Vie de parent

Allocations familiales wallonnes,
des améliorations attendues

La Wallonie va, pour la première fois de son histoire, payer les allocations familiales. Un premier pas vers un changement complet du système, mais qui appelle déjà des améliorations pour certaines familles.

Janvier 2019 : nous vivons un moment historique dans l’histoire des allocations familiales. Cela fait cinq ans que nous vous informons régulièrement de l’évolution du transfert des allocations familiales du Fédéral aux Régions. Cette fois-ci, on y est. C’est concret. La Wallonie va (comme la Flandre et la Communauté germanophone) effectuer son premier paiement d’allocations familiales le 8 février. C’est historique parce que c’est tout un pan de la Sécurité Sociale qui est passé aux mains des Régions.
Après des milliers d’heures de travail, tout est prêt maintenant pour que la nouvelle caisse publique Famiwal et quatre caisses privées puissent payer ces allocations chaque mois. Alors oui, c’est historique, mais si tout se passe bien, les familles ne verront aucune différence. L’objectif est bien que les parents continuent à percevoir leurs allocations tous les mois sans interruption, comme c’est le cas jusqu’à présent.
Il faudra attendre 2020 pour que les choses changent vraiment en Wallonie et à Bruxelles, avec de nouveaux montants d’allocations familiales qui seront plus adaptés aux familles d’aujourd’hui.

Enfants orphelins, des inégalités intolérables

Les familles wallonnes qui ont vécu un deuil et dont les enfants sont orphelins sont nombreuses à nous contacter et nous dire leur désarroi et leur colère. La raison ? Pour bien comprendre, il faut savoir qu’aujourd’hui les orphelins ont droit à des allocations majorées, c’est-à-dire plus élevées que celles des autres enfants. Mais si leur parent survivant se remet en ménage, ils perdent ces suppléments. Ce qui n’est pas normal.
La bonne nouvelle, c’est que la Wallonie a prévu dès janvier 2019 de supprimer cette règle pour que, même si le parent se remet en ménage, l’enfant conserve ses suppléments d’allocations familiales. Mais, et c’est là la mauvaise nouvelle, cette règle ne s’applique que pour les familles dont un parent décède après le 1er janvier 2019.
Or, rien ne justifie que des familles touchées par un deuil soient traitées différemment, uniquement pour une question de date. C’est injuste pour les parents et préjudiciable pour les enfants qui ont besoin d’être reconnus comme orphelins ; c’est important pour leur construction personnelle. La Ligue des familles réclame que ce nouveau droit s’applique à tous les orphelins, quelle que soit la date du décès de leur parent. Cette mesure ne coûte pas grand-chose (ces enfants représentent moins de 2 % des bénéficiaires) et c’est un gage d’équité pour des enfants qui vivent des situations difficiles.

Des familles « à cheval » entre deux systèmes, injustement pénalisées

L’autre problème, toujours en Wallonie et encore pour une question de date, concerne les familles à cheval sur deux systèmes d’allocations familiales, c’est-à-dire celles qui ont eu au moins un enfant avant 2020 et qui en auront après. Ces familles subissent les inconvénients des deux modèles (l’actuel et le nouveau à partir de 2020).
Pourquoi ? Parce que dans le système actuel le montant du premier enfant est d’environ 95 € et de 265 € pour le troisième enfant et les suivants. Dans le futur système, le montant du premier va nettement augmenter, en revanche celui du troisième et suivants va baisser. Imaginez une famille qui a eu deux enfants avant 2020 et un troisième après cette date. Cette famille ne bénéficiera pas des montants plus élevés pour les premiers mais, par contre, son troisième aura moins que dans le système actuel puisqu’il est né après 2020. C’est injuste.
Depuis des années, la Ligue des familles réclame des compensations pour ces familles. Force est de constater qu’à un an de l’échéance, on ne voit rien venir. De vrais choix politiques sont attendus pour ces familles. De deux choses l’une, soit les familles demeurent entièrement dans l’ancien système, soit on les fait basculer dans le nouveau après une naissance post-2020 ; chacun de ces systèmes ayant ses avantages et ses inconvénients en fonction des configurations familiales.
Nous avons exprimé nos deux demandes, celle relative aux orphelins et celle-ci, par courrier à la ministre wallonne des Allocations familiales, Alda Gréoli, le 11 janvier. Aucune réponse à ce jour. Dans quelques jours, nous amènerons nos revendications dans les instances qui gèrent les allocations familiales pour créer un débat le plus large possible et trouver des alliés. Nous sommes absolument déterminés à ce que des solutions soient trouvées. Et rapidement.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles