Vie de parent

Allocations familiales :
la peur d’avoir moins !

Parmi les parents inquiets suite à la réforme des allocations familiales, 67 % ont peur de voir leur montant d’allocations familiales baisser en 2020, année où s’appliqueront entièrement les changements du système en Wallonie et dans la Région bruxelloise. 22 % craignent les risques d’erreurs et 19 % les retards de versements. 14 % stressent à l’idée de ne rien comprendre, d’avoir des ennuis s’ils déménagent d’une Région à l’autre et 12 % redoutent d’avoir des enfants à cheval sur l’ancien et le nouveau système.

Allocations familiales : la peur d’avoir moins !

Mais pourquoi toutes ces peurs ? 67 % des parents répondent qu’ils sont informés contre 51 %, l’an passé. Un bon point pour le Ligueur et la Ligue des familles qui ont travaillé sans relâche pour informer les parents, au moindre petit changement. Petit rappel pour les 33 % restants qui disent encore ignorer tout : le 1er janvier 2020, les allocations familiales seront payées par les Régions et non plus par le pouvoir fédéral. Les montants de ces allocations seront différents selon les Régions. Comme tout change très vite, pour en savoir plus, retrouvez nos études datées de 2018 ou lisez l’édito consacré au sujet.
Ceci dit, on comprend que les parents aient la peur au ventre (les hommes craignent surtout les erreurs !). Les allocations familiales occupent une place prépondérante dans le budget familial pour 62 % des parents, dont une majorité de jeunes femmes de moins de 34 ans qui sont sans doute essentiellement des mamans seules à la barre. Les derniers changements annoncés en Wallonie semblent de bon augure alors que rien ne semble bouger à Bruxelles avant 2020.

► Caroline Tirmarche, responsable du Service études de la Ligue des familles : « Continuer encore et encore à informer les parents »

La question des allocations familiales est sans nul doute un point positif de notre Baromètre : on voit que les parents sont de mieux en mieux informés au sujet de la réforme qui arrive, et ont dès lors de moins en moins de craintes. Grâce au travail de la Ligue des familles ? On l’espère et, soyons honnêtes, aussi certainement grâce à la campagne d’information lancée par la Wallonie. Reste tout de même 1 parent sur 3 qui n’a aucune idée de ce qui se prépare, c’est énorme quand on sait l’importance de ces allocations dans le budget des familles. Et que de premiers changements importants (et positifs !) concerneront les parents wallons dans quelques semaines à peine, dès le 1er janvier 2019: les parents qui travaillent et ont des bas revenus pourront désormais bénéficier des suppléments sociaux, les allocations familiales seront octroyées automatiquement pour les étudiants de 18 à 21 ans et les parents pourront choisir entre 5 caisses différentes. À garder en tête : aucune famille ne perdra un seul euro par rapport à sa situation actuelle, que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles, et au contraire de très nombreuses familles recevront davantage.

Déjà en 2015, des parents nous disaient…

Michaël, papa d’un ado et de deux enfants à l’école primaire
« Mon aîné a 15 ans et est celui pour lequel j’ai le moins d’allocations familiales, alors qu’il me coûte plus cher. Argent de poche toujours plus conséquent, demandes vestimentaires ciblées sur certaines marques, faim de loup… Même si vous ne dites pas oui à tout, un ado a une vie sociale et scolaire qui commence à peser financièrement ! »

Fabian, papa d’une famille recomposée de trois enfants 
« J’ai quitté ma femme il y a cinq ans. C’est elle qui a la garde de nos deux enfants. Avec ma nouvelle compagne, j’ai un troisième enfant. Mais dans le système des allocations familiales d’aujourd’hui, il est considéré comme un premier enfant. Je ne touche donc que 90 et quelques euros au lieu de 250 €. Une ‘légère’ différence qui me fait grincer des dents. D’accord, c’est un premier enfant pour ma compagne, mais pour moi, ce n’est pas juste. D’autant plus que je dois quand même intervenir financièrement pour mes deux premiers enfants ! »

Laurie et Thomas, 30 et 32 ans, un enfant
« L’arrivée d’un premier bébé vous oblige à investir dans une foule de choses qui va de la poussette au siège auto, en passant par le parc. Sans compter les réaménagements à faire parfois dans la maison. Bien sûr, on peut compter sur la solidarité des copains et des parents, mais quand même… Il y a aussi la crèche, bien sûr, et pour en trouver une qui ne soit pas privée dans les grandes villes comme Bruxelles, il faut avoir une chance folle. Je pourrais aussi ajouter les médecins. Ma petite a pour le moment otite sur otite… »

Myriam Katz

La Ligue des familles insiste…

… sur la nécessité d’une information accessible et de qualité aux parents afin de garantir une réelle compréhension de ces nouvelles règles. Dans tous les cas, les difficultés techniques ne peuvent justifier le moindre dysfonctionnement. Aucun retard ou paiement erroné des allocations familiales ne saurait être toléré.

Qui a répondu ?

1 315 adultes de 18 ans et +, vivant au moins à temps partiel avec au moins un enfant ou bel-enfant de 0 à 25 ans, résidant en Wallonie ou à Bruxelles, ont répondu au questionnaire entre le 8 et le 22 octobre 2018. L’institut de sondage Ipsos, qui a réalisé l’enquête, a appliqué des quotas sur le sexe, l’âge et la région des répondant·e·s. La marge d’erreur est de +/- 2,7 %. Vous pouvez trouver l’analyse complète avec tous les chiffres sur liguedesfamilles.be