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« Il veut continuer ses études,
mais ne voit pas encore très clair »

« Oui, m’man, je ferai des études, t’inquiète » ou « Oui, p’pa, j’ai toujours su ce que je voulais faire plus tard ». Mais où ? Quand ? Comment ? Nos ados prennent des décisions qui tracent leur vie professionnelle. Par hasard ? De manière réfléchie ? Quand et comment faut-il intervenir dans leur choix ?

« Il veut continuer ses études, mais ne voit pas encore très clair » - Thinkstock

Certains élèves réfléchissent et choisissent par eux-mêmes les études, la formation ou le métier auxquels ils se destinent. Ils se posent des questions et y répondent naturellement parce qu’ils sont immergés dans une culture familiale de réflexion sur le projet. Si l’étudiant doit rester maître de son choix d’études, les parents restent des interlocuteurs incontournables. Ce sont eux qui soutiennent et valident le choix de l’école, de la formation ou de l’université. Difficile de passer outre leur accord dans cette décision.
En tant que parent, on n’hésite donc pas à amorcer le dialogue avec notre étudiant sur la question. Alain Ghilissen, assistant social au PMS du centre scolaire Ma campagne à Bruxelles, encourage ce dialogue : « Témoignez de ce que vous avez vécu, exprimez vos sentiments, osez lui dire : ‘Je suis inquiet pour toi’, ‘Je suis le responsable de la famille’ ou encore ‘Je vis avec toi’, ‘J’ai beaucoup d’amour pour toi et je n’ai pas envie que tu fasses n’importe quoi’ et ‘Je suis préoccupé’, ‘J’ai peur’… Je pense qu’à partir du moment où on est vrai, où on communique ses sentiments, ses craintes, le dialogue ne peut que bien se dérouler. »

Aidez-le à se poser les bonnes questions

« Orienter les gens dans l’urgence serait antinomique. L’orientation, c’est un parcours, pas un one shot. C’est un processus éducatif qui se construit, qui se prépare. Ce n’est pas un moment donné de la vie où on doit choisir, parce qu’on quitte l’école », souligne l’assistant social scolaire. Prendre le temps de définir avec lui ou elle, son parcours de vie, petit à petit, c’est aussi lui permettre de donner du sens à son projet et lui donner confiance en soi. Bref, c’est déjà le lancer vers la réussite.
Alors, comme on le rappelle souvent, on prend du temps pour lui, et on s’intéresse à sa vie : son week-end, ses copains… Et on tend des perches : « Comment vois-tu tes études ? », « Y as-tu déjà réfléchi ? »… Et on essaie d’examiner les possibilités avec lui. Quel domaine ? Quelle profession ? Quel type ? L’important, c’est de travailler ensemble le « comment choisir ? » Parce que l’inscription et le bien-être d’un jeune dans une formation et des études dépend aussi des parents.

Quel type d’études ?

Une fois que le jeune a choisi ce qu’il veut faire ou étudier, reste à déterminer le cadre des études : type court ou type long ?
Il s’inscrira au bachelier :

  • s’il aime le concret, les stages ;
  • s’il a besoin d’être épaulé, d’être encadré avec des travaux à remettre régulièrement ;
  • s’il n’a pas envie d’études trop longues ;
  • s’il a des doutes quant à sa capacité à s’autogérer et à assimiler beaucoup de matière théorique ou scientifique.


Il optera pour l’université ou pour une Haute école :

  • s’il a besoin d’un savoir scientifique ;
  • s’il a le temps d’entamer un cycle de cinq ans ;
  • s’il a le soutien des parents ;
  • s’il n’a pas peur de se retrouver parmi 500 personnes dans un auditoire.

Suffisant, le bac ?

Certains se contenteraient bien d’un bac (abrégé du bachelier : ex-candi et ex-graduat). Mais est-ce suffisant pour s’assurer de trouver un emploi à la sortie ? Tout dépend de la formation. « Un bac en compta ou un bac d’éducateur, ce sera suffisant. Mais il y a des métiers en tension et des bacs plus prisés que d’autres. Psycho, droit, graphisme, publicité… Ce sont des formations très générales qui invitent à se spécialiser ou à continuer à se former », conseille Alain Ghilissen.

Et s’il veut changer de parcours ?

Il n’aime pas ? Il n’a peut-être finalement pas fait le bon choix ou a découvert un autre cursus qui l’attire davantage en élargissant son horizon ? Pas de panique. Il peut rebondir grâce aux passerelles. Aujourd’hui, les universités se targuent même de pouvoir offrir « un bachelier, plusieurs masters ».
« Si on se rend compte, en cours de formation, que ça ne convient pas ou qu’on se fait une idée qui ne correspond pas à la réalité, il y a des corrections possibles et ce, dès le moment où les orientations se dessinent (de la 3e secondaire jusqu’à la fin des études universitaires), parce qu’il y a des systèmes de passage d’une année à l’autre », rassure Bernard Burton, psychologue dans un centre PMS de Bruxelles. 

Pour lui, il y a trois types de passerelles :

  1. celles qui ne coûtent rien en temps : la formation terminée dans l’année permet de passer dans l’année supérieure d’une autre formation ;
  2. celles où l’étudiant passe dans l’année supérieure, mais suit des cours qu’il aurait dû voir l’année précédente et qu’il n’a pas pu suivre ;
  3. celles qui coûtent en temps : l’étudiant refait l’année réussie dans la première orientation d’études. Mais qu’est-ce qu’un an dans une vie si c’est pour se donner plus de chances d’arriver à son but ?

Le mot des pros

ALAIN GHILISSEN, ASSISTANT SOCIAL SCOLAIRE

Bien se connaître
« Pour faire son choix, il y a deux leviers importants. D’abord, il faut travailler sur la connaissance de soi, sur ses valeurs, sur l’estime de soi. Ensuite, il faut du temps. On ne peut pas construire un projet d’orientation d’un jeune en une heure. Ce serait illusoire, irrespectueux, bâclé. »

Être vrai avec soi-même
« Ce qui est important, c’est d’ouvrir et de s’ouvrir. Il faut pouvoir corriger le tir en se donnant des chemins bis. Et en ne se mentant pas. Le questionnement, c’est la base de l’orientation et il faudra travailler pour y arriver, quelle que soit la formation qu’on décide de suivre. »

BERNARD BURTON, PSYCHOLOGUE DANS UN PMS DE BRUXELLES

L’accord des parents
« S’il y a désaccord entre les parents et le jeune, c’est notre travail de défendre éventuellement une position, d’essayer de convaincre les parents qu’on juge que la demande du jeune est légitime et lui convient. Si on ne trouve pas un accord, on essaie de trouver un terrain d’entente, une conciliation. On fait d’abord un choix de secteur d’orientation avant de préciser une finalité. »

Stéphanie Grofils

Coup de pouce

VALIDER SON CHOIX D’ÉTUDES SUPÉRIEURES, C’EST :

  • Savoir ce que je suis : mes qualités, mes défauts, mes goûts, ma trajectoire scolaire. 
  • Savoir ce que je fais : l’étudiant est bombardé d’infos dans les salons des études, aux portes ouvertes. Mieux vaut avoir réfléchi avant, afin de bien décoder ce qui l intéresse vraiment, se faire conseiller, par la famille, les amis. 
  • Connaître mes compétences : suis-je suffisamment équipé pour ce que je veux faire ?

En savoir +

  • Au centre PMS lié à l’école
  • Aux journées portes ouvertes
  • Dans les centres d’orientation des universités
  • Au SIEP  
  • Au Cediep : centre d’orientation du Segec (enseignement catholique) avec des livres pratiques d’orientation pour tout savoir sur les filières d’études
  • Sur www.dorifor.be : formations post-graduat de Bruxelles formation

Témoignages

Je suis un flemmard

Au départ, je voulais faire la polytech’, j’avais même pris des cours le samedi. Mais finalement, y a trop de maths pour moi. Les cours particuliers m’ont pas mal affecté, car c’était assez poussé et mon niveau est beaucoup trop bas. Je me sentais un peu perdu. Et je suis un flemmard, alors…
Aurélien, 17 ans, 6e maths  

Coups de pied au cul

J’y réfléchis depuis des mois et ce sont mes parents qui me mettent des coups de pied au cul. Ils m’ont poussé à aller au Salon des études, dans les portes ouvertes. Maintenant, j’ai arrêté mon choix. Il a fallu me forcer la main pour que je cherche. Je ne voulais pas faire de mauvais choix, donc je ne faisais pas de choix.
Noé, 17 ans, 6e latin                  

Ouvrir une crèche en Turquie

On m’a obligée à aller en professionnelle. Au début, je ne voulais pas, car on ne m’avait pas expliqué l’option puériculture, les cours pratiques. Mes parents m’ont dit qu’ils me voyaient bien avec les enfants. Et moi aussi. Je veux devenir instit maternelle, mais c’est trois ans et je ne me vois pas dedans. Je voudrais retourner en Turquie et ouvrir une crèche là-bas.
Sengül, 20 ans, 5e puériculture

En technique de qualification pour les langues

L’an passé, j’étais en général. Je voulais changer car j’aimais beaucoup les langues. On m’a conseillé de venir en TQ bureautique, en tourisme. J’ai trouvé que c’était une bonne idée. Je m’y plais bien. Et c’est beaucoup mieux pour plus tard. Je veux me diriger vers les langues (l’anglais). J’ai beaucoup d’idées dans ma tête. Mais ce sera dans les langues, c’est sûr. 
Jennifer, 17 ans, 5e TQ bureautique

Mes parents n’ont pas voulu…

En 2e secondaire, j’ai voulu me diriger vers la filière professionnelle parce que j’aimais beaucoup l’art. Je voulais m’orienter vers des études artistiques, mais mes parents n’ont pas voulu.
Oumayama, 6e sciences-maths 

Mes parents aimeraient décider pour moi

Si j'avais écouté mes parents, je serais en latin intensif, voire latin-sciences. Les profs les ont finalement convaincus que d'autres orientations étaient aussi bonnes. L'an prochain, je ferai un régendat en français. Mais comme j'ai besoin de l’aval de mes parents pour mon inscription, je ne suis pas certaine d'avoir le choix... 
Melie, 6e sciences sociales

L’armée nous prend en charge

Ça me fait peur d’être lâché, d’être confronté au milieu universitaire, de me laisser embarquer dans des soirées... parce que j’ai envie de réussir. Pour l’an prochain, je me suis inscrit à l’École Royale Militaire. Je serai dans un enseignement cadré, ça me convient.
Cyprien, 6e maths-sciences 

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