6/8 ans9/11 ans

7 premières fois
pour se rendre seul à l’école

Nous vous en parlions dans le Ligueur du 26 avril 2017, le nombre d'enfants blessés sur les routes a baissé de façon significative en vingt ans. Hourra. Seulement, deux âges baissent moins vite que les autres : les 3 ans et les 11 ans. La vigilance est donc de mise. Pour cela, nous avons compilé sept cas de figures différents. Benoît Godart de l'Institut Vias (ex-Institut belge pour la sécurité routière) et quelques parents pleins de bons sens vous livrent leurs conseils de routards aguerris.

7 premières fois pour se rendre seul à l’école

Selon l'Institut Vias, en 2017, le nombre d’enfants de 11 ans blessés ou décédés sur la route se chiffrait à 281. Ce nombre n’a baissé que de 32 % en vingt ans, contre 43 % pour les enfants de 10 ans et 39 % pour ceux de 12 ans. Il est donc plus que temps de démarrer un bon apprentissage à la sécurité routière, dès le plus jeune âge. (Voir encadré ci-dessous)
Premiers conseils généraux des uns et des autres : le terrain s’apprend sur le terrain. N’hésitez pas à simuler le trajet en conditions réelles. Évitez de surprotéger et, en même temps, ne paniquez pas au moindre imprévu.

Il rentre à pied en ville

Quel âge ? Dès 6 ans, votre enfant peut comprendre les consignes de la rue et les exercices. Ça ne veut pas dire qu’il est en âge de se rendre seul à l’école, mais que vous pouvez commencer à l’autonomiser petit à petit. Jusqu’à 9-10 ans, difficile de se rendre compte des dangers. Un enfant n’est pas l’autre, un quartier n’est pas l’autre non plus. À vous de jauger de la capacité de votre petit à se mouvoir seul ou non.
Les pièges ? Traverser entre deux voitures, c’est l’erreur la plus courante et la plus dangereuse. D’abord parce que votre enfant ne voit pas bien et surtout parce qu’il n’est pas vu. Il ne faut jamais courir pour franchir une route. Retenez-le bien, beaucoup de parents le font et transmettent ainsi de mauvaises habitudes.
Que faire ? Avant de traverser, apprenez-lui bien à regarder d’abord à gauche, puis à droite et encore à gauche. Expliquez-lui les pièges sur son parcours. Les plus courants ? Les sorties de garage et les carrefours. Apprenez-lui que quand il voit un copain ou une copine sur le trottoir d’en face, il est inutile de courir. Ne jamais se précipiter pour éviter de faire n’importe quoi, tel est le mot d’ordre.

Il rentre seul à la campagne

Quel âge ? Comme en ville. À la différence près que les pièges sont moins nombreux et les automobilistes plus vigilants. Pour rappel, les études IBSR mettent en évidence qu’avant 8-9 ans, les enfants ne sont pas capables de prendre en compte tous les risques.
Les pièges ? Rappelé chaque année par Infrabel, le gros danger se situe au niveau de la voie ferrée. Expliquez bien qu’un train met plus de trente secondes à freiner sec (et encore du temps ensuite pour s’arrêter).
Que faire ? Vous pouvez dire, par exemple : « Je préfère que tu sois un petit peu en retard plutôt que de traverser les voies ». N’hésitez pas à rappeler que franchir des rails de chemin de fer, c’est aussi dangereux que traverser une autoroute. Aussi attrayants que puissent paraître les trains, ils sont mortels. Pour éviter que votre enfant ne se précipite, donnez-lui une heure maximum de départ à laquelle il peut décoller en toute sérénité.

Il rentre seul à vélo

Quel âge ? Là encore, il existe une grosse différence entre le petit qui fait du vélo avec ses parents depuis l’âge de 3 ans et celui qui se lance pour la première fois à l’âge de 12 ans. En Wallonie, les élèves passent leur brevet de vélo en 5e primaire. La double difficulté dans ce cas présent, c’est de maîtriser son engin et de faire attention aux différents pièges.
Les pièges ? L’itinéraire le plus court n’est pas nécessairement le plus sûr. Au départ, dans certaines situations, il est nécessaire de descendre de vélo. Un carrefour dangereux, par exemple. Renseignez-vous sur les meilleurs trajets. Vous pouvez consulter des cartes géolocalisées de cyclistes mises en lignes sur des applications type Strava.
Que faire ? Rendre votre enfant visible. Pro Velo ne prône pas le port du casque obligatoire. L’IBSR, si. Et pour trancher, les cyclistes convaincus et rouleurs quotidiens du Ligueur vous recommandent vivement d’équiper votre champion. Ce n’est jamais inutile. Ne lésinez pas non plus sur le gilet, les phares et tout le matériel auto-réfléchissant qui va avec. Retrouvez tous nos conseils pour bien équiper les montures de vos chérubins > Conseils pour sortir un vélo de son hibernation.

Il rentre seul en bus, en métro ou en tram

Quel âge ? Là encore, ça ne s’improvise pas. On ne jette pas son enfant dans un bus de but en blanc. Pour les voyages seuls, commencez vers 11-12 ans.
Les pièges ? Le gros point d’attention, c’est de ne pas courir après le bus, le tram ou le métro et faire n’importe quoi pour le rattraper. Aux heures d’affluence, ils sont nombreux. Mieux vaut donc attendre le prochain. Il est important aussi de leur apprendre à se tenir éloignés du bord de la chaussée. On évite de monter quand le signal sonne. Une fois à l’intérieur, on peut se coincer le sac, la manche ou autre si on reste trop près des portes.
Que faire ? Quand vous répétez avec lui le trajet, faites-le aux heures de pointe, dans les conditions in situ. Expliquez-lui qu’il est important d’attendre que le bus ou le tram soit reparti avant de traverser la route. De même, on ne passe jamais devant un de ces engins.

Il rentre seul en train

Quel âge ? Si vous déposez votre enfant à la gare et que l’école est juste à côté de la destination ou qu’un ramassage scolaire est prévu, vous pouvez le laisser voyager seul vers 10 ans.
Les pièges ? Attention à ce que votre enfant, par ennui ou distraction, ne fasse pas n’importe quoi. S’approcher trop près du bord du quai, par exemple. Expliquez-lui qu’il faut bien attendre que tout le monde descende de voiture. Par politesse, et aussi pour éviter d’être bousculé. S’ils sont plusieurs copains à attendre ensemble ? C’est souvent le cas, insistez donc sur le fait qu’une gare n’est pas une aire de jeux.
Que faire ? On se répète : expliquez bien à quel point il faut faire attention aux dangers d’un train en gare. La proximité des enfants et des voies de chemin de fer ne se fait pas sans certaines consignes de sécurité. Toutes les règles de sécurité > Gare au train.

Il rentre seul avec ses frères et sœurs

Quel âge ? Demander à un petit de 10 ans de veiller sur son petit frère de 5 ans, c’est une lourde charge. Mieux vaut attendre qu’il soit plus mûr, vers 12 ans.
Les pièges ? Les disputes entre frères et sœurs qui dégénèrent. Entre frangins, entre copains, on peut très vite être grisé par ce sentiment de liberté et oublier les règles élémentaires de sécurité. Dans un premier temps, pourquoi ne pas observer de façon un peu discrète comment ils se comportent ?
Que faire ? Bien s’assurer de leur comportement. Est-ce qu’ils se disputent régulièrement ? Est-ce qu’ils ont tendance à jouer ou faire les foufous ? Si c’est le cas, expliquez-leur que la rue n’est pas une cour de récréation. L’effet de bande - que ce soit entre copains ou entre frères et sœurs - peut causer des distractions et apporter des dangers supplémentaires. À l’inverse, il peut également responsabiliser. Il peut apporter une vigilance réciproque et tirer le groupe vers le haut.

Il rentre seul et personne n’est à la maison

Quel âge ? Faire un trajet de A à Z ou le faire, puis rester calme jusqu’au retour d’un adulte, ce n’est pas la même chose. Difficile de laisser un enfant prendre un goûter, faire ses devoirs, jouer, seul sans surveillance, tous les soirs avant l’âge de 12 ans. Là encore, rien ne vous empêche d’y aller progressivement. Un soir dans la semaine, par exemple.
Les pièges ? Pour le trajet, rien ne change de tout ce que l’on a dit précédemment. Petite nuance dans ce cas de figure : il doit pouvoir être joignable, pouvoir communiquer et savoir qui avertir en cas d’urgence.
Que faire ? Bien le mettre en garde des dangers de la maison. Évitez de le tenter avec des histoires de briquet, d’allumettes, de gaz, etc. Apprenez-lui à ne pas ouvrir à n’importe qui. Privilégiez la sécurité en lui disposant un goûter à portée de main, une bouteille d’eau ou de soft pour éviter qu’il ne se serve tout seul.

Yves-Marie Vilain-Lepage

Pourquoi 3 ans et 11 ans ?

Pourquoi ces deux âges sont plus sujets aux accidents de la route que les autres ? Deux périodes de la vie. Deux âges intermédiaires. Pour Benoît Godart, l'explication se situe là. Il explique : « À 3 ans, les parents se disent que leur bébé devient grand. Ils l'attachent donc un peu précipitemment sur un siège qui n'est pas encore adpaté à leur petit. Et à 11 ans, c'est un peu la même chose. On est plus un enfant, pas encore un ado, on ressent un certain sentiment de maîtrise sur le chemin de l'école, à tort ». Accompagnez donc ces deux âges intermédiaires en redoublant de vigilence. En relisant ces conseils pour bien attacher son enfant à l'arrière de la voiture pour les plus petits. En suivant le conseils énoncés plus haut pour les plus grands.