Vie de parent

60 % d’écoles ont un air de mauvaise qualité

En septembre dernier, le Ligueur relayait la campagne nationale de Greenpeace afin de mesurer l’air dans les écoles. Tous les parents ont été invités à la relayer auprès de l’établissement de leurs enfants. Voyons ce que révèle cette campagne qui dès à présent propose de faire appel d’air auprès des politiques. Et il y a urgence.

60 % d’écoles ont un air de mauvaise qualité

Cette campagne d’information sur la pollution a été menée dans 222 écoles du pays. Comme convenu, trois tubes pour mesurer les taux de dioxyde d’azote ont été installés devant la porte de l’établissement, dans la cour de récréation et dans un espace représentatif - au choix de la direction.
Pour rappel, nous avons appris qu’au moment où l’ONG lançait sa campagne, aucune mesure de la qualité de l’air n’avait été réalisée dans et autour des écoles. Impossible, donc, de savoir dans quel environnement nos chers écoliers respirent. Voyons ce qu’il en est.

Nos enfants étouffent

Vous vous en doutiez, le résultat n’est pas probant. L’ONG nous apprend que, dans une majorité d’écoles, la qualité de l’air est « préoccupante », voire carrément « mauvaise », compte tenu de la vulnérabilité accrue des enfants à la pollution de l'air
À peine sept écoles ont un air de relativement bonne qualité. 34 % de l’air respiré par les enfants était de qualité acceptable. Et dans 61 % des cas, la qualité de l’air à l’entrée de l’école était préoccupante ou même carrément mauvaise. Rajoutez à cela que pendant les heures d’école, les concentrations sont de 13 % supérieures. En cause ? Les émissions de gaz d’échappement plus élevées pendant ces heures.
Pas terrible non plus, la cour de récré, nous apprend l’enquête. La concentration de dioxyde d’azote y est trop élevée dans 1 cas sur 2 (52 %). Préoccupant, car les enfants qui y jouent sont plus actifs et leur respiration plus intense.
Mais même quand la concentration y est plus faible, cela ne suffit pas à garantir la bonne qualité de l’air dans les salles de classe. Pourquoi ? La concentration en NO2 y est souvent relativement faible, certes, mais cela peut indiquer que la ventilation est insuffisante et donc conduit à des concentrations trop élevées en CO2.

Le dioxyde d’azote, oui et alors ?

C’est vrai, quoi, après tout, pourquoi s’en faire ? Est-ce que l’impact du NO2 est si nuisible que ça pour nos petits ? Hélas oui, nous apprend l’ONG. Les experts confirment que le dioxyde d’azote est le problème le plus préoccupant pour la qualité de l’air.
Plus les niveaux de NO2 sont élevés, plus la pollution de l’air est importante. En effet, un niveau élevé de NO2 est associé à la présence dans l’air de plusieurs substances polluantes liées au trafic. Et comme souvent, ce sont nos petits qui trinquent les premiers, car plus sensibles que nous, adultes. Pourquoi ? Leurs poumons sont particulièrement sensibles. L’exposition continue à la pollution, même à faible dose, ralentit le développement pulmonaire chez les enfants en croissance. Et là où l’air est le plus pollué, les enfants courent un risque plus élevé de développer des allergies et de l’asthme.
En cause de toute cette pollution ? Le trafic routier et les substances nuisibles qu’il génère (particules fines, noir de carbone...).

Peut-on continuer de la sorte ?

L’enquête conclut qu’à ce train-là, c’est-à-dire si les niveaux de NO2 continuent à augmenter, les problèmes respiratoires des écoliers ne vont faire que s’accroître. Seule alternative à l’heure qu’il est pour les écoles ? Choisir entre la peste et le choléra : le manque de renouvellement de l’air dans la salle de classe ou un excès de dioxyde et autres substances polluantes.
Au final, est-ce que nous avions besoin d’un tel rapport pour savoir que notre façon d’agir dégrade la qualité de l’air ? Certainement pas. Mais maintenant que nous avons les chiffres en tête, à nous de peser pour améliorer la qualité de l’air à l’extérieur de l’école et avoir un air de bonne qualité dans les classes. On vous refile même de quoi agir à votre échelle avant d’interpeller les politiques.

 

Yves-Marie Vilain-Lepage

En pratique

5 mesures à appliquer dès maintenant

► Ne pas laisser son moteur tourner au ralenti devant ou aux alentours de l’école.
► Ne pas stationner devant la porte de l’établissement de son enfant.
► Privilégier, dans la mesure du possible, les déplacements à pied ou à vélo. Il existe même des cartes d’itinéraires pour éviter de se retrouver dans le trafic, ici et ici.
► Peser auprès de l’Association des parents et de l’école pour développer ou améliorer le stationnement des vélos.
► Monter un projet à l’école pour une cour de récréation plus verte. Faire pousser des plantes ou des arbres dans et autour de l’école, car ils aident à réduire l’impact de la pollution de l'air.

En chiffres

► 101 écoles (46 %), ont une concentration en NO2 comprise entre 20 et 30 μg/m3, ce qui correspond à un air de qualité médiocre
► 29 écoles (13 %), ont une concentration en NO2 comprise entre 30 et 40 μg/m3, ce qui représente encore une forte exposition à un air de mauvaise qualité.
► 5 écoles dépassent le seuil européen de concentration annuelle moyenne en dioxyde d'azote (NO2)
► Seules 7 écoles (3 %) ont une concentration en NO2 inférieure à 10 μg/m3. L’air extérieur de ces écoles est de bonne qualité.

Elle en pense quoi la Ligue des familles ?

Dans ce projet, plusieurs partenaires sont engagés depuis des années : nos confrères du Gezinsbond, Allergienet, Bral, Netwerk Duurzame Mobiliteit, les associations de parents KOOGO, VCOV et GO!-ouders, les mouvements citoyens Bruxsel'air, Clean Air Bxl et, bien sûr, la Ligue des familles.
Pourquoi ? Parce que nous savons que les parents souhaitent pour leur·s enfant·s un environnement sain et que nous sommes tous concernés. Parents, éducateurs, personnels de santé, secteur associatif, privé et pouvoirs politiques, tous les acteurs doivent œuvrer à des politiques de prévention, de sensibilisation et à des normes strictes pour garantir aux enfants leur droit à un environnement de qualité.

+ d’infos

Le rapport complet Mon air mon école de Greenpeace. Si d’habitude on n’insiste pas trop pour que vous les parcouriez, celui-ci vaut vraiment le détour. Il est lisible et fourmille d’informations et de liens très pratiques pour tout le pays.

 

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