Vie de parent

Alimentation : savoir où donner
de la tête…

Reprise des bonnes habitudes après les gaufres, glaces, pique-niques copieux et apéros sans fin. Le temps est à la reprise d’une (légère !) discipline et à mettre le cap sur un meilleur équilibre alimentaire. Quelques pistes pour vous aider à retrouver votre vitesse de croisière.

Alimentation : savoir où donner de la tête…

LE PETIT DÉJEUNER EST ROI

Céline, trois enfants, 6, 9 et 14 ans :
« Un effort pour le p’tit déj »

« À quinze jours de la rentrée, il est temps que cesse l’anarchie culinaire. Cette année, je veux faire des efforts et mettre l’accent sur le petit déj. Un peu plus de fruits, sous forme de jus faits maison ou en morceaux. Ce repas impose beaucoup plus de discipline qu’on l’imagine. Se lever à l’heure, faire son lit, s’habiller, préparer son sac. Et concocter un repas pour un ado de 14 ans ou un gamin de 6 ans, ce n’est pas la même aventure. L’une veut du fromage blanc et des céréales et l’autre du pain-beurre sans croûte. Alors je pars d’une base pour tous, après chacun s’adapte : un bol de lait au chocolat ou une coupelle de fromage blanc, une tartine de pain beurrée avec un peu de confiture et un jus et quelques fruits secs. Quel sport ! »

Nos conseils
Céline l’a compris : pas question de zapper le petit déjeuner car il réhydrate l’organisme et redonne au corps l’énergie nécessaire pour se remettre en marche, des muscles au cerveau. Sans lui, difficile donc d’être attentif en classe. Voilà pour la théorie ! Dans la pratique, on connaît tous ces sauts du lit agités où l’aîné a besoin d’un treuil pour se lever, le second ne veut rien avaler sous prétexte qu’il a mal au ventre et la cadette traîne pour s’habiller. Course matinale contre la montre oblige, voilà la tribu dans la voiture sans avoir pris le temps de s’alimenter. La parade : dressez la table la veille. Avancez un chouïa le réveil afin que ce repas soit un vrai moment en famille et que chacun, même vous les adultes, buviez votre café assis ! Idem avec l’heure du coucher : chez les ados surtout, un manque de sommeil va de pair avec un manque d’appétit.
Côté menu, variez les plaisirs ! L’aliment de base : la tartine (pain blanc ou demi-gris, surtout avant 6 ans) beurrée avec de la confiture ou du fromage. Un œuf brouillé sans sel ajouté une fois par semaine et des céréales (choisissez-les moins sucrées) de temps en temps. Sans oublier de boire de l’eau ou du lait. Jusqu’à 8 ans, un enfant a besoin de 1 200 ml de liquide par jour, d’où l’importance aussi qu’il puisse boire à l’école. Après 8 ans, les besoins sont plus importants encore et diffèrent selon le sexe (1 575 ml pour les garçons et 1 425 ml pour les filles). Après 12 ans, ce volume augment encore (1 800 ml pour les garçons et 1 875 ml pour les filles).

LA COLLATION : UN DIKTAT ?

Lydia, trois enfants, 4, 10 et 13 ans :
« Du grand délire ! »

« La politique en terme de collation est différente pour mes trois enfants. Pour le grand, il n’en est plus question. Pour le petit en primaire, on leur distribue des fruits. Et pour le dernier, en maternelle, on leur sert des gâteaux sucrés, des tartines avec de la pâte à tartiner ou de la confiture et même une fois de la charcuterie. C’est du délire. Nous avons lancé une pétition pour limiter la collation à un fruit sinon pour la faire carrément disparaître. »

Notre point de vue
On ne peut qu’appuyer les propos de Lydia : si votre enfant a bien déjeuné le matin, la collation de 10 h n’est pas nécessaire et peut même s’avérer néfaste s’il est en surpoids. Autre danger : que l’enfant associe temps libre à nourriture. En France, la collation a d’ailleurs été supprimée pour ces raisons. Attention, cependant : c’est l’école qui fixe les règles en la matière et décide ou non de maintenir cette habitude. Difficile donc de ne rien glisser dans le cartable de votre bambin qui serait alors contraint d’observer ses camarades grignoter à la récré. Privilégiez les collations « santé » comme les fruits, voire une tartine. Idem si la classe de votre enfant met sur pied un système de collation collective. Une bonne pratique de certaines écoles à imiter : distribuer du potage - qui contient aussi de l’eau, important pour l’hydratation - à l’heure de la récré.

ET SI LA BOÎTE À TARTINES REVIENT PLEINE ?

Fabienne, une fille, 4 ans :
« Simple et collectif »

« Je mettais plein de bonnes choses dans la boîte à tartines de ma fille. Je faisais des petits plats à manger pour elle. Et à chaque fois, je retrouvais la boîte intacte. J’ai alors fait plus simple et de quoi partager à chaque fois avec une camarade de classe, en accord avec les autres parents. Depuis ? Elle dévore ».

Nos suggestions
La boîte à tartines qui revient intacte en fin de journée est un des sujets les plus fréquents sur notre page Facebook. Rassurez-vous : aucun enfant ne se laisse mourir de faim. Sans doute, votre gamine a-t-elle picoré dans le pique-nique des copains. Ou bien sa collation de 10h était trop copieuse. Certains enfants ne réussissent pas à ouvrir leur boîte et n’osent demander de l’aide aux dames de la cantine. D’autres, comme la fille de Fabienne, sont ludiques… et partageurs. Autant le savoir. Il n’en reste pas moins que vous êtes une majorité à inscrire vos enfants au repas tartines. La récente enquête de la Ligue des familles sur les coûts scolaires publiée dans le Ligueur du 12 août démontre combien le repas chaud a encore mauvaise réputation. Pourtant, beaucoup d’écoles, même si elles font appel à une société de catering, ont des menus élaborés par des diététiciens.
Des idées de recettes pour le pique-nique et le goûter : N’oublie pas ta boîte à tartines ! (éd. Soliflor).

Nouveau
Pour emballer ses tartines : le Boc’n’roll (Roll’eat) fun et écolo, en tissu, avec une face plastifiée et qui se ferme avec un velcro. Lavable et réutilisable. Sympa pour votre ado qui trouve que la boîte à tartines, c’est pour les bébés. Un petit rien qui peut peut-être aussi l’encourager à manger équilibré, plutôt que de filer au snack du coin. En vente en ligne via www.rolleat.com ou www.mamzel.eu

JAMAIS SANS MON GOÛTER

Inès, quatre enfants, 6, 8, 12 et 16 ans :
« Goûter pour les ados aussi »

« Les deux petits derniers ne vont pas à la garderie après l’école. Mais pour éviter qu’ils passent leur temps à grignoter à la maison, je leur donne à manger sur le chemin du retour. Un biscuit, une compote sans sucre et des fruits secs. Et je vais même plus loin, je glisse tous les jours une pomme et des barres de céréales aux deux plus grands. Comme ça, ils ne vont pas manger des cochonneries avec leurs copains. Enfin, c’est ce qu’ils me disent ! » (Sourire inquiet)

Nos recettes
Alors que la collation du matin est inutile, le goûter est, lui, incontournable : vers 16 heures, votre enfant a besoin de reprendre des forces. Un goûter équilibré (tartines, fruit, verre de lait, yaourt) évitera de grignoter jusqu’au souper et de s’empiffrer lors du dernier repas de la journée, ce qui n’est pas l’idéal pour passer une bonne nuit. Contrairement aux habitudes d’Inès, si votre petit a la chance d’être à la maison ou chez les grands-parents après 16h, prenez le temps de prendre ce repas à table et non sur la route du retour. Un moment de complicité où chacun pourra aussi raconter sa journée.

UNE RENTRÉE VÉGÉTARIENNE

Céline, trois enfants, 6, 9 et 14 ans :
« Mon fils, cet herbivore »

« Essayer de faire manger de la viande à mon fils aîné depuis qu’il est tout petit est un défi impossible. On ne parle pas de végétarisme, mais d’un dégoût. Nous surveillons de près ce régime. Et veillons aux compositions de beaucoup de légumes, de fruits, de glucides complexes, d’aliments riches en fibres, pauvres en cholestérol et en graisses saturées. Et, bien sûr, nous compensons les protéines animales par des légumineuses type quinoa, lentilles, tempeh, haricots, etc. Mais que les autres parents en soient conscients : un ado végétarien, c’est la plaie et c’est à surveiller de près ».

Notre avis
Céline fait bien de surveiller de près l’équilibre alimentaire de son ado végétarien pour lui éviter ainsi de graves carences. Car la viande apporte son lot des protéines, de fer, de zinc et de vitamines que l’on ne retrouve pas de manière toujours bien assimilable dans d’autres aliments. Important, si votre enfant se prive de viande, remplacez-la par du poisson, du fromage ou un jaune d’œufs. Demandez aussi conseil à votre pédiatre, voire à un nutritionniste.

Nouveau
Le veganisme - un mode de vie refusant de consommer tout produit issu de nos amies les bêtes ou de leur exploitation - a le vent en poupe. Ne vous inquiétez pas trop si votre ado bascule dans le clan des vegans en clamant qu’il ne veut plus jamais « manger de cadavre » ni porter ses pulls en laine, ses godasses en cuir, etc. Parlez-en à votre médecin pour qu’il comble ses éventuelles carences alimentaires… et attendez que ça passe.

Anouck Thibaut et Yves-Marie Vilain-Lepage