Vie de parent

6 questions à poser à votre enfant
pour lui éviter des ennuis sur le web

D'un coup d'un clic, nous voici en plein dans l'internet safer day. Le quoi ? La journée pour un internet plus sûr. Les problématiques liées au web sont de plus en plus concrètes pour de plus en plus de familles. Les ados pensent que « Oh, ça va, c’est sur internet, donc c’est pas grave ». Alors vite, il est grand temps d'en parler avec Étienne Wery, avocat spécialisé dans le droit à l’image.

 

6 questions à poser à votre enfant pour lui éviter des ennuis sur le web

Profitons de cette journée de l'internet responsable qui met cette année l'accent sur le cyber-harcèlement pour rappeler une nouvelle importante : aujourd’hui, on déréférence. C’est-à-dire qu’une info sur votre gamin visible en ligne et qui vous gêne peut être supprimée. Il suffit de faire une demande à Google et après analyse, elle peut disparaître. On insiste sur le « peut ».
Ce n’est pas parce que vous faites la demande qu’elle va automatiquement disparaître. Par exemple, votre enfant est impliqué dans un accident de voiture qui a fait les gros titres. Une dizaine d’année plus tard, il est gêné que les recruteurs voient son nom lié à cette affaire lorsqu'il postule. Il fait la demande auprès du moteur de recherche pour faire disparaître l’info. Mais comme son nom est référencé dans des articles de presse, il ne va pas passer à la trappe comme ça.

Procédure simple, mais…

Si votre enfant a publié sur un blog ou autre des âneries qu’il regrette, la procédure pour faire disparaître des articles est assez simple. Support > signaler le contenu et en quelques semaines, on n'en parle plus.
Là encore, ce n’est pas parce que ça s’efface d’un coup de clic magique que c’est sans impact.
Prenons l’exemple d’une jeune fille qui voit des photos d’elle nue circuler sur internet. Qu’elles mettent plus ou moins une semaine à disparaître, au final, on s’en fiche. Pourquoi ? Le mal est fait. Les séquelles psychologiques sont là. Idem pour le harcèlement. On entend souvent des phrases du type « Allez, c’était une blague. C’est pas si grave ».
Si cela vous arrive, il est temps d’avoir une discussion avec votre ado et ce qui suit peut vous aider. Si votre ado répond « non » à une d’entre elles, c’est qu’il se met lui (ou autrui) en danger.

6 questions à poser à son enfant

« Es-tu prêt à assumer tout au long de ta vie ce que tu vas poster aujourd’hui ? »

 Vous pouvez dire : « Le contenu reste, quoi que tu fasses, quoi que tu décides. Il faut donc être prêt à le porter à long terme ».

  • Un exemple : Un activiste aux propos jadis un peu véhéments et qui ne trouve pas de travail, victime de ses engagements passés.

« Est-ce que tu pourrais afficher ce post sur tous les abribus du pays ? »

Vous pouvez dire : « Quand tu mets un contenu sur Facebook, c’est à l’échelle mondiale qu’il est diffusé, bien au-delà de ton petit cercle de connaissances. Et si on paramétrait ton compte ensemble ? ».

  • Un exemple : Des photos d’anniversaire en famille, on ne veut pas spécialement les afficher sur les murs dans la rue, pas vrai ?

« Est-ce que tu acceptes que l’on te fasse ce que tu infliges à un autre ? »

Vous pouvez dire : « Bien sûr, faire une blague, rien de bien méchant. Sauf qu’avant, lorsqu’on se bagarrait dans la cour de récré, les cours et le retour au domicile le soir permettaient de calmer le jeu. Sur internet, l’escalade ne s’arrête jamais. C’est souvent comme cela que commence le cyber-harcèlement ».

  • Un exemple : Un élève sur lequel on fait suivre une rumeur infondée, juste pour faire comme les copains.

« Es-tu prêt à offrir à ton pire ennemi ce que tu t’apprêtes à mettre en ligne ? »

Vous pouvez dire : « Ce qui est personnel est personnel. Ne mets pas en ligne quelque chose qui pourrait donner du grain à moudre à une personne qui pourrait te nuire ».

« Sais-tu quels sont les risques si la situation dérape ? »

Vous pouvez dire : « Un propos n’est jamais vraiment confidentiel. Tu n’écris pas sur ton journal de bord. Ne fais pas n’importe quoi. Même si tu destines un contenu où une image à un cercle limité, il peut toujours en sortir ».

  • Un exemple : Cette jeune fille qui, à partir d’un simple « J’aimerais me faire pardonner pour mes fautes », a été approchée par des groupes radicaux.

« Sais-tu qui appeler ou à qui faire confiance en cas de besoin ? »

Vous pouvez dire : « En cas de problèmes parents, professeurs, éducatrices, famille… ne vont pas te juger. C’est très important, nous sommes là pour te sortir d’une impasse, par pour te punir ».

  • Un exemple : Une vidéo dénudée qu’une jeune fille envoie à son petit ami et va se tranformer en objet de chantage.

Encore une fois, l’idée n’est pas de faire peur, mais simplement de transmettre les bases du savoir-être sur le net.

 

Yves-Marie Vilain-Lepage

Le Safer Day

La Commission européenne organise tous les ans un évènement mondial : le Safer Internet Day. L'idée est enthousiasmante : partir des atouts du net pour donner l’envie aux internautes de surfer avec responsabilité et curiosité. Comment ? En outillant les enfants et en invitant les jeunes à réfléchir aux conséquences de leurs actes sur internet. Cette année, une cinquantaine d'écoles secondaires seront sensibilisées au cyberharcèlement Toutes les infos sont ici.

Webetic

  • Comme nous le rappelons à chaque fois, la Ligue des familles et Child Focus ont uni leurs forces pour mettre sur pied un précieux outil aux familles : Webetic.

Le principe ? Inviter des parents à des ateliers pour dompter internet et mieux dialoguer avec ses enfants autour des bonnes pratiques.

  • Au programme : infos pratiques, conseils de prévention, exemples concrets ou encore vidéos éducatives vous donneront les clés d'une navigation sécurisée.

Pour plus d'infos, foncez sur l'agenda des séances.

Internet rend-il fous nos ados ?

Retrouvez en intégralité la conférence d’Olivier Bogaert et d’Étienne Wery. Plus qu’un discours au ton conférencier et théorique, un vrai manuel pour se mettre à jour sur le web et découvrir des adresses utiles et pratiques en cas de pépin.

 

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On parle beaucoup de phénomènes comme le sexting, le grooming, le revenge porn, parfois médiatisés, souvent évoqués, jamais vraiment expliqués. Pour bien comprendre, voici l’histoire de Swan, 15 ans, dont les photos et vidéos nues ont fait le tour des réseaux sociaux à son insu. Comment agir, dans ces circonstances ? Nadège Bastiaenen de Child Focus nous donne des solutions très concrètes.

 
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