Nos rivières remises à neuf

Zoom sur un projet qui préserve la biodiversité de nos régions : les Contrats de rivière. Exemples avec le Contrat de rivière Dyle-Gette (Provinces du Brabant wallon et de Liège) et trois de ses actions.

Nos rivières remises à neuf - Contrat de Rivière Dyle-Gette

Le territoire de la Wallonie est parcouru par de très nombreux cours d’eau, de toutes tailles. Inutile de le rappeler : il est important de faire en sorte que ces rivières ne soient pas polluées. Et ce, pour notre santé, notamment lorsqu’on se baigne dans l’une d’elles. Mais pas seulement !
Préserver la qualité de l’eau des rivières est aussi et surtout indispensable pour la biodiversité de nos régions : les bestioles qui vivent dans et près de l’eau, mais aussi la végétation peuvent alors se développer au mieux. C’est pour ces raisons que dans les années 1990, les Contrats de rivière ont vu le jour, un peu partout en Wallonie. Une initiative qui va bien au-delà d’une « opération rivière propre » où tout le monde se retrousse les manches pour nettoyer l’eau et les berges d’un ruisseau.
L’idée est encore plus ambitieuse que cela : mettre autour d’une même table toutes les personnes qui sont concernées par la protection des cours d’eau. Les responsables des communes et les habitants. Mais aussi les agriculteurs, les patrons d’usine, les associations de protection de la nature, les pêcheurs… Même si la liste est longue, il est facile de comprendre que tous ces acteurs ne sont pas toujours d’accord. Et pour cause, leurs intérêts sont différents.

  1. Haltes aux plantes invasives

La berce du Caucase : ce nom ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, cette plante qui se propage un peu partout en Wallonie fait partie de ce que l’on appelle les espèces invasives. Elle pousse de façon très rapide et dense, en étouffant le reste de la végétation. Avec ses feuilles dentelées et ses fleurs blanches, elle peut atteindre jusqu’à 4 mètres de haut. Résultat : là où la berce du Caucase apparaît, rien d’autre ou presque ne peut plus pousser, ce qui n’est pas bon pour la biodiversité. Sans compter que cette plante n’est pas inoffensive : elle provoque aussi des brûlures sur la peau.
Les solutions ? L’éliminer en l’arrachant, mais aussi en sectionnant ses racines afin d’éviter qu’elle ne repousse ensuite. Un travail de titan dans lequel s’est lancé le Contrat de rivière Dyle-Gette : le long de berges des rivières, mais aussi en incitant les particuliers à faire de même.

  1. De l’ordre dans les déchets verts

La tentation suivante est facile : abandonner, dans le fond de son jardin par exemple, de l’herbe fraîchement tondue, des mauvaises herbes ou encore des branchages. Après tout, ces déchets sont des végétaux qui finiront bien par se décomposer sans faire de mal à la nature. Erreur ! Lorsque ces déchets verts s’accumulent dans un talus à proximité d’une rivière, le risque est grand qu’ils tombent dans l’eau. Conséquence : le cours d’eau est alors pollué. C’est ce que l’on appelle une pollution organique. Sans compter que ces déchets verts qui s’accumulent le long des berges finissent effectivement par se décomposer, ce qui dégrade les sols et empêche certaines plantes de pousser. Pour éviter ce genre de pratique (qui est d’ailleurs punissable d’une amende), le Contrat de rivière de la Dyle-Gette a sensibilisé la population, notamment en distribuant des documents dans les boîtes aux lettres.

  1. Bas les pattes, les vaches

Dans le Brabant wallon comme ailleurs en Wallonie, nombreux sont les cours d’eau qui sont bordés par des champs et des prairies. Et dans ces derniers, les troupeaux de vaches pâturent. Or, les agriculteurs ne clôturent pas toujours leurs prés. Résultat : des bestiaux se retrouvent dans les rivières, notamment pour s’abreuver. Cela pollue l’eau. Mais détruit aussi les berges, dont une partie tombe alors dans le ruisseau. Et pourtant, les agriculteurs sont normalement tenus de clôturer leur champs, ce qui n’est pas toujours simple vu la surface de leurs champs. Objectif de Contrat de rivières Dyle-Gette : convaincre un maximum de fermiers de respecter cette règle. Et ensuite, consolider les berges le long des champs.

Anouck Thibaut

En savoir plus

Envie d'en savoir plus sur les contrats de rivière et dénicher celui qui est le plus proche de chez vous? Surfez sur le site des contrats de rivière.

Sur le même sujet

L’Europe vole au secours des abeilles

L’événement est presque passé inaperçu. En interdisant trois pesticides à la fin du mois d’avril, l’Union européenne a pris des décisions pour sauver les abeilles. En quoi cette nouvelle est-elle si importante ? Explications en quatre questions-réponses.