Passage en néonatologie :
parents admis !

Ne pas avoir son nouveau-né près de soi parce qu’ayant vu le jour prématurément, ayant eu une naissance bousculée ou étant malade, il est hospitalisé dans une unité néonatale est une expérience douloureuse. C’est peut-être votre histoire… La joie du retour à la maison est suspendue. Votre bébé a besoin de soins. Votre quotidien de maman, de papa est fait de préoccupations pour lui, pour sa santé, son bien-être, son futur.

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Comment traverser au mieux cette période chargée de stress et d’attente ? Voici des pistes grâce aux regards croisés de la néonatologue Dominique Grossman, chef du Pôle Mère-Enfant au CHIREC (site Delta, à Bruxelles), et de Reine Vander Linden, psychologue en périnatalité.

Chaque situation est singulière

Un accouchement prématuré (avant 37 semaines de grossesse), une souffrance fœtale aiguë, un état de détresse à la naissance, un trop petit poids du bébé, une infection… De multiples raisons amènent un nouveau-né dans une unité néonatale. Parmi elles, la prématurité est la plus fréquente. Environ 8 % des bébés qui voient le jour en Belgique naissent prématurément.
Avoir été préparé au fait que son bébé va séjourner en néonatologie (par exemple, en cas de grande prématurité) et y être confronté inopinément sont des réalités différentes. De même, le vécu ne sera pas le même pour un parent si ce séjour est de quelques jours ou de plusieurs mois.
La néonatologie est un champ en évolution constante : tant de choses ont changé en vingt ou même dix ans ! Les pratiques varient d’une unité néonatale à l’autre, et selon les équipes soignantes. Et un service de soins néonatals non intensifs n’est pas un service de soins néonatals intensifs - il n’est pas rare, d’ailleurs, que les bébés hospitalisés et leur famille fréquentent les deux. Une certitude : ces lieux, sortes de mini-hôpitaux dans les hôpitaux, se sont largement ouverts aux parents. Les mamans et les papas sont fortement engagés dans les soins à leur bébé, aux côtés des soignants et guidés par eux. Plus que jamais, ils sont invités à avoir confiance dans leurs capacités de s’occuper de leur enfant.

Culpabilité, quand tu nous tiens…

Comment, en tant que maman ayant son petit en néonatologie, ne pas être rongée par la culpabilité ? Celle-ci n’épargne pas les pères, mais elle est évidemment plus intense chez les mères puisqu’elles ont porté l’enfant.
« Ce sentiment de culpabilité est directement lié à la question de la responsabilité : c’est parce qu’on se sent responsable de son bébé qu’on se sent coupable », développe la psychologue Reine Vander Linden. Et celle-ci de préciser : « Cette culpabilité est souvent évoquée par les mamans : "Qu’est-ce que j’ai fait à mon bébé ? Je n’ai pas pu le garder dans mon ventre jusqu’au bout, je n’ai pas pu l’amener en bonne santé à la vie, mon corps n’est pas apte, je suis une mauvaise mère." À ces propos, l’entourage répond souvent, dans une espèce de mouvement réflexe : "Mais non, tu n’es pas responsable, tu as fait tout ce que tu pouvais…" Mais ces paroles n’apaisent absolument pas les mères. À la limite, comme elles ne sont pas reconnues dans ce qu’elles vivent de douloureux (ce n’est pas ainsi qu’elles avaient rêvé le début de leur vie de maman), elles en rajoutent une couche. Il faut pouvoir accueillir ce sentiment de culpabilité qui est très envahissant et très lourd, c’est-à-dire l’entendre comme une souffrance supplémentaire à celle qu’elles ont déjà de ne pas avoir leur bébé près d’elles. »
Pour en parler, il y a l’autre parent. « Mais lui aussi peut être mal. C’est vraiment le travail des professionnels d’entendre, d’écouter, d’éponger toutes ces émotions difficiles que les parents éprouvent, de ne pas tenter de les enterrer, en pensant - à tort - qu’elles finiront par disparaître toutes seules. » Dans la plupart des unités néonatales, les parents ont la possibilité d’avoir recours à une aide psychologique.
Inutile aussi d’essayer de dissimuler ses émotions négatives à son bébé. « Lui dire "Ce n’est pas comme cela que j’ai rêvé ton accueil" est plus aidant que de tenter de le protéger en lui cachant ses émotions. Sans quoi le parent va utiliser toute son énergie à essayer de mettre un écran sur ses émotions et cet écran l’empêchera d’être dans un juste et réel lien avec son bébé. »

Avec le transfert de leur bébé dans une unité néonatale, les parents se sentent souvent démunis : ils ne savent pas bien quoi faire pour lui. Mais à eux des gestes spécifiques. Il y a le peau-à-peau, pour la maman et le papa. Il y a la possibilité, pour la maman, de tirer son lait.

Martine Gayda

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