Achat de fournitures scolaires :
jouez collectif !

Juin approche, voici revenu le temps des cerises… et de la sempiternelle liste des fournitures scolaires que les écoles vont vous donner fin juin, lors de la remise du bulletin. Grandes surfaces ou papeterie ? Équitable ou branché ? Recyclable ou jetable ? Tout de suite ou à la veille de la rentrée ? C’est le moment de se poser les bonnes questions pour la planète et le cartable vert de vos enfants. Plus facile à dire qu’à faire. Passage à l’action… pour les enfants du primaire.

Achat de fournitures scolaires : jouez collectif ! - Thinkstock

Tendre vers une rentrée scolaire durable, écologique et équitable, plus facile à dire qu’à faire ? Pour y remédier, nous vous proposons de vous essayer à la création d’un groupe d’achats collectifs ou GAC au sein de votre école primaire. Ce système fonctionne déjà très bien pour les paniers de fruits et légumes bio.
Ses avantages ? Éliminer tous les intermédiaires commerciaux et donc obtenir de meilleurs prix ; une traçabilité des produits directe puisque vous rencontrez le fournisseur auquel vous pouvez poser toutes les questions sur l’origine du bois des crayons, sur l’absence de solvants dans les colles, sur les papiers recyclés… Alors, pourquoi ne pas essayer de le décliner pour les fournitures scolaires de vos enfants ? Il semblerait que ce soit le moment…
Selon une enquête du CRIOC, l’offre de matériel scolaire plus respectueux de l’environnement se développe et ce à tous les niveaux, qu’il s’agisse de produits de premier prix ou de produits de marque. Les producteurs s’efforcent de concevoir du matériel de plus en plus durable (mines plus résistantes, rechargeables, agrafeuses sans agrafes, crayons fluo…) et plus écologique (mines sans métaux lourds, crayons non vernis, colle sans solvant…). Les écoles ont-elles revu leurs listes de fournitures en ne retenant plus que les essentielles et incontournables ?

École : état des lieux

Où en sont, aujourd’hui, les pratiques d’achat de fournitures scolaires durables dans nos écoles primaires ? Petit tour de piste.

Dans les écoles communales : celles-ci sont dépendantes du choix des communes quant aux fournisseurs qui les approvisionnent en matériel de base de l’école, en mobilier, en matériel pédagogique et didactique, en jeux et jouets. Déjà en 2009, dans son rapport d’analyse sur le coût des rentrées scolaires, la Ligue des familles proposait aux marchés publics d’intervenir plus fermement pour éviter des dépenses inutiles aux écoles, dans l’intérêt des parents, des élèves et de la planète. Et notamment d’interdire le sponsoring déguisé au travers de supports ou d’activités pseudo-pédagogiques. Des efforts ont été faits et les communes commencent à se poser des questions quant aux critères de choix des fournisseurs en matière de respect de l’environnement. Renseignez-vous auprès du service enseignement de votre commune pour connaître ces critères et proposez-leur, éventuellement, des choix plus équitables afin de faire avancer les choses.

Dans le réseau libre : certaines écoles nous répondent qu’elles n’ont ni le temps ni les moyens nécessaires pour s’occuper de ces sujets, surtout en fin d’année scolaire. D’autres nous disent s’être fixé des objectifs pour demander moins de matériel aux parents. En ne mentionnant pas de marques. En interdisant les objets à la mode du moment.
Les écoles du réseau libre semblent avoir une certaine marge de manœuvre concernant cette question…

Des expériences prometteuses 

À l’école Saint-Joseph à Bruxelles, un groupe de travail issu de l’association des parents a adapté la liste des fournitures classiques en donnant des petits conseils et astuces aux parents pour un choix plus « respectueux de l’environnement » sans les imposer.
Son directeur, Marc Decastiau, nous dit : « Depuis de nombreuses années, nous sensibilisons les enfants afin qu’ils réutilisent le maximum de leur matériel, d’autant plus que nos enfants restent trois ans dans la même classe. De même, il est dans la culture de l’école de proposer une liste unique pour une durée de trois ans, quel que soit le titulaire. Il n’existe pas de groupes d’achats collectifs au sein de l’établissement, mais son organisation est envisagée. Nous n’exigeons aucune marque spécifique mais bien un format précis ou une couleur de couverture pour les classeurs. »
En examinant leurs listes, on constate de nombreux petits « smileys » (J) qui sont autant de conseils indicatifs de matériel respectueux de l’environnement comme la gomme blanche en caoutchouc naturel et sans étui, un fluo de préférence à base d’eau ou sous forme de crayon, une règle plate de 30 cm en bois non verni, etc. L’association de parents estime que « le meilleur déchet est celui qui n’a pas été produit. »
À l’école libre de Lonzée, le comité des parents a choisi d’aider les enfants à devenir des éco-citoyens responsables en organisant un achat groupé (GAC) de fournitures scolaires via la société BtoBgreen qui fournit déjà plusieurs autres écoles de la région.
L’association des parents de l’école de Lonzée motive ce choix :

  • pour le portefeuille : la commande groupée se fait « au prix coûtant », ni l’école ni le comité des parents ne prélèvent de marge bénéficiaire sur les ventes
  • pour la facilité : plus de longues recherches dans les rayons des magasins car les produits ont été présélectionnés en fonction des listes pour chaque année scolaire
  • pour les enfants : ils sont sensibilisés dès leur plus jeune âge à l’utilisation de produits sains et écologiques. Les colles sont sans solvants, les crayons sans métaux lourds, les blocs de cours et les classeurs sont en matériaux 100 % recyclés…
  • pour l’école : le fournisseur s’engage à accorder une ristourne supplémentaire à la condition explicite qu’elle soit affectée à un projet éducatif lié au développement durable.

BtoBgreen reverse 10 % du prix des achats effectués par les parents à chacune des écoles qui s’engagent à financer des projets liés au développement durable, à savoir achat de mobilier en carton, d’une fontaine à eau potable, de paniers de collations saines, etc.

GAC, mode d’emploi

Vous souhaitez vous lancer dans la création d’un groupe d’achat collectif (GAC), mais vous ne savez pas par ou commencer. Quelques conseils :

  1. Commencez par prendre contact avec l’association des parents de l’école de vos enfants, s’il y en une, et demandez-lui si elle serait intéressée par l’achat groupé des fournitures scolaires pour l’école ou pour une classe en particulier. Un petit sondage auprès d’autres parents est toujours utile. Qui souhaite participer ? Qui souhaite s’engager dans l’organisation pratique du GAC ? Serez-vous soutenus ? L’école est-elle favorable à votre projet ?
  2. En fonction des disponibilités individuelles, assurez-vous que chacun des participants s’engagera dans les travaux collectifs, condition sine qua non à la réussite de votre « petite entreprise ». L’idéal étant que chaque membre ait une fonction précise : un responsable pour l’envoi et la réception des commandes, un autre pour la comptabilité, un troisième pour la répartition et éventuellement le conditionnement des marchandises…
  3. Établissez le contrat avec le fournisseur. Cette étape exige un petit débat où les participants se mettent d’accord sur le choix de ce dernier (qui peuvent être plusieurs, bien évidemment). Le fournisseur choisi, mettez-vous en contact avec lui afin d’établir d’emblée la question des prix, des droits et devoirs de chacun et les attentes réciproques. Ce partenariat établi, il sera temps d’envoyer votre commande.
  4. N’oubliez pas de prévoir un endroit pour entreposer la marchandise à son arrivée. Pour éviter tous problèmes, une comptabilité sommaire, mais claire, est vivement recommandée.
  5. De temps à autre, organisez une réunion où vous mettrez en balance les avantages et les inconvénients du système. Si vous voulez en savoir plus sur les « groupes d’achats pour débutants », consultez www.barricade.be, c’est une mine d’informations.

Karin Mantovani

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