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« Il n’en peut plus et ne veut plus entendre parler d’école ! »

Tout parent, ou presque, est un jour confronté à son enfant qui lui dit, sur un ton plaintif : « Je n’aime pas l’école, je ne veux plus y aller ». En primaire, la raison la plus fréquente est la difficulté à se séparer de ses parents. Plus tard, certains jeunes ont bien du mal à trouver leur place dans cet établissement secondaire où tout est devenu plus grand, plus exigeant et qui demande, dès le premier cycle, de faire des choix : section, filière, etc. Comme si l’avenir se jouait à 13 ans !

« Il n’en peut plus et ne veut plus entendre parler d’école ! » - Thinkstock

En Belgique, l’obligation scolaire à temps plein s’étend jusqu’à 15 ans. Après cela, l’adolescent est libre de choisir une scolarité à temps partiel s’il le souhaite et devra s’y coller jusqu’à ses 18 ans.

Pourquoi il tourne en rond

« Lorsqu’un jeune se désintéresse de l’école, il y a souvent des signes avant-coureurs : une chute brutale des résultats, un travail devenu irrégulier (retard dans la remise de travaux, changement au niveau du soin apporté), un absentéisme accru, une soudaine fatigue, une maladie chronique, un isolement. Outre une chute de résultats, c’est une fracture au niveau de l’attitude générale qui peut être alarmante, observe Bernard Burton, psychologue du Centre PMS libre 2 de Bruxelles.
C’est souvent dû à une histoire affective : une déstructuration de la famille, une perte d’emploi d’un parent, une déception amoureuse ; certains jeunes touchent à la petite toxicomanie. Parfois, c’est le modèle scolaire, à mille lieues de la réalité de la société, que le jeune met en cause : un aspect ludique qu’il percevait en primaire et qu’il ne perçoit plus en secondaire, etc. Bref, c’est un ras-le-bol général. »

Comment l’aider ?

Ce ras-le-bol, il ne faut donc pas le prendre à la légère. Et le PMS est là pour aider les parents et le jeune à y voir plus clair. « Lorsqu’un jeune m’annonce qu’il veut arrêter l’école, explique Bernard Burton, j’essaye de comprendre ce qu’il y a derrière cette affirmation : est-elle affective ou liée directement à sa scolarité ? Dans le second cas, je tente de dépister son profil : quels sont ses centres d’intérêt en dehors de l’école ? Quels sont ses loisirs, ses passions ? Que lit-il ? Quelle est sa personnalité ? En fonction de cela, je lui suggère des milieux de formation qui me semblent lui convenir mais sans me substituer à lui. »
En bref, le PMS va démontrer au jeune qu’il a connu un type de formation, mais qu’il y en existe d’autres, pourvu qu’il ne s’enferme pas dans l’idée qu’il n’y a plus d’issue.

L’estime de soi

Valoriser l’estime de soi, c’est en priorité ce que tente de faire Alain Ghilissen, assistant social au PMS du Centre Scolaire de Ma Campagne à Bruxelles. « Sur le plan individuel, j’essaie de montrer au jeune qu’il peut avoir une estime de lui. Pour cela, je revisite sa vie en dehors de l’école : qu’est-ce que tu fais ? Quels sont tes loisirs ? Tes expériences ? Est-ce que tu as fait des jobs d’étudiant ? Lesquels t’ont plus ? Je l’invite aussi à réfléchir sur le plan collectif : pourquoi est-ce qu’on travaille ? Quels sont les personnages auxquels tu t’identifies ? Faut-il choisir des études pour accéder à un métier ou faut-il choisir un métier avant d’accéder aux études ? Autant de débats à avoir. »

La question

Le jury central est paraît-il un bon moyen pour se rattraper ? Comment cela fonctionne-t-il ?

Vous souhaitez reprendre des études, mais vous n’avez pas le certificat d’études secondaires ? Vous ne pouvez plus vous inscrire dans un établissement, car vous avez épuisé le nombre de sessions autorisées ? Faites appel au jury central.
Les jurys, une filière alternative d’épreuves, vous permettent d’obtenir un diplôme en dehors des voies traditionnelles. Chaque année, les Communautés organisent des sessions d’examens pour l’enseignement fondamental, l’enseignement secondaire (général, technique, artistique et professionnel) et pour certaines filières de l’enseignement supérieur non-universitaire.
Plus d’infos : les jurys de la Fédération Wallonie-Bruxelles et les moyens pour s’y préparer.

Pierre, 17 ans : le jury central, c’est hyper-exigeant !
« Début secondaire, des psychologues ont diagnostiqué une dépression et je me suis retrouvé à la maison pendant plus de six mois. J’étais alors complètement en décalage par rapport à mes amis qui, eux, continuaient à aller à l’école. J’avais l’impression que la Terre tournait sans moi ! L’année suivante, j’ai intégré une école privée pour élèves exclus du système scolaire classique. J’ai refait ma 1re en quatre mois, j’en suis fier. J’y ai passé ma 2e. En 3e année, l’école proposait le jury central. Je l’ai fait, un peu comme un défi. À 16 ans, j’ai entamé le grand jury et, en dix-huit mois, j’ai obtenu mon diplôme. C’était un bon challenge, mais si c’était à refaire, je ne le referais pas. Ça exige de consacrer tout son temps à sa scolarité, c’est hyper contraignant ! Mais c’est une bonne préparation pour l’université. »

Caroline Van Nespen

Help !

PMS : UN BON DÉPANNEUR ?

Certains parents diront que, nombre de fois, ils ont appelé le PMS sans avoir la moindre réponse. C’est vrai que ces centres sont débordés. Pour parer à cela, certains PMS optent pour des mesures préventives plutôt que de pratiquer des réorientations dans l’urgence. En misant, par exemple, sur l’approche collective et sociale de l’orientation avec les 2e, 4e et 6e via des animations ainsi que des assemblées générales de parents, car les décisions se prennent en famille. L’important étant de travailler ensemble le « Comment choisir ? ».
Votre école pratique peut-être cette méthode-là avec son PMS… Renseignez-vous.

Témoignages

« Je détestais l’école jusqu’au jour où j’ai fait ce que je savais faire »

J’ai toujours eu beaucoup de difficultés à l’école. Enfant dyslexique, j’avais une mémoire de poisson rouge et, tous les soirs, je passais deux heures chez un professeur particulier pour arriver au bout de mes devoirs. Après un échec en 1re secondaire générale, j’étais désemparée, je ne me sentais plus capable de rien. Mes parents m’ont inscrite dans une filière technique de transition, en éducation physique. J’étais très sportive et mes bons résultats dans ma section m’ont donné confiance en moi. J’ai obtenu mon CESS (certificat d’études secondaires supérieures), puis j’ai enchaîné bachelier en agronomie. J’ai dû me battre pour y arriver, mais je suis fière de mon parcours. Et je remercie encore mes parents d’avoir trouvé le moyen de me valoriser.
Stéphanie, 33 ans

En technique par erreur

Je me suis retrouvé en technique de transition à la rentrée en 4e. Ils s’étaient trompés aux inscriptions. C’est absurde, mais je me suis plu tout de suite dans l’option. J’étais en sciences sociales, puis je suis passé en sciences, car j’avais toujours 80 %. Mais j’ai toujours eu des difficultés avec l’école. Je suis considéré comme « a-scolaire ». Je n’ai jamais fait comme les autres. Ça a toujours été un problème. Surtout pour moi, pour assimiler la matière. J’ai doublé deux fois… 
Oscar, 20 ans, 6e maths-sciences

Du général au technique, le déclic !

J’ai changé d’école en 3e, je venais du général mais je ramais. Le PMS m'a conseillé la technique de transition. Depuis, j'ai de bons points : même en maths, je n'ai plus d'échecs. Avant, je n'avais plus envie d'aller à l'école. Maintenant, je n'ai que du bleu sur le bulletin. Ça dynamise ! »
Jordane, 18 ans, 5e secrétariat-tourisme

« J’ai ramé, mais je vais y arriver »

J'ai toujours voulu être puéricultrice. Vu que je n'étais pas faite pour les études théoriques, j'ai fait mes 3e et 4e en services sociaux, avec des cours de puériculture. Mais j'ai dû arrêter, car j'ai eu un couac dans ma vie. J'étais seule, sans famille. J’ai travaillé comme apprentie-vendeuse pendant six mois, mais bosser dans un magasin ne me plaisait pas. À 18 ans, je suis revenue en puériculture. Mais après deux semaines, j'ai dû arrêter car j'avais trois enfants, je n'étais pas stable. Alors j'ai fait des petits boulots : vendeuse, boulangère, etc., jusqu’à 26 ans. Je suis enfin revenue en puériculture pour finalement faire ce que je voulais au départ. J'adore la petite enfance et il y a toujours des débouchés.
Laima, 27 ans

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