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39°C de température après 20h. Docteur ou pas docteur ?

La journée se déroule à merveille. Le soleil se reflète dans les cheveux bien peignés des tout-petits. Le temps ralentit. La vie s’écoule avec aisance. Soudain, votre rejeton se blesse ou présente de fortes fièvres ou encore adopte un comportement inhabituel (Cochez la case qui convient). Tremblement de terre. Tout s’accélère. La pression assomme la raison. Que faire ? Docteur ? Pas docteur ? Reprenez votre souffle. Parcourez vite cet article. Pédiatres et parents vous livrent leurs diagnostics.

39°C de température après 20h. Docteur ou pas docteur ?

Les professionnels de la santé interrogés sont unanimes : il vaut mieux ne pas saturer les urgences. Beaucoup trop de parents anxieux assimilent ce service clinique à une résidence secondaire. Les conséquences sont sans appel : il y a aujourd’hui une véritable nuisance dans la prise en charge des patients. Notamment pour ceux qui ont urgemment besoin d’un service rapide et efficace.
Il est donc capital d’avoir de bonnes raisons de se rendre aux urgences. Mais, attention, il ne faut surtout pas prendre de risques en négligeant les réels signes de danger. Pour cela, il est important d’apprendre quelques signes « relativement » fiables qui permettent de ne pas céder à la panique. Quand et comment ? Petite piqûre de rappel.

Les bons réflexes

Avant toute chose, les réflexes à adopter ne sont pas les mêmes en fonction des âges. Le docteur Vanclaire du service pédiatrie et néonatologie de la clinique Saint-Jean à Bruxelles nous rappelle que pour un bébé âgé de 3 à 6 mois, il est vivement recommandé de contacter son pédiatre dans les vingt-quatre heures au moindre signe inhabituel. Impossible de les citer tous ici, mais dans la liste figurent corps étranger, brûlure, vomissement, diarrhée, fièvre depuis plus de douze heures, pleurs incessants, etc.
Au-delà de cette tranche d’âge, les parents peuvent se permettre d’analyser la situation en s’efforçant d’être le plus lucide possible, recommande le pédiatre. Puis de préciser de bien rester à l’écoute, car l’enfant ne ment jamais.
Après 6 mois, on connaît mieux son enfant, son caractère, ses réactions. Il existe un contexte général. On peut se demander, par exemple, s’il y a des épidémies dans l’environnement de son petit ou alors si quelque chose ne va pas dans son comportement.
Souvent posée aux pédiatres, la question de la forte température n’est pas forcément un bon indicateur. Celle-ci n’est pas le reflet final de la gravité de la situation. Elle peut être moins alarmante qu’un changement brutal d’attitude. Il est préférable d’appeler avant, afin d’établir un premier diagnostic.
« J’insiste sur l’importance de ne pas inonder les services d’urgence qui sont noyés de cas qui ne se justifient pas, assène le docteur Vanclaire, qui recommande de d’abord faire appel au médecin de famille. « Il faut renforcer la place du généraliste et ne pas se précipiter à l’hôpital, où le jeune patient est trop souvent surmédicalisé. Il est aussi conseillé de solliciter les postes de garde avancés. Ça débloque pas mal de situations. »

J’y vais, j’y vais pas

La situation de panique et les angoisses ne font pas des parents les personnes les plus lucides dans des situations d’urgence médicale. Avant tout, il est capital de garder la tête froide. Maman s’affole, papa relativise - ou inversement ! -, bébé hurle… impossible de prendre du recul. Il faut pourtant tenter d’observer son enfant avec la distance nécessaire qui permet d’être objectif.
De manière générale, mieux vaut éviter l’usage abusif de médicaments. Si c’est inévitable, en cas de fièvre importante par exemple, préférez d’abord les solutions à base de paracétamol plutôt que l’ibuprofen, à n’utiliser de préférence qu’en cas de températures rebelles. « On traite la fièvre à partir de 38,5°C. Si l’enfant supporte bien son état, s’il joue, par exemple, mieux vaut ne rien lui administrer », rappelle le docteur Vanclaire.
Il est aussi important de bien s’organiser en cas de déplacement aux urgences. Que fait-on du reste de la famille ? « Il est préférable qu’un des deux parents reste à surveiller les frères et sœurs plutôt que de se déplacer en famille dans l’affolement général. Pour les familles monoparentales, essayez de solliciter un voisin ou un tiers. Il n’est pas négligeable de n’avoir que son enfant malade à charge. Pour rappel, il n’existe pas de service qui fait office de baby-sitter pour le reste de la fratrie à l’hôpital. Cela semble évident, mais on nous le demande souvent », précise le médecin. Pour l’heure, il est plus que temps de partir. Voyons voir ce qu’il se passe et quels sont les bons réflexes à adopter dans l’enceinte hospitalière.

Sur place

Une fois passé le cap des questions nécessaires avant la petite virée aux urgences, il est important d’agir avec efficacité. Il est capital de bien expliquer à l’équipe sur place les symptômes et les circonstances qui vont avec. Le stress ne rend pas concis, donc attention à ne pas se perdre dans les détails. Pendant le déplacement, vous pouvez, par exemple, ordonner vos idées sur un papier.
Autre élément non négligeable, les enfants ont beaucoup plus de difficultés que les adultes à comprendre pourquoi on va leur faire une piqûre, leur mettre des agrafes ou pourquoi ils doivent attendre dans un couloir d’hôpital pendant des heures. Là encore, il n’est pas négligeable de bien les mettre en condition et de faire preuve de transparence à leur égard.
« Ne lui dites pas qu’il va chez les Bisounours et que tout va bien se passer. Ce n’est pas vrai, explique Annie, médecin de famille et permanente à une antenne-relais ONE. Il est vital de se montrer rassurant, de parler, même au bébé âgé de quelques mois. Expliquez-lui pourquoi une visite aux urgences s'impose. Votre voix et votre ton traduisent la situation. Voilà pourquoi le calme est de rigueur. »
Dites-lui honnêtement que la piqûre peut faire un peu mal ou qu'il devra patienter - parfois même très longtemps - avant que le médecin arrive. S’il doit être hospitalisé, expliquez-lui toutes les étapes, sans rentrer dans les détails. Parlez-lui de la chambre dans laquelle il va rester avec vous. Évoquez les autres enfants présents dans le service. En somme, faites en sorte qu’il puise dans votre propre force.

Yves-Marie Vilain-Lepage

Des parents en parlent...

Je fonce avec calme

« S’il y a urgence, je ne réfléchis pas : je fonce avec calme. Il n’y a pas très longtemps, ma fille s’est ouvert le front. Je prends mon aîné avec moi. Je les rassure tous les deux, la petite hurle. Le stress. J’étais seul, ma femme était en déplacement. Mon fils aîné, âgé de 4 ans, m’a énormément aidé, il s’occupait de sa petite sœur, lui a pris ses jouets préférés pour le voyage, sans que je m’en aperçoive. Une fois sur place, il jouait gentiment avec d’autres enfants et ma cadette était plus concentrée sur cette animation que sur son accident. Sans lui, je pense que ça aurait été beaucoup plus dramatique. »
Pablo, 39 ans, père de deux enfants

En cas de dernier recours

« Je n’ai pas du tout le réflexe urgence pédiatrique. D’une part, parce que je déteste l’hôpital. Je l’associe à de mauvais souvenirs. Et d’autre part, notre médecin de famille est vraiment fantastique. Elle est devenue une amie et elle nous rappelle sans arrêt que l’on peut la joindre à n’importe quel moment pour lui demander tout ce qui nous passe par la tête. Et s’il y a des urgences le week-end, je préfère passer par les médecins de garde. Les urgences pédiatriques, pour moi, c’est vraiment en cas de dernier recours. Je ne reproche rien à ce service, mais je préfère un environnement plus intime, que je ressens comme plus protecteur. »
Amélie, 43 ans, mère de trois enfants

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