Vie de parent

16-18 ans : le montant dicté
par les copains ?

Plus il grandit, plus votre enfant veut (et prend) sa liberté. Vous avez de moins en moins votre mot à dire sur ses achats et ses besoins sont de plus en plus nombreux. Quel montant lui donner ? Faut-il s’adapter à celui des copains ou à ses propres moyens ? La réponse a l’air d’aller de soi, mais certains parents craignent de marginaliser leur jeune s’il se trouve à la traîne lors de ses sorties. Le débat est vif au sein des maisonnées…

16-18 ans : le montant dicté par les copains ?

Les copains d’abord

Votre ado grandit et ses besoins aussi. Comment être sûr qu’on lui donne suffisamment d’argent de poche? Existe-t-il une ligne conductrice ? La question est vaste. Souvent, les parents en parlent avec leurs amis et se basent sur ce que reçoivent les copains de leurs enfants. La pression des pairs est forte à cet âge-là, faut-il pour autant y céder ?
On sait qu’une famille sur cinq ne donne pas d’argent de poche aux enfants par choix ou par manque de moyens. Si les jeunes ont besoin d’argent pour développer leur autonomie, comment font les ados privés d’argent pour développer leur vie sociale ?
Pour Olivia Surquin, psychologue, donner de l’argent de poche n’est pas une obligation. « Malgré tout, pour se sentir bien, il est important que le jeune puisse participer à des sorties entre amis. Les ados peuvent être cruels, surtout à un âge où la différence est mal acceptée. Les parents peuvent, dans ce cas, donner des sous de façon ponctuelle. Cela reste bien sûr une question de moyens et les parents n’ont pas à culpabiliser s’ils ne peuvent pas se le permettre. »

La course au numérique

Autre question qui hante les parents : ordinateur, GSM, iPod… l’argent de poche doit-il dès lors suivre le rythme effréné des avancées numériques ?
Si le montant octroyé doit bien sûr évoluer selon l’âge - on ne donne pas la même chose à un ado de 14 ans qu’à un ado de 16 -, les parents n’ont pas à répondre à tous les besoins des jeunes. « Dire ‘non’ et la frustration qui en découle font partie du processus éducatif, explique Olivia Surquin. Si le GSM rassure les parents, cela n’implique pas pour autant de devoir acheter le modèle dernier cri. Par ailleurs, à partir de 16 ans, les ados peuvent avoir un job étudiant. S’ils estiment avoir besoin de plus d’argent que ce que les parents leur donnent, libre à eux de se chercher un petit boulot. » 

Budget épuisé ? Tenez bon !

Enfin, comment réagir si votre ado vient vers vous la mine déconfite en vous annonçant que son budget est épuisé ? « Nous avons tendance à protéger nos enfants des erreurs qu’ils pourraient commettre, nous dit la psychologue. Pourtant, les laisser se débrouiller avec leur argent de poche peut être enrichissant. Par exemple, ils achètent une babiole trop cher ou vont à un festival et dépensent tout leur argent en oubliant qu’ils doivent aussi manger, tan pis pour eux. Mieux vaut le faire maintenant tant qu’ils sont jeunes que lorsqu’ils seront autonomes et que plus personne ne les aidera. Ce n'est pas une bonne idée d'accorder avance ou rallonge, car cela annule l'effet pédagogique. Vous pouvez analyser avec votre ado ses besoins, et éventuellement revoir le montant à la hausse. C’est ça aussi, apprendre à gérer… »

18 ans : et son épargne

Depuis sa naissance, vous avez constitué un beau petit pactole pour que votre enfant puisse s’offrir son permis de conduire ou penser à sa première voiture, à son mariage, à un logement… Oui, mais voilà, votre ado devenu grand, ne voit pas les choses de la même manière que vous.
Que faire, dès lors, pour qu’il ne dilapide pas cet argent si longtemps épargné ? La solution la plus simple consiste évidemment à bien choisir au nom de qui vous allez ouvrir son compte d’épargne. Mais on ne peut retourner en arrière : quelques infos pour que vous sachiez où en sont les choses.
En effet, il est toujours temps, avant son anniversaire, de transférer l’argent. Gardez cependant en tête que vous devez pouvoir justifier tout retrait d’argent sur le compte de votre enfant. La seule solution qui s’offre à vous est donc de transformer cet argent en placement. S’il est au courant que cet argent existe, une bonne discussion s’imposera. Elle ne sera sans doute pas facile, mais vous devrez réussir à le convaincre que cet argent doit être gardé pour plus tard.

Gaëlle Hoogsteyn

Des parents en parlent…

Chaque mois, je donne à ma fille 100 € et elle en verse 25 sur un compte d’épargne par ordre permanent. C’est une bonne façon de faire.
Vincent, père de Valentine, 17 ans 

Ma fille travaille et vit chez moi. Je ne lui donne plus d’argent de poche et demande une contribution mensuelle équivalente à ce que je percevais en allocations familiales.
Nathalie, maman de Pauline, 18 ans 

Après dix jours, mon fils n’a plus rien. Quand je lui dis de se trouver un petit boulot, il râle.
Rebecca, maman de Nathan, 16 ans

Autant savoir

Premier job

Près de 400 000 jeunes sacrifient leurs samedis ou leurs vacances pour travailler. Certains parents estiment naturel que leur enfant dispose à sa guise de son salaire. D’autres souhaitent qu’une partie soit mise de côté pour le reste de l’année ou pour financer un objectif précis.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Mais, quel que soit votre choix, pensez à mettre les choses au clair dès le début avec votre ado. Par ailleurs, gardez en tête que la loi oblige tous les employeurs à verser le salaire sur le compte du travailleur. C’est donc sur son propre compte que votre ado percevra sa rémunération.

Familles séparées : comment s’accorder ?

Familles recomposées

Vous donnez 50 € par mois à votre fille de 16 ans alors que votre nouveau compagnon en donne 100 à la sienne. La vôtre a droit à un petit billet si elle fait le repassage, la sienne pas. Il n’est bien sûr pas facile de recomposer une famille et de se mettre d’accord sur des règles communes lorsqu’on a longtemps appliqué son propre point de vue.
Néanmoins, et surtout lorsque les enfants ont plus ou moins le même âge, mieux vaut essayer de se mettre d’accord pour éviter la jalousie. Le dialogue entre partenaires restera votre meilleur allié. D’après une étude menée par Le Vif/L’Express, les enfants de parents divorcés recevraient statistiquement plus d’argent de poche. Dans certains cas, les parents se font concurrence pour décrocher le titre de parent le plus populaire, ce qui n’est pas très responsable.

Parents solos

Dans les familles monoparentales, la situation est plutôt inversée. Ainsi, une étude menée par le CSA montre que l’argent de poche pèse sur le budget de 75 % des familles monoparentales (contre 38 % dans les familles classiques). Ce sentiment n’a pas d’influence directe sur leur intention puisque seulement deux foyers sur dix envisagent de diminuer l’argent de poche de leurs enfants dans un contexte de crise.

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