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0-3 ans : bataille autour de laits

Une bataille ? Celle des experts. Alors que l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) remet en question l’utilité des laits de croissance, les pédiatres contestent cet avis. Et vous parents ? Vous ne savez plus à quels saints vous vouer ! Qui faut-il croire ? Marie-Josée Mozin du Club européen des diététiciens de l’enfance nous donne son point de vue.

0-3 ans : bataille autour de laits

« Je ne partage pas la position de l’Efsa sur le lait de croissance qui succède au lait de suite pour les bébés d’un an et plus. Ce lait, souhaité par les pédiatres, contient moins de protéines que le lait de vache et respecte donc davantage la fonction rénale du petit enfant jusqu’à ses 3 ans. Rappelons que l’organisme humain élimine les protéines par les reins sous forme d’urée et que ces organes sont encore très immatures chez les jeunes enfants. Autres composants importants dans le lait de croissance : des acides gras essentiels qui interviennent dans la croissance du bébé, mais aussi du zinc et du fer. »
Qu’on se le dise ! Ce lait, fabriqué sur mesure pour les besoins d’un enfant âgé de 1 à 3 ans, n’est plus nécessaire au-delà de cet âge… même si le marketing affirme dans certains cas, le contraire.

Du lait pour nourrisson…

Profitons de cet embrouille autour des laits de croissance pour rappeler le parcours alimentaire du tout-petit jusqu’à un an.
Le lait maternel est et restera pour très longtemps encore l’aliment de choix des nourrissons. Il a ceci de magique que sa composition varie selon les besoins du bébé et ce, tout au long des premiers mois et même au cours de la journée. Aucun aliment ne peut donc faire mieux.
Cependant, pour les mamans qui ne peuvent ou veulent pas allaiter, les laits pour nourrissons, même s’ils sont bien différents du lait maternel, permettent d’obtenir une bonne évolution du poids, de la taille et du développement des capacités physiques et intellectuelles.
La composition d’un lait pour nourrissons doit respecter des recommandations très précises, élaborées par des instances scientifiques internationales et nationales, telles que les comités scientifiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’European Society of Gastro-enterology, Hepatology and Nutrition (ESPGHAN). Ces recommandations servent de base à la législation européenne, reprise dans la législation belge, qui précise la composition et la qualité des produits nécessaires à leur fabrication (en constante évolution en raison de nouvelles connaissances et technologies).
Ces recommandations découlent de nombreux travaux scientifiques réalisés au sein d’unités de nutrition pédiatriques indépendantes des sociétés qui les commercialisent. Chaque modification de formule ne peut se faire sans l’assentiment des autorités de santé qui se basent sur les résultats de travaux scientifiques sérieux. L‘appellation « lait pour nourrissons » est donc réservée aux aliments diététiques qui respectent toutes ces recommandations.

… au lait de suite

Lorsque l’allaitement maternel n’est plus choisi, le lait de suite est tout indiqué chez les bébés de 6 mois et plus qui bénéficient déjà d’une alimentation diversifiée.
Le lait de suite est élaboré à base de lait de vache auquel on apporte différentes modifications afin de le rendre mieux adapté aux besoins nutritionnels des tout-petits.
Comme pour le lait de croissance, la teneur en protéines du lait de suite est moins élevée que celle du lait de vache. En effet, l’excès de protéines dépassant la capacité des reins, encore immatures chez les tout-petits jusqu’à l’âge de 2 ans, augmente les besoins en eau. Ainsi, lorsque le jeune enfant présente un peu de fièvre ou quelques vomissements ou épisodes de diarrhée, il se déshydrate plus sévèrement et plus rapidement s’il reçoit du lait de vache non adapté. Le lait de suite est également enrichi en nutriments indispensables : fer, zinc, acides gras essentiels, entre autres.

Myriam Katz

La question

Comment faire pour qu’il boive d’une manière moins goulue ?

Certains bébés ont tendance à boire trop rapidement. Souvent, c’est parce que la tétine dite « à trois vitesses » est mise en position 3 et que le lait est fluide. Le biberon se vide en quelques minutes. La capacité de l’estomac d’un enfant de 8 mois est de l’ordre de 180 ml. Donc un biberon de 200 ml bu en quelques minutes remplit tout à coup l’entièreté de l’espace disponible ! C’est l’une des causes des régurgitations et autres malaises digestifs. L’intérêt d’un lait de suite épaissi est de ralentir le débit et de normaliser le temps du repas, à condition de ne pas couper dans les tétines pour en augmenter à nouveau le débit.

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Un dernier biberon ?

Question épineuse : le biberon, oui, mais jusqu’à quand ? On ne tourne pas autour du pot. Comment s’y prendre pour qu’il arrête ? Histoire de ne pas vous livrer un article caillé, on boit du petit lait avec Marie-Josée Mozin, diététicienne.

 

Le lait, la fin d’une histoire d’amour ?

Nos enfants consomment de moins en moins de produits laitiers. Une étude réalisée à l’Observatoire de la Santé du Hainaut montre que seul 1 enfant sur 2 boit un verre de lait ou mange un yaourt chaque jour. Inquiétant ? Si nos moins de 3 ans en consomment d’une manière suffisante, on sait que nos préados préfèrent remplacer le bon bol de lait par un soda. Retour sur les vertus du lait mais aussi ses dangers en cas d’excès.