Vie de parent

« Allez jouer dehors ! »

Pour les mômes des années 1980 - et ceux des générations précédentes aussi -, cette phrase résonne encore comme une Madeleine de Proust. Alors que nous étions scotchés devant la télé - déjà ! - ou tout simplement trop turbulents après les devoirs, nos (grands-)parents nous suppliaient d’aller prendre l’air. Même si on vivait en ville. Une phrase magique qui, on ne s’en rendait pas compte à l’époque, nous ouvrait les portes de la liberté. À nous les cabanes avec les copains, les colliers de pâquerettes, les courses d’escargots, les parcours de bicross dans les sous-bois ou encore les sarbacanes qui faisaient de nous des Indiens…

« Allez jouer dehors ! »

Aujourd’hui, ce « allez jouer dehors ! » ne résonne plus comme jadis à l’oreille de nos enfants. La faute à la circulation et l’urbanisation. À l’affaire Dutroux et au sentiment d’insécurité qu’elle a engendré. Aux jeux de cow-boys et d’indiens qui ne font plus le poids face à l’ami Mario Bros. À la pollution qui a gagné les villes comme les zones rurales. À la frénésie des activités extrascolaires qui ne laissent, au bout du compte, que peu de temps aux enfants pour « ne rien faire. »

Syndrome du manque de nature

Une évolution qui inquiète les spécialistes : depuis une bonne décennie déjà, au Canada notamment, ces derniers n’hésitent pas allumer le voyant rouge du « Syndrome du manque de nature ». Parce que, tout simplement, passer du temps dehors à bouger et à jouer au grand air est essentiel au développement de l’enfant, tant sur le plan moteur que psychologique. Cela réduirait aussi les risques de problèmes médicaux, obésité et hyperactivité en tête.
Chez nous, tout récemment, l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) a lancé, auprès des parents et des professionnels, une enquête afin de mieux comprendre ce qui freine ou ce qui pousse les activités extérieures. N’hésitez pas à y participer, via le site one.be.

Ouvrez la cage aux oiseaux

Et si toutes les raisons qui nous freinent à pousser nos enfants à jouer dehors n’étaient que prétextes ? À la veille des congés de carnaval qui tombent tard cette année - la faute à la nature et à la pleine lune qui déterminent encore le calendrier des vacances scolaires, mais c’est une autre histoire… -, le Ligueur vous invite à renouer avec ce fameux « Allez jouer dehors ! ». Avec vos enfants, si vous avez la chance de vous arrêter de bosser en même temps qu’eux.
Dans ce dossier, on vous propose des idées pour remettre notamment au goût du jour les bonnes vieilles activités d’antan. Qui, finalement, des cabanes aux ricochets, offrent des plaisirs indémodables. De quoi ensuite, dès ce printemps presque naissant et jusqu’à l’automne prochain, reprendre cette belle habitude d’ouvrir la porte qui mène au jardin pour inciter vos enfants à s’envoler, tels des oiseaux, hors de leur cage…

Amélie Dunord