Vie de parent

« Nous voulons permettre à chaque étudiant d’avancer »

La Fédération des Étudiants Francophones (FEF), les CPAS wallons et bruxellois et la Ligue des familles poursuivent leur combat contre la réforme des bourses étudiantes. Aujourd'hui, ils tirent encore plus fort la sonnette d’alarme. S’il n’y avait qu’une idée à retenir ? Que les revenus des familles soit l’unique condition de l’ouverture des droits à l’allocation études pour les jeunes. Au boulot !

« Nous voulons permettre à chaque étudiant d’avancer » - © Nicolas Doncq

FEF versus gouvernement Fédération Wallonie-Bruxelles. Le combat continue pour dénoncer ce qu'étudiants, travailleurs sociaux et Ligue des familles considèrent comme une injustice. La raison ? Le durcissement des conditions d’accès aux études sans prendre en compte la réalité des familles.
Brieuc Wathelet, président de la FEF, martèle : « Il ne faut pas toucher au montant d’allocation. On est en train de dire aux familles que c’est à elles, et à elles seules, de se débrouiller. On nous dit que l’on ne pardonne pas l’échec et qu’on légifère l’injustice. Ici, les accidents de parcours sont sanctionnés plus sévèrement que ceux des autres. »
Accidents de parcours ? Des élèves échouent, certes, mais d'autres tombent malades, doivent porter assistance à des parents malades et autres accidents de la vie imprévisibles. Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles, insiste : « Les dernières évolutions légales, comme celles du décret Paysage et autres projets réglementaires à venir sur la réintroduction du critère de réussite, nous inquiètent et inquiètent les familles. »

« Nous sommes inquiets »

Un mot qui revient sur toutes les bouches : la « méritocratie ». Brieuc Wathelet parle de 35 000 étudiants qui ne peuvent pas s’en sortir pour réussir. « Pourquoi ne décide-t-on pas d’investir sur leur succès ? », interroge le président du FEF. Un constat partagé par la Ligue des familles : « C’est inadmissible. Quid de l’avenir et de l’autonomie ? Tous les jours, nous constatons les dégâts de ces questions d’argent dans l’enseignement sur les jeunes. Le poids des études est un budget considérable pour les familles. »
Depuis 2000, le nombre des élèves boursiers a augmenté de 20 %. Aujourd’hui, le montant accordé est de 1 000 €/an pour un étudiant. Et de 2 500 €/an pour un koteur. « La réalité, aujourd’hui, c’est que beaucoup d’étudiants se détournent de leurs études pour pouvoir se nourrir ou se loger. »
De son côté, la Ligue observe que le montant des allocations boursières a diminué de 50 % par rapport à l'indice des prix à la consommation depuis 1985. Jusqu’où va-t-on encore les diminuer ? « Les familles s’appauvrissent. Pour nous, ce n’est pas le moment de faire des économies sur le dos des étudiants et des familles les plus modestes ». Et tous de signaler un fait interpellant : de plus en plus d’étudiants se tournent vers les CPAS.

1 étudiant sur 22 au CPAS

Brieuc Wathelet nous dit que la population des étudiants CPAS a augmenté de plus de 230 % depuis 2005. 1 sur 22 en Fédération Wallonie-Bruxelles. « C’est à se demander si étudier est encore un droit », interroge le président de la FEF. La Ligue, elle, milite pour un relèvement des plafonds en lien avec le revenu des parents, comme unique condition d’octroi.
Lorsque l’on demande à Brieuc Wathelet ce qu’il conseille aux étudiants, d’abord, et à leurs parents, ensuite, il hésite. « Que chacun se mobilise. Que chacun affirme que ce n’est pas à lui d’être la solution. Il faut une mobilisation générale. Il faut dire non à cette injustice organisée. »
Delphine Chabbert le soutient. « Il faut rappeler aux autorités leur responsabilité sur les familles. C’est pour cela que l’on doit se battre si nécessaire. Nous défendons le maintien des aides publiques via des mécanismes de solidarité. Nous voulons permettre à nos jeunes d’avancer, de les accompagner vers l’autonomie. C’est un devoir, mais surtout une chance pour nous tous. »

Yves-Marie Vilain-Lepage

4 revendications de la Ligue des familles en bref :

  • La Ligue des familles s’oppose à toute régression du mécanisme d’accès et de reconduction de l’allocation d’études.
  • La Ligue des familles rappelle l’objectif initial de ces aides publiques, celui du  soutien à la poursuite d’études pour les enfants de familles à revenus modestes. Le recours au CPAS doit être une exception et non une solution comme une autre.
  • La Ligue des familles demande le maintien des modalités d’attribution de ces aides publiques, par la prise en compte des conditions de ressources de l’étudiant et des parents ayant un/des étudiants à charge (le critère de réussite ou d’échec ne doit être en aucun cas un critère d’exclusion ou de non-octroi).
  • La Ligue des familles demande une revalorisation des allocations d’études de la Fédération Wallonie-Bruxelles à travers un relèvement de ses plafonds et un accroissement de ses montants forfaitaires.

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