire, il sent le tabac quand il rentre à la maison. Ou encore, des copains qui fument en rue ou en soirée, en vous incitant peut-être à les imiter. Et ce, alors que vous, cette pratique ne vous dit vraiment rien du tout, voire vous dérange ou vous dégoûte.

L’adolescence : un âge tous risques

Car on le sait tous : le tabac est dangereux pour la santé, notamment parce qu’il est responsable de nombreux cancers. Et ce danger concerne aussi bien la santé des fumeurs que celle des fumeurs passifs (enfants comme adultes) qui, eux aussi, respirant la fumée lorsqu’on fume à proximité d’eux.
Et nos ados, dans tout cela : comment se comportent-ils aujourd’hui face à la cigarette ? Les chiffres et les réponses (plutôt encourageantes, d’ailleurs) dans ce dossier. Une période de la vie où, rappelons-le, on est plus vulnérable face à un tel fléau. Les raisons ? À l’adolescence, on aime le risque et les interdits mais surtout, on n’a pas totalement conscience des dangers : on ne se sent donc pas concerné par une éventuelle maladie (voire la mort) provoquée par le tabac. Une autre caractéristique de cet âge est d’être facilement influençable par les copains : on fume pour leur ressembler, pour faire partie d’un groupe, pour se sentir adulte. Enfin, on croit aussi (à tort) que l’on peut tout maîtriser, donc que l’on pourra arrêter d’un coup si on le décide. Autant savoir ! De bonnes raisons qui devraient aussi inciter… à ne jamais commencer à fumer.

Une plante qui vient de loin

Avant de comprendre combien la cigarette est nocive, faisons un bond dans le temps. Lorsqu’en 1492, Christophe Colomb arrive en Amérique, il constate que les Indiens utilisent une plante totalement inconnue chez nous. Ils la mâchent ou la fument dans des pipes et s’en servent également pour tenter de guérir certaines maladies : cette plante n’est autre que le tabac !
Rapidement, elle est rapportée en Europe où elle va connaître un certain succès. En l’espace de quelques siècles, le tabac cesse d’être cultivé uniquement sur le continent américain, mais partout dans le monde. Même la Belgique, dès le milieu du 19e siècle, a ses propres plantations de tabac, du côté de la Semois. C’est à cette même époque que les cigarettes, telles que nous les connaissons aujourd’hui, commencent à être fabriquées de manière industrielle. À l’époque, comme ce produit est fort cher, rares sont les habitants qui peuvent s’en procurer. La situation ne changera qu’après la Seconde guerre mondiale : la cigarette connaît un véritable essor.

Feuilles séchées et produits chimiques

On l’a vu plus haut, le tabac est donc une plante composée de larges feuilles. Ce sont bien elles qui, après avoir été cueillies, séchées, hachées… se retrouvent dans les cigarettes. Pas toutes seules, évidemment ! Aujourd’hui, les fabricants ajoutent des arômes artificiels pour rendre le goût de la cigarette plus agréable. Et surtout des produits chimiques, dont certains sont extrêmement nocifs pour la santé. Impossible de connaître la composition d’une cigarette : les fabricants la tiennent secrète. Et la fameuse nicotine, qui agit sur le cerveau et créé une dépendance, autrement dit qui fait qu’un fumeur ne peut plus se passer de cette habitude ? Elle est naturellement présente dans les feuilles de tabac. Les fabricants en ajouteraient, de manière artificielle.
Important à retenir : plus encore que les éléments qui entrent dans sa composition, c’est la combustion (soit le fait qu’elle soit brûlée) de la cigarette qui est extrêmement nocive. Un des graphiques de la page précédente illustre bien cette idée : en se consumant, une cigarette se transforme en usine chimique. Des réactions chimiques provoquent la formation de nombreuses substances toxiques : plus de 4 000 ! Exemple : le goudron, cette substance noire et visqueuse qui sert à recouvrir les routes. Il se dépose sur les voies respiratoires du fumeur et noircit aussi ses poumons. À lui seul, il est responsable de nombreux cancers.

Interdire le tabac : pourquoi pas ?

De nombreux chiffres circulent à propos des décès liés au tabac. Retenons celui-ci, cité par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : chaque année, 5 millions de personnes décèderaient des suites d’une maladie liée à la consommation de tabac. Petite comparaison, pour mieux se rendre compte de l’ampleur de ce fléau : c’est comme si 4 avions transportant 350 passagers s’écrasaient chaque jour !
Une question, dès lors : pourquoi n’interdit-on pas la vente de ce produit mortel ? Pas simple de répondre brièvement à cette question. Retenons que le tabac représente un marché gigantesque et que ce commerce fait notamment gagner énormément d’argent aux fabricants. Et ce, aux quatre coins du monde. Parmi les nombreux fabricants, certaines marques sont extrêmement riches et puissantes : elles font donc tout pour vendre un maximum de leurs produits. Et tant pis pour les artères et les poumons des consommateurs !
Face à la puissance de ces marques, les dirigeants de certains pays ont décidé de réagir : ils ont voté des lois dans le but de protéger la santé des habitants. En ce qui concerne la Belgique, la graphique en haut de la page nous rappelle les trois interdictions les plus importantes (voir ci-dessus).

Prévenir plutôt que guérir

Revenons aux ados. On l’a souligné dans la page précédente : les jeunes Belges se situent au milieu du classement des pays européens et nord-américains. Autre nouvelle, encore meilleure, toujours visible dans les infographies de ce dossier : depuis le milieu des années 1990, la consommation de tabac chez les jeunes (12 à 20 ans) a fortement diminué. Plusieurs explications à cela. Le prix du paquet de cigarettes qui ne cesse d’augmenter et qui a obligé certains jeunes (encore plus que les adultes) à freiner leur consommation (Au passage, rappelons qu’une partie de ce prix sont des taxes qui vont dans les caisses de l’État. Mais ceci est une autre histoire).
Autre raison importante : depuis le 19 juillet 2004, une loi belge interdit la vente de tabac aux moins de 16 ans. Enfin, contrairement à ce qui se faisait il y a 30, 40 ans et plus, de nombreuses aides sont aussi mises en place, notamment par l’État et des associations spécialisées, pour soutenir les fumeurs qui veulent se débarrasser de la clope. On ne cesse aussi de répéter que le tabac est dangereux pour la santé : c’est ce que l’on appelle la prévention, qui se fait notamment via les écoles. Car le meilleur moyen d’arrêter de fumer, c’est finalement de ne jamais commencer…

Anouck Thibaut

CHIFFRE

22 %

C’est le pourcentage de Belges (jeunes et adultes, tous âges et sexes confondus) qui déclarent fumer tous les jours, autrement dit qui sont des fumeurs réguliers. Un chiffre à comparer avec ceux qui concernent uniquement les jeunes et que l’on retrouve dans ce dossier.

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