Vie de parent

Apnées du sommeil, on respire

Le week-end dernier, on est passé à l’heure d’été. Cette petite heure de sommeil en moins a peut-être perturbé le sommeil de votre enfant. Dans quelques jours, il n’y paraîtra plus. D’autres troubles du sommeil, par contre, peuvent avoir des conséquences bien plus graves. On se penche aujourd’hui sur les apnées du sommeil.

Apnées du sommeil, on respire

Bien connues chez les adultes, les apnées du sommeil touchent aussi les enfants et ce parfois, dès la naissance. Concrètement, une apnée du sommeil, c’est un moment du sommeil pendant lequel on fait un effort respiratoire et que l’air ne passe pas. Le docteur Sonia Scaillet, spécialiste du sommeil à l’Huderf, explique : « Chez l’enfant, dans la grande majorité des cas, c’est simplement dû au fait qu’il y a trop peu de place pour laisser passer l’air. Ce manque de place peut être causé par de grosses amygdales ou des végétations nasales importantes. »

Il ronfle...

Le symptôme cardinal qui doit alerter les parents est le ronflement. « Bien sûr, tous les enfants ronflent de temps en temps, par exemple s’ils ont un rhume ou le nez bouché. Mais si votre enfant ronfle toute la nuit et ce, tous les jours, il faut en chercher la cause », assure-t-elle.

La 1ère étape, en cas de ronflements chroniques, est d’aller voir un ORL qui examinera votre enfant. Si la taille des amygdales ou des végétations est trop importante, l’ORL peut demander un test du sommeil. Durant ce test, l’enfant est appareillé avec de petites électrodes qui captent l’activité cérébrale. Les médecins peuvent ainsi évaluer, entre autres, la capacité respiratoire durant les différentes phases de sommeil ainsi que la façon dont l’enfant réagit à ses apnées (un petit mouvement, un micro-réveil…), son taux d’oxygène, etc. S’il y a trop d’apnées et qu’elles sont mal tolérées, alors l’ORL procédera à une ablation des amygdales ou des végétations. « Il fait littéralement ‘de la place’ », commente le docteur Scaillet. Dans 95 % des cas, cette intervention chirurgicale règle le problème des apnées du sommeil. Le ronflement disparaît et seule une respiration un peu bruyante subsiste parfois.

L’examen du sommeil chez l’enfant qui ronfle permet d’évaluer la gravité du syndrome obstructif respiratoire. « Un enfant  n’est pas un ‘petit adulte’ dont la situation est stable. Il se développe et, en grandissant, ses voies respiratoires hautes vont s’ouvrir. Si l’ORL ne propose pas d’intervenir, un contrôle de polysomnographie peut être effectué après un délai d'un an pour réévaluer le trouble respiratoire pendant le sommeil », précise la spécialiste du sommeil.

Des enfants plus à risques

Si 3 à 5 % des enfants sont touchés par les apnées du sommeil, certaines pathologies constituent un facteur aggravant, telles que les malformations maxillo-faciales, les maladies qui rendent les voies respiratoires hautes plus étroites que la normale (la maladie de Treacher-Collins par exemple) ou encore la trisomie 21. Pour ces enfants, on peut mettre en place un traitement basé sur la ventilation. Concrètement, l’utilisation d’un masque nasal va permettre à l’enfant de recevoir de l’air sous pression et ouvrir ainsi ses voies respiratoires. « Même si cela peut paraître contraignant, le traitement est dans la grande majorité des cas très bien accepté par l’enfant car il sent rapidement que cela lui fait du bien », assure le docteur Scaillet.

Si une ventilation doit être mise en place, l’enfant passe quelques jours en unité du sommeil avec ses parents, de façon à ce que l’appareil soit parfaitement paramétré et également pour pouvoir former les parents aux appareils qu’ils vont devoir utiliser à la maison. Ces enfants sont ensuite suivis très régulièrement, tous les 3 à 6 mois en fonction de leur âge. Les plus jeunes sont en principe réévalués beaucoup plus fréquemment que les enfants plus âgés.

Gaëlle Hoogsteyn

Attention aux conséquences

Pas toujours faciles à détecter, les apnées du sommeil doivent cependant être traitées avec le plus grand soin. « Les apnées du sommeil ne sont pas à prendre à la légère car elles peuvent avoir de lourdes conséquences sur le développement de l’enfant », explique le docteur Scaillet. Le sommeil d’abord, est perturbé, de moins bonne qualité et moins réparateur puisque l’enfant a sans cesse des micro-réveils. Ensuite, durant la journée, cela aura un impact sur le comportement de l’enfant.

À l’inverse de l’adulte, chez qui les apnées du sommeil se traduisent par de la fatigue et de la somnolence, l’enfant pourra au contraire être hyperactif, avoir des troubles de l’attention ou, pour les enfants en âge scolaire, des difficultés de concentration et d’apprentissage. « Si vous avez un doute, n’hésitez pas donc pas à consulter sans tarder un spécialiste », conclut le docteur Scaillet.