0/2 ans

Apprendre à grandir avec ses parents
autant qu’à la crèche ou à l’école

Apprendre à l’enfant à grandir, c’est tout à la fois canaliser et ouvrir à l’autonomie, punir et gratifier, guider et laisser faire. Le métier de puéricultrice ou d’institutrice maternelle se joue donc en zone grise, et non en terrain noir ou blanc. C’est à travers la cohérence et la souplesse de penser de ces adultes qui l’éduquent que l’enfant trouvera son chemin fait de « vivre avec les autres » et d’«indépendance de caractère ». Les parents, eux aussi, aident leur petit à se construire au quotidien. Passage en revue de ses besoins.

Apprendre à grandir avec ses parents autant qu’à la crèche ou à l’école - Thinkstock

Le débat se dichotomise très vite lorsque des parents parlent ensemble de leurs attitudes éducatives. Il y a les optimistes, quelque peu rêveurs, qui pensent que l’enfant va épanouir son potentiel si on le laisse faire et les éducateurs actifs, quelque peu dirigistes, qui définissent, pour l’enfant, les choses, qu’elles soient attendues ou exigées. Si tous on raison, ce qui reste compliqué, c’est le dosage des deux formules. À force de voir des enfants délurés et exigeants, on en oublierait que les adultes ont encore leur mot à dire. À force de voir des enfants revendicateurs et intolérants à la frustration, on en reviendrait à rêver aux cohortes d’enfants sages et bien formatés d’il y a une cinquantaine d’années.
Si le climat éducatif et social a bien changé, un enfant reste un enfant et ses besoins restent les mêmes en matière de développement: cerner le monde qui l’entoure.

  • Le tout-petit a besoin de percevoir invariablement que ses pleurs, ses appels, ses malaises seront entendus et compris, et qu’on y répondra.
  • À 18 mois-2 ans, il a besoin de sentir un adulte qui a clairement une fonction de guide à ses côtés, dans le petit monde social qui s’ouvre à lui.
  • Autour 3 ans, il a besoin qu’on porte intérêt au déploiement de ses pensées, tout en le rassurant par des comportements cohérents quand ces pensées sont génératrices d’angoisses.
  • Vers 6-7 ans, il a besoin qu’on lui ouvre l’espace du symbolique: le réel peut être représenté par des signes, des symboles (par exemple, l’écriture) et de la réflexion abstraite;
  • À 12-13 ans, il a besoin de sentir de la résistance face à ses attaques et d’avoir une présence pour défricher avec lui les émois nouveaux qu’il éprouve.

L’école, une alliée

Grandir, c’est apprendre à tenir compte des autres, à s’ajuster aux règles en cours, à inhiber ses débordements, à accéder au monde des idées, à activer sa curiosité pour ce qui se passe autour de soi, à échanger avec autrui en se décentrant pour rejoindre l’autre. Grandir, c’est osciller entre une adaptation au monde des autres et une préservation de ce qui est si singulier en soi.
Certains parents vivent le monde extérieur comme une menace contre la personnalité de leur enfant, en ce sens que ce monde pourrait le métamorphoser malgré lui. L’école, la société sont à combattre. La sensation de devoir protéger l’enfant d’un engloutissement dans le collectif empêche les partenariats avec autrui, rend suspecte toute position dirigiste et risque ainsi d’entraîner l’enfant dans l’étourdissement de la toute-puissance. C’est oublier que l’humain ne se crée pas tout seul, ne s’auto-construit pas. L’humain se nourrit des apports des autres, s’édifie en s’appuyant sur les autres. Il doit donc s’adapter à l’autre, tolérer l’autre, se décentrer pour faire place à l’autre, assimiler les codes qui permettent la vie avec les autres. Le petit enfant n’apprend pas cela seul: il a besoin des autres - à commencer par ses parents qui lui montrent le chemin - pour s’ouvrir au monde des autres, à savoir son environnement.

Reine Vander Linden

Sur le même sujet

Crèche : snif, mon môme est bien loin de chez moi

La vie dans les crèches ? Précieuse, unique ! Laurence Rameau, puéricultrice et formatrice, évoque l’évolution et l’importance des pratiques professionnelles en faveur d’un accueil de qualité. Encourageant pour les parents et essentiel pour les tout-petits !

 

Crèche ou gardienne : le retour avec le sourire

Les vacances sont bel et bien derrière vous. C’est la reprise. Pas toujours facile pour les parents de lâcher la main du petiot avant qu’il ne file chez la gardienne ou sa puéricultrice en crèche. Conseils pour que cette séparation se passe tout en douceur.

 

Autonomie : chacun sa route, chacun son chemin

Un proverbe dit qu’il n’y a que deux choses que l’on puisse donner à son enfant : des racines et des ailes. Racines et ailes, deux symboles d’un même chemin : l’autonomie. À la maison et sur le chemin de l’école, vous faites comment ? Plongée dans votre quotidien, à l’affût des bonnes pratiques.