Vie de parent

Après 4 heures, si elle ne prend pas son bain tous les jours, ce n’est pas très grave…

Driiiiiiing. 16 heures, l’école est finie. La journée aussi ? Pas tout à fait. Pour les parents, c’est parfois le début d’un marathon. Entre la fin du boulot, les allers-retours pour chercher les gamins à la crèche et à l’école, le goûter, les devoirs des grands, le souper qui ne se fait pas tout seul, le bain, les jeux, le coup de fil de mamy, l’envie de souffler aussi… Comment s’organiser pour entamer cette année en toute sérénité ? Des parents nous donnent leurs astuces.

Après 4 heures, si elle ne prend pas son bain tous les jours, ce n’est pas très grave… - Thinkstock

0-2 ans

Une des grosses difficultés avec nos touts-petits, c’est de gérer leur rythme de sommeil. Certains sont épuisés en fin de journée, d’autres en superforme dès qu’ils voient leur parents. À chaque situation, de multiples solutions.

Des parents super-dévoués et super-crevés

« Chez moi, c’est souvent la course. Au boulot, je ne prends quasi pas de pause à midi pour finir tôt et filer à la crèche récupérer mon fiston de 15 mois. Il est souvent fatigué et fait encore une sieste à la maison vers 17 heures. Pendant ce temps, soit je travaille chez moi, soit je me repose avec lui. Après, il est en pleine forme jusqu’à 22 heures, c’est un peu fatigant pour mon mari et moi mais ça nous permet de passer du temps avec Oscar chaque jour », raconte Christelle, sa maman.
Se mettre au rythme de l’enfant, une solution ? Pour certains, oui. À condition, bien sûr, de s’organiser des temps de repos. Car les parents aussi ont besoin de recharger leurs batteries.
« Souvent, quand je récupère Lola après la crèche, elle est excitée comme une puce. Elle court, fait beaucoup de bruit et a besoin de toute mon attention. Mais moi aussi, je suis parfois crevé et nerveux après une journée de boulot. Pas toujours facile de m’occuper de ma fille chérie dans ces conditions, surtout si ma femme rentre tard. Du coup, j’ai un petit truc. Après une longue journée de travail, je m’octroie 10-15 minutes de sieste dans ma voiture devant la crèche. Ça me permet de me recharger ou de décompresser un peu avant de voir ma petite miss », raconte Damien, 31 ans.
Voilà un papa qui a tout compris ! Rien de tel qu’un parent cool et serein pour venir chercher son enfant en fin de journée.
« Moi, pour bien commencer la soirée avec mes filles, j’ai pris une bonne résolution : j’essaye de leur réserver ma première demi-heure à la maison. Pas de téléphone ni de tâche ménagère avant 17h30. Je les cajole, joue, partage leur goûter, papote,… Après 30 minutes, je commence à m’activer. Quand mes filles ont fait le plein de leur maman, elles sont en général plus sages », confie Julie, maman de deux petites filles de 2 et 3 ans.

Un programme souple

Mais même avec la meilleure volonté du monde et une organisation optimale, on ne peut pas tout contrôler. « Depuis qu’on est parents, on essaye d’être hyper-méthodiques. Mais un imprévu vient vite bousculer le programme. Un soir, le parrain de Théo nous a rendu visite à l’improviste. On a dû repousser l’heure du bain. Théo était très fatigué, il pleurnichait, il voulait sortir de la baignoire, il a glissé et … il s’est cassé une dent ! J’ai regretté de ne pas l’avoir mis au lit tout de suite, sans bain, raconte Dominique, sa maman. Ça m’a servi de leçon. Depuis, s’il est trop fatigué, je saute le bain, sans me culpabiliser. »
Certains parents alternent un jour bain et un jour « toilette-du-petit-chat » qui se limite au strict minimum : les dents, le visage, les mains et les fesses. À chacun sa technique. Un peu de souplesse dans le programme fait souvent beaucoup de bien à tous.

6-9 ans

Les grands-parents à la rescousse

« Chez moi, l’après-4 heures ressemble à une véritable corrida. On enchaîne les courses, les devoirs, le souper, les bains, l’histoire... Mon objectif, c’est qu’à 20 heures pile, mes trois gosses soient au lit et que je ferme les rideaux de leur chambre pour qu’ils aient une bonne et longue nuit de sommeil. Pendant leur sommeil, leur cerveau grandit et je ne veux pas les priver de ça », explique Marie, maman de trois garçons de 5 à 10 ans.
C’est effectivement durant le sommeil paradoxal de l’enfant que sa mémoire se consolide. Donc, oui, nos enfants doivent bien dormir, ne pas regarder la télé trop tard… Mais parfois, ça vaut la peine de se détacher de sa montre et de coucher nos enfants un peu plus tard pour prendre le temps de leur raconter une histoire ou d’être un peu plus serein en soirée.
Autre idée pour un emploi du temps mieux maîtrisé : dé-lé-guer. « Ma solution pour être plus zen après le boulot, c’est de faire appel à mes parents. Ils sont pensionnés et adorent leurs petits-enfants. Avant, mes enfants étaient souvent les derniers à attendre devant la grille de l’école. Pour éviter ça, ils vont goûter chez papy et mamy deux fois par semaine. Parfois, ils jouent à Uno, parfois ils commencent leurs devoirs. Quel soulagement pour moi ! », raconte Vinciane, maman célibataire d’une fille et d’un garçon de 6 et 8 ans.
« Nous, on n’est jamais rentrés avant 18-19 heures à la maison. Donc, on a habitué nos enfants à rester à la garderie jusqu’à 17 heures, et ils adorent. Après, leur nounou vient les chercher et le mercredi, elle les conduit à leurs activités. L’ainé fait du piano et la plus petite de la danse. C’est bien qu’ils soient ouverts à d’autres choses, à d’autres gens, plutôt que de toujours rester avec leurs parents », nous dit Sandrine, 35 ans. La musique, la danse, le foot, toutes ces activités permettent à l’enfant de s’épanouir ailleurs qu’à l’école pendant que les parents travaillent.

Du temps pour rêver… et créer

Geoffroy Carly, directeur du Centre d’Entrainement aux Méthodes d’Éducation Active, conseille tout de même aux parents de ne pas trop en faire : « Laissez du temps à votre enfant. Le temps libre doit rester un espace de liberté où il apprend par lui-même. Les activités de loisirs ne peuvent pas devenir des compétences prédéterminées à acquérir. L’enfant doit pouvoir profiter de ce temps libre pour créer, expérimenter des choses, pour oser rater, recommencer plusieurs fois… Des ateliers créatifs et d’exploration permettent ces découvertes. »
Des moments libres pour nos enfants, voilà une idée simple à appliquer. À condition, bien sûr, qu’ils n’en profitent pas pour se chamailler.
Mais, là aussi, un parent a trouvé une solution. Anne, maman de quatre enfants de 5 à 12 ans, nous raconte son truc : « Pour que nos soirées soient plus paisibles et sans trop de disputes, on a trouvé une superchanson ‘défouloir’. On écoute Merdocu de Vincent Malone et pendant cette chanson, les enfants peuvent crier comme des fous et dire tous les gros mots interdits en journée. Épuisant, mais efficace. »
S’il y a des récrés à l’école, pourquoi pas chez nous aussi ?

Estelle Watterman

À BOUT ?

Vous n’en pouvez plus… Plutôt que de craquer, quelques idées.

  • Changez de pièce. Se retrouver dans un endroit calme et sans bruit - même si c’est exigu, comme les toilettes - permet de se calmer plus facilement.
  • Prenez le temps de respirer ou plutôt de souffler, fort et longtemps. Bien respirer permet d’évacuer les tensions et de se calmer.
  • Riez. C’est bien connu, le rire détend et la vie a souvent l’air plus gai quand on la prend avec humour. Surtout avec des enfants.
Sur le même sujet

Cette année, c’est promis, je montre l’exemple. Je mange des fruits, des légumes et je ne boude pas la tartine

Apprendre ou réapprendre à manger de tout, oui. Des aliments sains, autant que possible. Mais surtout à sa faim, ni plus ni moins. Et sans oublier le plaisir... Simple? Pas si sûr! Car à force d’injonctions, nous sommes nombreux à ne plus savoir à quel saint nous vouer! Pour vous, le Ligueur s’est mis à la recherche de vérités et cette quête du Graal nous a menés à pousser la porte de Marie-Josée Mozin, présidente du Club Européen des Diététiciens de l’Enfance. Un entretien de deux heures au cours duquel nous buvons ses paroles comme du petit lait !

 

Marchons hors des sentiers battus

Difficile de vous inviter à ne pas allumer radio et/ou télé et de vous détourner de vos magazines quand on est nous-mêmes journalistes, mais franchement, les prédictions fin 2012 étaient telles dans les médias qu’on aurait bien eu envie de vous glisser dans l’oreille ce genre de conseil pour que vous gardiez le moral intact. La page 2012 est heureusement, aujourd’hui, tournée et il semble qu’un vent chargé d’un peu plus d’espoir se soit engouffré en 2013. Tant mieux !