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Bébé pleure… que me dit-il ?

La faim, la douleur, le stress, la frustration... Les motifs de pleurer ne manquent pas chez les tout-petits. Comment identifier les causes des pleurs ? Comment accueillir les larmes et apaiser bébé ? Rencontre avec le pédiatre Alain Bachy.

 Bébé pleure… que me dit-il ? - Thinkstock

Bébé pleure ? Heureusement ! C’est son premier moyen d’expression. Et on peut compter sur lui pour s’exprimer ! Le challenge sera d’identifier les causes des larmes. « Vouloir calmer par la nourriture un enfant qui pleure alors qu’il s’ennuie, explique le pédiatre, Alain Bachy, c’est adopter une réponse inadéquate. Son besoin de rentrer en relation ne sera pas contenté. Il risque plus tard d’associer l’ennui et l’alimentation, et grignoter dans ces cas-là. De la même manière, celui qui cherche le sommeil et pleure ne demande ni à boire ni à être pris dans les bras. Il va s’endormir quelques minutes plus tard. Il faut le savoir. »

Jamais des caprices

Faut-il craindre de répondre trop vite à la demande des enfants au risque d’en faire plus tard des impatients, voire des capricieux ? « S’il est clair qu’il vaut mieux ne pas se précipiter dès que l’enfant manifeste une petite faim, mais attendre un peu que la faim se creuse, poursuit le Dr Bachy, il ne faut pas craindre que l’enfant abuse. Aucun parent ne fera de son nouveau-né, un capricieux. Les bébés ont besoin d’être sécurisés. Plus ils sont contents, mieux c’est. Plus ils expriment leurs besoins, plus on y répond, plus ce seront des enfants faciles. C’est important d’encourager les petits dans l’expression de leurs besoins. C’est dans les premiers mois que l’attachement se construit. »
C’est cet attachement qui permet ensuite à l’enfant d’évoluer d’un pas assuré parmi les autres et d’entamer sa socialisation sans trop de stress. C’est cet attachement aussi qui peut l’aider dans un cap important de son évolution, celui qui intervient à partir de l’âge de 6 mois, quand il commence à prendre conscience de son individualité. « Réaliser qu’on est un être à part, précise le Dr Alain Bachy, va souvent de pair avec une angoisse de séparation. Elle se manifeste aussi dans le sentiment de peur éprouvé à la vue de nouveaux visages. C’est une période où les enfants, même s’ils faisaient leurs nuits, se réveillent à nouveau. C’est l’époque des premières terreurs nocturnes. »

Contre les pleurs

Pas facile d’être un bébé. De réaliser que l’on ne fusionne pas avec les personnes de son entourage, d’apprendre à s’en détacher. Pas facile non plus d’avoir le désir de faire et de n’être pas outillé pour aller jusqu’au bout de sa volonté d’attraper un objet, de ramper ou de marcher. C’est pourtant le lot des bébés. Pas étonnant dès lors que des larmes surgissent.
La tétine pourra les aider à se calmer. C’est un des accessoires d’un univers enfants admis. « Pendant deux ans, le plaisir de l’enfant est essentiellement oral, rappelle le Dr Bachy. Le réflexe naturel de succion entraîne la sécrétion d’endorphine. L’endorphine est une hormone de détente et de plaisir. C’est dire si la tétine peut s’avérer utile. On la préférera au pouce parce qu’à l’inverse du pouce elle ne déforme pas l’arcade dentaire. »
L’univers enfants admis, c’est celui où les interdits sont limités et partagés par l’entourage. Quoi de plus perturbants que des attitudes contradictoires affichées devant l’enfant ? « Pensons un peu à tous ces refus que l’enfant essuie, souligne le Dr Bachy. Il ne peut ni faire ça, ni toucher à ceci, à cela. Le plus simple et le plus structurant n’est-ce pas d’écarter les objets fragiles de sa portée, par exemple ? » Une manière d’éviter des pleurs dont tout le monde se passe volontiers, surtout l’enfant qui, vers 2 ans, traverse une phase délicate où il s’oppose à ses parents (une manière de s’affirmer) et un peu plus tard avant de devoir s’acclimater à un autre univers enfants admis : l’école.

Faites-vous aider !

« Il peut arriver que bébé pleure et qu’on soit impuissant à l’aider à s’apaiser, souligne le Dr Bachy. L’idéal, c’est de le dire à l’enfant. S’énerver ne sert à rien. L’enfant a besoin d’être rassuré et hausser le ton ne peut que l’énerver en retour. Si on ne s’en sort pas, il faut en parler à ses amis, à son médecin, voir un pédiatre éventuellement. »

Véronique Janzyk

NE SECOUEZ PAS VOTRE BÉBÉ !

Des pleurs trop insistants peuvent vous mettre hors de vous jusqu’à parfois agiter votre tout-petit. Attention, secouer bébé est très dangereux. Ses muscles du cou n’étant pas encore suffisamment toniques, le ballottement de la tête peut conduire à une hémorragie, qu’il s’agisse des vaisseaux sanguins qui relient le crâne et le cerveau ou des vaisseaux du cerveau. Les séquelles peuvent être nombreuses : apathie, agitation, convulsions, cécité, retard psychomoteur…

EN PRATIQUE

On distingue différents types de pleurs chez le nouveau-né :

  • il a faim
  • il a mal
  •  il est dans l’inconfort
  •  il s’ennuie
  •  il cherche le sommeil

Vous trouverez des conseils aussi auprès de la consultation de l’ONE ou à travers ses brochures Grandir avec des repères et des limites et Attention fragile qui se trouvent sur one.be

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