Vie de parent

Allocations familiales, du nouveau
pour les familles wallonnes en 2019

Le système d’allocations familiales sera entièrement différent en 2020 partout en Belgique. Mais dès le 1er janvier 2019, des changements importants auront déjà lieu pour de nombreuses familles wallonnes. Tour d’horizon de ces nouveautés, alors que rien ne bouge à Bruxelles avant 2020.

Dans l’ensemble des Régions, les montants d’allocations familiales seront entièrement revus pour les enfants qui naitront à partir du 1er janvier 2020. Il est impossible ici de citer tous les nouveaux montants tant les différences sont grandes d’une Région à l’autre, d’une famille à l’autre (monoparentales, nombreuses, niveau de revenus, etc.) ou d’un enfant à l’autre (orphelin, porteur de handicap, etc.). Intéressé·e ? Retrouvez toutes ces informations dans notre analyse.

Choisir sa caisse d’allocations familiales

En Wallonie, par contre, six changements positifs auront déjà lieu au 1er janvier prochain pour les enfants nés avant 2020. Autant le savoir.
En 2019, le droit aux allocations familiales s’ouvrira sur la base du domicile légal de l’enfant et non plus en fonction du statut professionnel du parent. Une disposition importante qui place l’enfant au centre des prestations familiales, mais qui a également pour conséquence la possibilité donnée aux parents de choisir leur caisse de paiement (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). En clair, les familles ayant leur premier enfant à partir du 1er janvier 2019 pourront choisir parmi cinq nouvelles caisses : la caisse publique Famiwal et quatre caisses privées (ParentiaWallonie, fusion entre Partena, Attentia et Mensura - Camille, anciennement UCM - Infino Wallonie, fusion entre Groupe S, ADMB et Horizon - Kidslife Wallonie, fusion entre Acerta et Securex).
Les familles qui bénéficient déjà de prestations familiales resteront encore deux ans dans leur caisse actuelle et pourront en changer à partir de 2021.

Des allocations automatiques jusqu’à 21 ans

Actuellement, le droit aux allocations familiales est inconditionnel jusqu’au 31 août de l’année au cours de laquelle l’enfant atteint l’âge de 18 ans. Après ce cap, les étudiants, stagiaires, demandeurs d’emplois peuvent encore percevoir des allocations sur base de justificatifs. La Wallonie a décidé de créer un droit automatique pour tous les jeunes jusqu’à 21 ans. C’est une réelle avancée en matière d’accès aux droits. Attention, cette nouveauté concernera uniquement les enfants nés après le 1er janvier 2001.

Des droits renforcés pour les enfants orphelins

Les enfants qui ont perdu leur·s parent·s ont droit à des allocations majorées. Aujourd’hui, si le parent « survivant » se remet en ménage, il/elle perd cette majoration. Cela va changer en 2019. Tous les enfants vivant en Wallonie, dont l’un des parents décède après le 1er janvier 2019, continueront à percevoir ces suppléments en cas de remise en ménage de leur parent vivant. Une excellente nouvelle.

Des suppléments garantis pour les enfants porteurs de handicap

Autre chose : les enfants de moins de 21 ans atteints d’une affection ont des allocations plus élevées en fonction de la gravité de l’affection. Mais cette majoration est conditionnée à la situation socio-professionnelle du jeune entre ses 18 et 25 ans. Autrement dit, il peut perdre ses suppléments d’allocations s’il touche une rémunération dans le cadre d’une activité professionnelle protégée, par exemple. En 2019, les enfants nés après le 1er janvier 2001 garderont leurs suppléments quelle que soit leur situation professionnelle. Autre avancée importante.

Des suppléments en fonction des revenus

Aujourd’hui, seuls les invalides, pensionnés et chômeurs ont droit à des allocations familiales supplémentaires. Au 1er janvier, les suppléments sociaux seront calculés sur base des revenus du ménage. Bonne nouvelle, cette règle concerne tous les enfants, même ceux nés avant 2019.
Concrètement, toutes les familles dont les revenus ne dépassent pas 30 686 € bruts annuels percevront plus d’allocations familiales. C’est une grande avancée pour les travailleurs pauvres qui, aujourd’hui, n’ont pas droit à des suppléments.

De réelles améliorations et des points d’attention

Ces nouvelles mesures vont avoir un impact direct et rapide pour beaucoup de familles : des montants plus élevés pour certaines d’entre elles et une facilité dans toute une série de démarches. Cela dit, l’échéance de 2020 visant à mettre en place un système complètement nouveau approche. La Ligue des familles insiste sur la nécessité d’une information accessible et de qualité aux parents afin de garantir une réelle compréhension de ces nouvelles règles. Sans quoi certaines familles pourraient ne pas bénéficier de prestations auxquelles elles ont droit, ou ressentir des inquiétudes infondées. Dans tous les cas, les difficultés techniques ne peuvent justifier le moindre dysfonctionnement. Aucun retard ou paiement erroné des allocations familiales ne saurait être toléré. Nous serons extrêmement vigilants.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles