12/15 ans16/18 ans+18 ans

Les IST sont partout, et bien cachées

C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain… Mais les coups d'un soir peuvent comporter des risques s’ils ne sont pas protégés.

Alerte IST sous les cocotiers

Nos jeunes, dès l’âge de 14 ans, ont les hormones en ébullition et leur sexualité commence à se développer. Et en vacances ou en fin de soirée, quand le désir s'empare de nous, on oublie tout, on ne se tracasse pas…La passion peut vite faire oublier la prévention.

Il ne faudrait pas que les beaux souvenirs prennent une mauvaise tournure : grossesse précoce, infections, maladie… Pour ne pas qu’il ou elle mette à mal, avant l’âge, les côtés plaisants et agréables de la sexualité, on prend son courage à deux mains, même s’il ou elle est encore si jeune, et on lui fournit le bagage préventif.

Il ne faudrait pas que les bons moments de l’été prennent une mauvaise tournure : grossesse précoce, infections, maladie… Pour ne pas qu’il ou elle mette à mal les côtés plaisants et agréables de la sexualité, on prend son courage à deux mains et, même s’il ou elle est encore si jeune, on lui fournit le bagage préventif.

Il n’y a pas que le sida, il a aussi la chlamydia

La pilule est l’un des moyens contraceptifs les plus fiables. Mais Il vaut mieux glisser quelques préservatifs dans la valise de nos gamins... La capote, c’est le seul moyen qui permet d’éviter à la fois une grossesse, et  une infection au VIH ou à tout autre infection sexuellement transmissible (IST). L'herpès génital, la chlamydia, le papillomavirus, les condylomes, la gonorrhée, la syphilis… sont des IST souvent discrètes, mais qui peuvent avoir de graves conséquences (stérilité, cancer...) si elles ne sont pas soignées à temps.

Une IST peut se transmettre au cours d’un rapport sexuel avec un(e) partenaire contaminé(e), qu’il y ait ou non pénétration. Un seul rapport sexuel peut suffire. Certaines IST se transmettent aussi par les caresses sexuelles (herpès ou condylome) ou par le baiser (hépatite B) ou encore par le contact avec la peau (syphilis). On peut être contaminé par simple contact avec le vagin, l’anus, la bouche, l’urètre (canal qui conduit l’urine hors de la vessie) de la personne porteuse d’une IST.

Recrudescence chez les jeunes

« Les jeunes, malheureusement, ne se sentent souvent pas concernés par les IST », prévient Mary Stevens, de l’asbl Prévention sida. « Pour eux, elles existent ailleurs, en Afrique, mais ne peuvent pas les atteindre eux. Ils méconnaissent ou négligent les risques, surtout dans des situations de vacances ou de fiesta. Ils ont la fausse impression qu’on peut guérir du sida ou pensent qu’il n’y a que la pénétration qui transmet les infections », ajoute-elle, inquiète de la recrudescence des IST chez les jeunes, comme la chlamydia. « Les gens pensent même qu’en pratiquant le coït interrompu, on ne court aucun risque, alors que si, tout comme on peut tomber enceinte », s’étonne-t-elle encore.

La chlamydia est la plus répandue des IST. Elle touche 1 personne sur 20, essentiellement les jeunes entre 15 et 25 ans. Comme la plupart des IST, l’infection à la chlamydia ne présente souvent aucun symptôme. Il est donc possible d’être infecté sans s’en rendre compte, et de la refiler à son ou sa partenaire sans le savoir.  La Chlamydia n’est pas mortelle mais peut conduire à la stérilité si elle n’est pas soignée à temps.

La capote, ou le dépistage

En cas de doute ou après avoir pris un risque (rapport sexuel sans préservatif), il convient de consulter un médecin. Car dès qu'une personne est infectée, elle devient contagieuse, même en l'absence de tout symptôme. Le dépistage est la seule solution efficace pour détecter et soigner une IST, comme la chlamydia. Ce dépistage peut être effectué chez le médecin, le gynécologue, dans les centres de planning familial ou dans les centres de dépistage. Lorsqu’elles sont dépistées et traitées à temps, la plupart de ces IST, peuvent se guérir facilement. Le sida, quant à lui, se soigne mais ne se guérit pas.

Alors, on n’hésite pas, on lui file des capotes. Et qu’il soit fille ou garçon, on le conscientise aux relations sexuelles consenties et responsables, pour que sea, sex and sun restent un excellent souvenir de vacances.

Stéphanie Grofils – 10 juillet 2013

« Je ne me protégeais jamais »

« C’était fini avec ma copine. Du coup, j’allais voir ailleurs. Elle aussi. Sans protection. Je suis ressorti avec elle un soir, à l’arrache. Puis une semaine plus tard, elle m’appelle. Son gynéco avait détecté la chlamydia. Je ne savais même pas que ça existait. Mais apparemment, c’est bien présent et ça se refile facilement. Quand j’ai appris ça, j’étais pas bien. Limite à chialer d’avoir chopé ça. J’étais clairement paniqué. Je ne me protégeais jamais. Et l’horreur aussi c’était d’aller voir toutes les filles avec lesquelles j’avais couché pour leur annoncer. On a dû prendre des médoc tous les jours pendant 3 semaines. On ne pouvait pas oublier, ni trop picoler. C’était chiant. Mais heureusement ça se soigne quand c’est pris à temps. J’ai été con. C’est là que je me suis décidé à faire le test au VIH. » (François, étudiant à Louvain-La-Neuve)

SOS rapport non protégé

- Grossesse : En cas de problème de préservatif (déchirement), d’oubli de pilule, ou de rapport sexuel non protégé, on peut encore recourir à la pilule du lendemain. Elle agit en s’opposant à l’implantation dans la muqueuse utérine d’un œuf récemment fécondé mais ne peut en aucun cas annuler une grossesse déjà déclarée. La pilule du lendemain est disponible sans prescription, et même gratuite pour les jeunes filles de moins de 21 ans. Mais son utilisation doit rester occasionnelle, et ne peut en aucun cas remplacer une contraception régulière.

- VIH : En cas de prise de risque élevé de contact avec le virus VIH, il existe le traitement post exposition (TPE). Il se prend maximum 72 heures après le rapport à risques, mais le plus vite possible. Le TPE arrête juste à temps la contamination au VIH, en empêchant la personne qui a été en contact avec le virus de devenir séropositive. C’est le médecin qui évalue le risque et décide s’il convient de l’administrer. La thérapie dure un mois, comporte des effets secondaires et demande un contrôle dans les 6 mois à 1 an suivant le traitement. Et ne ça fonctionne peut-être pas à tous les coups.

Quelques signaux d’alarme

La plupart des IST sont asymptomatiques, mais certains signes apparaissent parfois :

  • Ecoulement anormal par le vagin, le pénis ou l’anus, parfois douloureux (sensation de brûlure),
  • brûlures, démangeaisons, boutons ou verrues au niveau des organes sexuels ou de l’anus,
  • petite plaie indolore sur la peau et les muqueuses (vagin, pénis, gland, testicules, anus, bouche),
  • sensation de brûlure en urinant,
  • rougeurs des muqueuses (organes génitaux, anus, gorge),
  • douleurs pendant ou après les rapports sexuels,
  • douleurs au vagin, au méat urinaire (orifice à l’extrémité du gland) et/ou au bas ventre, ganglions gonflés, fièvre.

Un seul de ces symptômes doit nous amener à consulter un médecin (dans une des centres de référence, de planning familial, maisons médicales).

Quelques chiffres :

  • Plus de 3 personnes par jour sont diagnostiquées séropositives au VIH, en Belgique ;
  • l'IST la plus fréquente chez les femmes est l'infection à chlamydia, qui touche surtout les jeunes femmes de moins de 30 ans ;
  • la syphilis est observée à tous les âges et principalement chez les hommes homosexuels, de 35-44 ans ;
  • deux millions de Belges sont porteurs de l’herpès ;
  • le papillomavirus est responsable de 70% des cancers du col de l’utérus.

Lexique

Si on préfère désormais parler d’IST (infections sexuellement transmissible) c'est parce que le terme “infections” indique que l'on peut être infecté et contagieux sans être malade.

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