Vie de parent

4 conseils d’un éducateur
à propos des révisions

Veille de CEB ? Pour détendre l'atmosphère, nous sommes allés frapper à la porte d'un éducateur dans un Service résidentiel pour jeunes (SRJ). La vision de ce professionnel va certainement en éclairer plus d'un. Allez, parents, on respire...

4 conseils d’un éducateur à propos des révisions

Les avis de parents interviewés sur le temps de révisions sont très différents. Comment vous vous organisez avec les jeunes que vous préparez aux examens ?

« Je trouve que c’est pas mal de se fixer des limites. De ce que j’ai vu avec les différents jeunes avec qui l’on bosse, des révisions tous les jours, de 16h à 18h, ça semble absurde. Que l’on table sur un travail d’une demi-heure par jour, très bien. Je pense que c’est important de laisser les enfants respirer. Notre rôle à nous, adultes, parents ou éducateurs, consiste à accompagner, soutenir les apprentissages. 'Est-ce que tu te sens prêt ?' ; 'Est-ce que ça va aller ?'. Et bien souvent, ce n’est pas à la fin de l’année que l’on se rend compte ce qui va pêcher ou non. »

Une impression générale qui ressort, c’est de relativiser les épreuves. Après tout, ce ne sont « que » des examens…

« On a beau répéter que rien ne sert de se coller la pression, il règne une certaine forme d’inégalité. Beaucoup de gamins mettent la barre haut d’eux-mêmes, sans l’influence de quiconque. Ce serait formidable si les enseignants pouvaient aider à dédramatiser. Ne serait-ce que pour éviter de se faire engueuler par les parents, par exemple. Une des manières de dédramatiser l’affaire, ce serait peut-être des rencontres plus soutenues entre les parents et l’école. Une manière d’envisager les choses pour l’enfant avec le même son de cloche. Je trouve qu’un minimum de trois fois par an, avec un petit bilan pré-révision, ça peut-être éfficace. » 

Et l’autorité dans tout ça ?

« Oui, là, je pense que c’est obligatoire. Je raisonne avec ma casquette d’éducateur encore une fois. Dans le secondaire, un minimum de deux heures de boulot par jour pendant les périodes d’exams, ça ne semble pas aberrant. À l’ado de le répartir comme il l’entend. Le rôle du parent ? Regarder la montre. Et essayer de vérifier ce qui a été fait ou pas. Il a l’air de maîtriser ou pas ? Est-ce qu’il est concentré, décidé ? Il faut jauger en fonction des capacités et de l’enfant, et du parent. Je pense que pour beaucoup d’adultes s’attaquer à des exercices de trigonométrie, par exemple, c’est coton. »

Et vous, est-ce que vous marchez à la carotte comme semblent le faire d'autres familles ?

« Là, je vois vraiment les choses par le biais de mon métier et je trouve que ce n’est absolument pas obligatoire. Voire que ce n’est pas bien. Il ne faut pas tout mélanger. Pourquoi rajouter des cadeaux aux fêtes d’anniversaires, à Saint-Nicolas, à Pâques, etc. Allez, un petit resto peut-être… Mais sans négociation au préalable. Sans prévenir. Chez les gamins que l’on prépare au CEB, il y avait une grosse carotte un jour. Un deal avec le Rotary Club. Le gamin réussissait ses exams, il se voyait financer des études aux États-Unis. Il a réussi, mais je suis persuadé que sans ce petit sucre promis à la fin, il aurait réussi de la même manière. Et la victoire aurait été peut-être plus belle. Moi après, j’irais même plus loin dans ces histoires de négociations en disant qu’à l’inverse, trois échecs successifs, ça peut se solder par une punition ! De la à le faire avec mes propres gamins, je n’y suis pas encore (rires). »

Propos recueillis par Y.-M. V.-L.

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D'autres papas du Ligueur, nous livrent leurs petits trucs. Gageons que vous allez y trouver l'inspiration.

Dédramatisez l'échec

Autre petit truc : peu importe qu'il soient bons élèves, résistants au stress ou non, tous vos enfants vont avoir au bas mot, une petite montée d'angoisse le soir. Et si vous lisiez cet article tous ensemble avant d'aller au lit ? On y apprend qu'en fait, échouer, ce n'est pas la fin du monde. Parfois, ça peut ouvrir d'autres portes.