Vie de parent

1 Belge sur 5 se sent dépassé
par la société numérique

À l'occasion de la Journée Mondiale de l'Alphabétisation, ce 8 septembre, la Ligue des familles, Gezinsbond et ENEO/OKRA prient urgemment les autorités de renforcer les actions de sensibilisation et d'information afin de s'attaquer au risque croissant d'illettrisme numérique. L'occasion de revenir sur la nécessité de familiariser tous les publiques avec la numérisation galopante de notre société.

1 Belge sur 5 se sent dépassé par la société numérique

La dernière enquête menée auprès de 1000 personnes de Belgique révèle à quel point la fracture numérique est énorme : un peu plus de la moitié des répondants (55 %) désirent intensifier leurs relations en ligne avec les autorités, banques et entreprises d'utilité publique, mais pour un tiers, c'est l'inverse : ils préfèrent retourner aux documents administratifs imprimés, mais redoutent de devoir payer un supplément, ce qui est ressenti comme une restriction dans la liberté de choix.

Pour près d'un Belge sur cinq, la numérisation croissante est source de stress. Pas moins de 22 % des répondants déclarent se sentir perdus et désemparés parce que de trop nombreuses choses passent aujourd'hui par Internet. Mais parallèlement, un tiers des Belges, essentiellement les jeunes, reconnaissent être préoccupés par le temps passé devant leurs écrans, essentiellement à cause des réseaux sociaux.

Toutes les familles sont concernées

Qu’il s’agisse des aptitudes numériques (utiliser un logiciel, envoyer un message ou faire une recherche sur le net), des aptitudes financières (faire un virement en ligne, utiliser paypal…) ou des aptitudes à se protéger (sécuriser ses données, installer un antivirus), quasiment aucune famille n’est épargnée. Pour l’une ou l’autre de ces aptitudes, les ménages de tous niveaux socioéconomiques, de tous âges, hommes ou femmes, rencontrent des difficultés.
Souvenons-nous, l’expression « fracture numérique » a émergé dans les années 1990 pour décrire la séparation entre les personnes équipées en informatique et les autres. Aujourd’hui, alors que 86 % des ménages sont connectés (via un ordinateur, un smartphone, etc.), nous assistons à une fracture de deuxième génération : ceux qui maîtrisent ces compétences numériques et les autres.

Illétrisme numérique

Précédemment, nou sparlions d'analphabétisme  numérique. Le mot est fort. Certains de nos lecteurs ont réagi vivement à sa lecture. L’analphabétisme désigne les personnes qui n’ont pas reçu l’apprentissage nécessaire à la maîtrise d’un langage. Or, le numérique est lui-même un langage. L’analphabétisme se développe quand les personnes n’ont pas les clés d’un langage et pas la formation pour en maîtriser les codes.
Ce n’est donc pas une question d’intelligence ou de niveau d’études. C’est une question d’apprentissage. Pour beaucoup d’adultes d’aujourd’hui, âgés et moins âgés, un accompagnement et des alternatives sont nécessaires. Pour les enfants, les adultes de demain, l’apprentissage de ce langage relève de l’école et des professionnels de l’éducation.
En priorité, toutes les écoles doivent être équipées d’un matériel informatique correct et d’un accès à internet. Les enseignants devraient aussi être formés à l’utilisation de ces outils (hard et software). Et enfin, les potentialités du numérique doivent faire partie des contenus et être intégrées aux méthodes pédagogiques. Changer l’école, c’est nécessaire à l’ère du numérique. Pour que les difficultés d’aujourd’hui ne soient pas celles de demain, dans un monde où ce langage devient dominant.

Le numérique partout

La question n’est pas d’être pour ou contre. La numérique va dans le sens de l’Histoire. Il gagne le monde de l’entreprise et celui des services publics. Avec beaucoup d’avantages. Mais pas pour tous. C’est tout le problème révélé par cette enquête.
Le marché a beau traquer chaque geste de nos vies quotidiennes pour le transformer en appli (payante) et nous simplifier l’existence (ou pas), beaucoup sont laissés sur le bord du chemin. Et l’on est en droit de parler d’exclusion lorsqu’il s’agit d’actions aussi importantes que remplir un formulaire administratif ou payer ses factures.
Plus encore, le numérique gagne le travail et selon Alexander de Croo, ministre chargé de l’agenda digital, « 9 emplois sur 10 exigeront des compétences numériques ». Sans la maîtrise de ces compétences, exclus du travail aussi…

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles

La Ligue attentive, revendicative et active sur le numérique

La secrétaire politique explique :

► Notre rôle n’est pas de de freiner cette évolution, mais de veiller à ce que personne ne soit oublié. Que chacun-e puisse entrer dans ce mouvement, à son rythme. Surtout les plus fragiles.
► Nous serons attentifs aux familles précarisées. Nous serons attentifs aux jeunes, à leur développement mais aussi à les protéger du poids de certaines responsabilités administratives qu’ils assument à la place de leurs parents ne disposant pas de ces compétences. Nous serons attentifs aux femmes, apparemment plus en difficultés. Nous serons attentifs aux personnes âgées, nombreuses à demander un accompagnement.
► Nous demandons que l’accès à internet soit reconnu comme un droit fondamental, que des alternatives soit systématiquement proposées pour les services publics, que les consommateurs aient le choix et que l’école accomplisse ce virage numérique.
Enfin, la Ligue des familles accompagne les familles dans l’acquisition de ces compétences et dans leur usage dans les relations parents-enfants, via des formations. Et soutient toutes initiatives permettant la construction d’un esprit critique dans l’usage de ces technologies.
► Personne ne doit être laissé sur le côté. La Ligue des familles met toute son énergie au service d’une société inclusive. Cette fracture liée à la non-maîtrise des compétences numériques est un défi de plus pour la mise en œuvre concrète de cette société où chacun-e a sa place.

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