Vie de parent

Après-4 heures :
la tête dans les devoirs

L’école est finie. Vous, parents, vous êtes en majorité encore au travail. Pendant ce temps, qu’ils soient à la garderie, à l’étude, à multiplier les activités auxquelles vous les avez inscrits ou simplement à flâner dehors, vos enfants sont en mouvement, loin des cours. Un presque avant-goût de liberté pour eux, une inquiétude pour vous qui espérez les occuper au mieux.

Après-4 heures : la tête dans les devoirs

LES DEVOIRS… SANS MAL AU CRÂNE

Gaétane, deux enfants, 8 et 12 ans :
 « L’horreur des devoirs »

« Pour moi, les devoirs c’est la pire des galères. C’est LA corvée de la rentrée. Je suis seule et après une journée tuante, m’asseoir à une table avec mes fils à soustraire les tomates et mémoriser les verbes irréguliers du subjonctif, ce n’est pas possible. On y passe parfois plus de 45 minutes. Alors, j’ai laissé des annonces dans le quartier pour que l’on me supplée. J’ai fini par rencontrer une petite étudiante qui passe quatre fois par semaine et qui me rend cet énorme service. Et le temps passé avec mes enfants jusqu’à l’heure du coucher est alors un vrai plaisir. »

Assana, deux ados, 14 et 16 ans :
« Les devoirs ? Un super moment »

« J’adore les devoirs. Je les vois comme un jeu. Et plus les années défilent, plus ça permet de revoir ses acquis. À partir du secondaire, plus aucun parent de notre entourage n’aide ses enfants. Pour moi, c’est inconcevable. Et pourtant, j’ai un mari qui ne fait pas grand-chose pour aider, je me dépatouille seule. Par exemple, en anglais. On fait les devoirs, on relit les cours et le soir on regarde un film ou une série avec des sous-titres pour se perfectionner. Tout peut être mis en application. Tant que mes enfants seront sous mon toit, nous ferons les devoirs ensemble. Même à l’université. Je ne les lâcherai jamais. »

Nos conseils
Comme pour Gaétane, les devoirs est la corvée de l’avant-souper (et parfois même de l’après) pour beaucoup d’entre vous. Et pourtant, en primaire, le travail à domicile est réglementé par le décret suivant que vous pouvez rappeler discrètement à l’instit’ si nécessaire :

► 1ere et 2e année : pas de devoirs. Mais l’enseignent peut demander à votre enfant de lire ou de raconter ce qu’il a fait durant la journée : une manière de réviser, mais surtout de suivre et d’encourager ses progrès.
► 3e et 4e année : des devoirs oui, mais qui ne dépassent pas les 20 minutes. Votre enfant doit pouvoir se débrouiller seul, sans l’aide d’un adulte.
► 5e et 6e année : des devoirs encore, mais de 30 minutes maximum. Là encore, sans votre aide ou le coup de pouce du grand frère (si, si Assana, l’heure des devoirs est aussi l’occasion pour l’enfant d’acquérir son autonomie !)

Ces règles, dans la pratique, sont loin d’être toujours respectées. Un enfant n’étant pas l’autre, difficile d’ailleurs de minuter et d’évaluer le temps nécessaire pour un travail.
Votre enfant sèche dans une matière ? Changez d’activité. Sortez Dobble Chiffres et formes (Asmodée) qui se joue sur un coin de table et qui permet d’apprendre les nombres, les couleurs, les formes… avec plaisir. Détendu à la fin de la partie qui n’est pas longue, il sera prêt à reprendre le collier.
Vous travaillez tard et récupérez votre enfant en toute fin de journée ? Renseignez-vous auprès de votre établissement scolaire : peut-être organise-t-il une étude dès les primaires. Demandez si elle est simplement surveillée… ou dirigée (un prof est là pour réexpliquer ce que l’enfant n’a pas compris).
Autre piste, encore : les écoles de devoirs, dont l’appellation peut prêter à confusion puisqu’il s’agit de structures qui accueillent les enfants de 6 à 18 ans en dehors des heures d’école en proposant diverses activités culturelles, sportives… dont éventuellement des aides aux devoirs.
Vous craignez que votre ado ait du mal à se mettre à ses leçons ou traîne avec les copains sur le chemin de l’école ? Renseignez-vous : même en secondaire, certains établissements organisent une période d’études (surveillées ou dirigées), menée soit par des enseignants, soit par une association, partenaire de l’école. Méfiance, par contre, avec les cours privés de remédiation : ceux-ci ont un coût élevé et une vision commerciale de l’encadrement scolaire

SPORTIF OU ARTISTE ?

Alejandro, une fille, 4 ans :
« L’inégalités des activités »

« Dans la commune dans laquelle j’habite, il faut se lever de bonne heure pour trouver une activité digne de ce nom. Pour un peu de danse les mercredis et samedis, par exemple, j’ai fait la file dès 6 h du matin devant une école pour m’entendre dire au final que tout était complet trois heures plus tard. Du coup, elle fera des activités extrascolaires communales comme la grande majorité des gosses de son âge. »

Nos pistes
Autre casse-tête de la rentrée, si vous n’avez pas la possibilité de récupérer vos marmots sur le coup de 16 h : l’inscription aux activités extrascolaires. Le plus confortable, avant 10 ans, étant les cours de psychomotricité, de danse, de judo, de musique… au sein même de l’école. Pas de trajet, votre enfant reste sur place et vous pouvez goupiller le tout, si besoin est, avec la garderie, voire l’étude. Avantage de ces activités, qui s’étalent le plus souvent sur un trimestre : tout comme les stages durant les congés, elles permettent à votre enfant, au moins jusqu’à ses 10 ans, de « toucher à tout », d’explorer une discipline pour voir si elle lui plaît vraiment. Son choix fait, il pourra alors l’approfondir dans un club si c’est du sport ou dans une académie si c’est du dessin ou de la musique et faire preuve alors d’implication et de régularité.

Un site incontournable et complet pour dégoter une activité extrascolaire à Bruxelles jusqu’à 12 ans : www.bruxellestempslibre.be
En Wallonie : renseignez-vous via l’école de votre enfant, votre commune… ou misez sur le bouche à oreille.
Pour dégoter un club de sport près de chez vous, retrouvez la liste de toutes les fédérations sportives.
Côté musique : la liste des 112 académies de musique en Wallonie et à Bruxelles. Bon plan : les cours (formation musicale et instrument) y sont gratuits pour les moins de 12 ans et à prix réduit pour les 12 à 18 ans. Attention : les inscriptions se font en début d’année scolaire, souvent jusque fin septembre.
N’oubliez pas que jusqu’à 12 ans, les activités extrascolaires font partie des frais de garde qui peuvent être déductibles fiscalement.

L’APRÈS-ÉCOLE… SANS VOUS

Sébastien, une fille, 5 ans :
« Un barouf d’enfer »

« La garderie de l’école de ma fille n’est pas si mal. Pas trop d’enfants et elle se désemplit vite. C’est une chance à côté d’autres écoles dans lesquelles les enfants sont trop nombreux, entassés dans un préau et livrés à eux-mêmes. Nous coupons quand même la semaine en deux et nous réservons le mercredi à la psychomotricité, histoire que la petite soit plus calme, parce que même s’ils sont peu nombreux, ils font un barouf d’enfer, à la garderie. »

Notre point de vue
La rentrée est souvent synonyme de nouvelles habitudes, voire de nouvelles étapes. Passage obligé pour les plus jeunes si vous n’avez pas la chance d’être à 16h à la maison pour le goûter : la garderie. Ce n’est pas de gaieté de cœur que vous y inscrivez votre enfant alors que lui, souvent, s’y retrouve comme un poisson dans l’eau. Toutes les garderies ne se valent pas, c’est vrai, mais aujourd’hui, beaucoup d’écoles font des efforts pour qu’elles soient autre chose qu’un espace où l’on parque les mômes. Pour ne plus vous faire de mauvais sang, échangez avec les dames de la garderie pour savoir comment se déroule un après-4 heures et surtout comment votre bambin s’y comporte. Sympa aussi pour l’enfant: un petit mot doux, voire un dessin ou une petite surprise dans sa boîte à goûter comme petit signe de tendresse.
Autre étape de taille : le retour tout seul à la maison. Selon le degré d’autonomie de l’enfant, il peut débuter vers 10-12 ans. Un apprentissage qui nécessite pour les plus jeunes d’apprivoiser les dangers de la route (lire en page 18) et qui peut s’accompagner pour les enfants plus âgés d’un contrat-horaires.

Anouck Thibaut et Yves-Marie Vilain-Lepage

Autant savoir

Et l’ennui dans tout ça ?

Un piège à éviter : transformer l’emploi de votre enfant en agenda de ministre. Certes, la tentation est grande tant les activités sont variées. Et puis, avouons-le, comme tout parent, on rêve d’armer notre enfant pour qu’il réussisse au mieux dans la vie. Le chemin de la performance passerait donc aussi par la multiplication des activités. Stop à cette course effrénée. Comme les adultes, les enfants ont besoin d’espace pour se reposer, rentrer dans leur bulle et… même s’ennuyer. Des moments précieux où ils redeviennent « maîtres du jeu », ce qui stimule leur imagination et leur créativité.
Autre bonne résolution de la rentrée : se garder une plage horaire hebdomadaire pour une activité en famille. Des idées dans Que faire avec vos enfants ce week-end ? sur leligueur.be chaque vendredi après-midi.

Sur le même sujet

Remédiation en ligne : efficace au Québec, bientôt en Belgique ?

Votre enfant bloque devant un devoir ? Votre ado désespère la veille du contrôle de maths ? Bonne nouvelle : un projet de remédiation par téléphone pourrait prochainement voir le jour chez nous. Ce système, qui cartonne déjà au Québec depuis plus de vingt ans, vise à épauler l’élève dans ses devoirs via le soutien de professeurs volontaires. On vous explique tout.