3/5 ans

Arrêter la tétine : quand et pourquoi ?

C’est un passage obligé, une de ces étapes marquantes dans l’évolution de votre petit·e… plus si petit·e. Et, parfois, cette transition ne se fait pas sans difficulté. Bon moment, trucs validés par les parents, on vous donne de quoi vous mettre sous la dent pour passer le cap.   

Arrêter la tétine : quand et pourquoi ?

Arrêter la tétine, c'est bien. Arrêter tous les moyens de succion, c'est mieux. Souvent, on les oublie, ces autres intrus que sont le pouce ou un autre doigt, le biberon, le doudou qu'on mâchouille… Les enfants peuvent utiliser beaucoup de choses pour se rassurer ou s'endormir et ces différents objets font souvent partie du lot. Selon les dentistes pédiatriques, il faut généralement initier l'arrêt de tous ces moyens de succion vers l'âge de 2 ans. La raison ? Préparer le passage de la déglutition infantile à la déglutition mature afin que cette dernière se fasse correctement.

Pour faciliter ce passage, qui a lieu entre 3 et 4 ans, il faut que toute succion soit arrêtée avant l'âge de 3 ans. Mais quelles sont les différences entre ces deux types de déglutition ? Une déglutition mature correcte permet un bon développement de la bouche, une bonne phonation (production des sons) et une respiration optimale. Arrêter la tétine, le pouce ou le biberon n'est donc pas juste bénéfique pour le placement correct des dents, « pour éviter l'appareil dentaire » comme on entend souvent. De nombreuses autres choses en découlent.

Trouver le bon moment

De nombreux parents le disent : initier l'arrêt de la tétine ou des autres moyens de succion n'est pas chose aisée. Il est donc vivement conseillé d'introduire cet arrêt de la succion dans une période de calme pour l'enfant (les vacances, par exemple). Les enfants sucent leur pouce, leur tétine, leur doudou ou demandent un biberon pour se rassurer, trouver le sommeil. Choisir un début d'année scolaire, une période de stress à la maison ou l'arrivée d'une petite sœur ou d'un petit frère pour commencer l'arrêt n'est donc pas le mieux pour s'assurer de la réussite du processus. Le lieu idéal est donc à la maison et en dehors de tout moment d'agitation ou de nouveautés.

Et pour les méthodes ? Il n'y a, malheureusement, pas de recette miracle. Tout dépendra du caractère de l'enfant, de l'éducation donnée… Certains parents veulent que ce soit l'enfant qui jette la tétine de lui-même. Pourquoi pas, mais l'idée est de sentir si son enfant est prêt et assez mature pour faire cela de lui-même. À 2 ans-2 ans et demi, certain·e·s auront beaucoup de mal à s'en débarrasser, aussi facilement. Les « rechutes tututes » ne feront alors que commencer. Un des aspects les plus importants, avant l'arrêt tétine/pouce, est le dialogue avec l'enfant : lui expliquer la situation et ne pas lui imposer une méthode d'arrêt du jour au lendemain.

De la théorie à la pratique

Tous les moyens sont bons… du moment qu'ils fonctionnent avec votre enfant. Il ne faudra pas se décourager si l'un d'eux ne marche pas. Les essais-erreurs sont souvent de mise avec l'arrêt de la tétine/du pouce. Mais pour vous aider dans la démarche, voici un florilège de trucs et astuces glanés chez des dentistes et des parents débordants d'idées :

► Saint Nicolas ou père Noël : la venue de ces deux grands messieurs constitue un moment favorable pour l'abandon des tétines. L'enfant les placera dans ses souliers ou sous le sapin pour que saint Nicolas et père Noël se chargent de les apporter à des bébés qui en ont besoin. Une sorte de passage de témoin qui peut permettre à votre enfant de le faire avec fierté et confiance.
► La cérémonie d'adieu des tututes : certaines classes de maternelle proposent la mise en place d'une petite réunion suivie d'une fête pour marquer le coup et dire adieu à sa tétine. L'esprit de groupe et la collectivité fonctionnent à merveille pour ce genre de démarche. Tous les enfants sont invités à apporter leur tétine en classe et l'enseignante, lors de la cérémonie, demande aux enfants de placer leur tétine dans un bac au centre de la pièce. Il sera ensuite envoyé au monde des tututes.
► La discussion avec le dentiste : de temps en temps, les discussions avec l'enfant se heurtent à un mur. L'emmener chez le dentiste pédiatrique peut parfois faciliter les choses. Le ou la professionnel·le de santé, une personne extérieure à la famille, pourra trouver les mots et convaincre l'enfant d'arrêter de sucer tétine ou pouce.
► Le sparadrap : la tétine, c'est facile à retirer, me direz-vous, alors que le pouce, c'est bien plus compliqué, car pas moyen de le lui enlever. Dans les pays nordiques, les dentistes proposent aux parents d'entourer les pouces de l'enfant avec du tape (sparadrap très collant) afin de rendre la succion gênante, désagréable même quand celle-ci est inconsciente (la nuit).
► Les vernis amers : disponibles en pharmacie, ces vernis sont placés sur les ongles de l'enfant afin de le déshabituer à sucer son pouce. Malheureusement, certains bambins s'habituent à leur goût et, après quelques jours, retombent dans le cercle infernal de la succion du doigt.
► Les tableaux de renforcement positif : l'enfant positionnera sur un calendrier un petit soleil ou un autocollant avec un bonhomme qui sourit les jours où il n'a pas utilisé sa tétine ou sucé son pouce. Dans le cas contraire, il utilisera un petit nuage ou un bonhomme qui pleure s'il a craqué. Cette méthode fait de nombreux adeptes. Elle encourage l'enfant dans sa démarche et l'implique réellement. À essayer chez les enfants plus grands (5-6 ans).

Dialogue, essais-erreurs et persévérance sont ainsi les maîtres-mots dans l'arrêt de la tétine, du pouce ou du biberon. Et on le répète, comme souvent avec les enfants, il n’y a pas de recette miracle. La meilleure technique reste tout simplement celle qui correspondra le mieux à votre enfant.

Charlotte Costenoble

Pour aller + loin

Des coups de pouce supplémentaires

Une autre possibilité pour se débarrasser de la tétine ou des autres moyens de succion est l'introduction d'un objet de transition.

► Le Machouyou®, un dispositif qui facilite l'arrêt de la succion, est de plus en plus utilisé et conseillé. Cet objet en silicone médical ressemble à une petite gouttière dentaire. Il se substitue au pouce ou à la tétine et permet de stopper les succions. Ce dispositif fonctionne très bien, mais nécessite néanmoins une période de transition qui va durer entre 3 et 10 jours. Ce temps d'adaptation peut être compliqué. En pleine opposition entre l'âge de 2 et 3 ans, certains enfants pourront peut-être rejeter leur Machouyou®, faire une grosse crise. Les échecs sont nombreux à ce moment-là, car les parents craquent légitimement et finissent par redonner une tétine. Ce moment est difficile, mais la persévérance est la clé de la réussite.
► La paille ou le gobelet à bec sont des objets de transition faciles à trouver et à utiliser à la place du biberon. La tétine du biberon est aussi un élément de succion qui doit être arrêté vers 2 ans.

Des parents en parlent…

Les mots du dentiste

« Noah a arrêté la tétine de lui-même vers 4 ans. C’était quelques semaines après sa première visite chez le dentiste. Ce dernier lui avait dit que ça abîmait sa bouche et que ce serait chouette si la tétine pouvait disparaître. Noah a donc commencé à laisser tomber la tétine à la sieste, puis une nuit de temps en temps, jusqu’à stopper complètement. Sa petite sœur qui a 4 ans et demi aujourd’hui est aussi allée pour la première fois chez le même dentiste il y a quelques mois. Pour l’heure, on va dire que le résultat est moins probant que pour son frère… (rires) »
Antonin, papa de Louisa et Noah

Merci Mamy !

« Léo et sa tutte, c’était une sacrée histoire d’amour jusqu’à ses 5 ans. Impossible pour lui de la lâcher. Quand il rentrait de l’école, au moindre bobo, à la première contrariété, il lui fallait sa tétine chérie. Et puis, lors de vacances scolaires, il est parti une semaine chez sa mamy… qui a oublié de remettre la tutte dans le sac avant de partir. Elle a téléphoné à Léo pour lui expliquer tout ça et lui dire que ce n’était pas si grave et qu’il était grand maintenant. En trois phrases, elle a réussi ce que j’essayais de faire depuis des mois. »
Anna, maman de Léo, 7 ans et demi