Vie de parent

Bien manger en confinement,
l'épreuve gourmande

Une des préoccupations des un·e·s et des autres en temps de confinement ? Les kilos qui s'accumulent à force de grignotage. Si, pour le moment, il n'existe aucun chiffre, une chose est sûre, la malbouffe ne doit pas être la grande gagnante de cette crise. Pour y remédier, nous en avons discuté avec Annick Xhonneux, diéticienne au Club européen des diététiciens de l'enfance (CEDE).

Bien manger en confinement, l'épreuve gourmande

Habituellement, Annick Xhonneux travaille avec des familles dont les enfants souffrent de surpoids. Même en temps de confinement, elle continue à les suivre. Elle nous explique qu'en dépit de la vision tronquée des relations lointaines, le confinement offre à certaines conditions la possibilité de bouger plus pour certains enfants.

À l'inverse, chez d'autres, les nouvelles sont moins bonnes. L'accumulation de stocks, les apéros virtuels, l'inaction, sont autant de facteurs qui risquent de causer des catastrophes nutritionnelles chez ses jeunes patient·e·s. Tout l'un ou tout l'autre donc. Gageons que les mauvais réflexes doivent se multiplier dans bien des foyers. La tentation du petit en cas pour tromper l'ennui, somme toute bien compréhensible, risque de faire des dégâts. Comment briser le cercle infernal ?

Garder le cadre

Premier constat de notre diéticienne, celui de maintenir coûte que coûte un rythme. Soit quatre repas par jour. Petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner. « Attention aux tentations des mille et un grignotages. Attention aussi au décalage de sommeil chez les ados. Donc aux écrans. Tout cela est évidemment lié à l'équilibre alimentaire. Et une des façons de respecter cet équilibre, c'est de se réunir au moins une fois par jour à table, sans télé, sans tablette, sans smartphone. Juste pour apprécier d'être ensemble. De partager en famille et d'essayer de cultiver ensemble le bien manger ». Et dans l'assiette, comment ça se passe ?

Manger trop d'animal, c'est mal

Règle d'or, d'autant plus valable par temps de confinement : attention aux excès de viande dans l'assiette. Pour rappel, la règle pour connaître la quantité journalière de viande dont un enfant a besoin est d'une simplicité qui n'a pas de nom. 10 grammes de viande par année d’âge de l’enfant, comme nous l'a appris la diététicienne pédiatrique Marie-Josée Mozin. Donc, les petits de 2 ans ont le droit à 20 grammes de viande par jour, ce qui équivaut à deux cuillères à café. À 5 ans, c’est 50 grammes, à 10 ans 100 grammes, avec un maximum de 125 grammes par jour pour les ados à partir de 11-12 ans.

Apéros virtuels : conviviaux mais déglingos

Autre point d'attention soulevé par Annick Xhonneux : faire ingurgiter un max de légumes à toute la tribu. Plus facile à dire qu'à faire avaler aux petit·e·s, n'est-ce pas ? Plutôt qu'une assiette qui vous revient pleine à ras bord de carottes, brocolis et autres haricots, notre diéticienne nous recommande d'abord de les faire goûter.

« Il faut parfois les faire manger jusqu'à huit fois pour qu'ils soient appréciés ». L'experte insiste de nouveau sur les apéros virtuels : « On ne bouge pas, les parents ouvrent de très grandes quantités de chips qui sont avalées dans la soirée. Pourquoi justement ne pas prévoir des légumes sous forme alternative ? Des dés de concombre, des brochettes de légumes. Autre ennemi de ces apéros virtuels, les boissons sucrées. Il ne faut pas oublier de boire de l'eau. En grande quantité ». L'occasion de tester notre recette de nuggets de chou-feur ?

Cuisinons sainement ensemble

Dans la foulée, Annick Xhonneux propose une petite astuce. « On entend beaucoup dire que les parents cuisinent souvent pour occuper les enfants. Très bien. C'est peut-être l'occasion de faire autre chose que des gâteaux. Surtout si l'on ne bouge pas beaucoup. On peut les mettre à contribution pour préparer des brochettes de légumes ou de fruits en vue des apéros, par exemple. Il existe des recettes de pain facile à réaliser que l'on trouve sur le web. On peut préparer de délicieux pudding pour le dessert. Ou même de la soupe, ce sera peut-être une porte d'entrée aux légumes qui sait ? Le maître mot, c'est que l'on peut cuisiner ensemble autre chose que des recettes grasses ou trop sucrées ». Pas follement réconfortant, mais plutôt sain, ce nouveau régime confinement, non ?

Y.-M. V.-L.

Au menu ce soir

Nous avons demandé à notre diéticienne de nous préparer une assiette spécial confinement. Voici ce qu'elle y mettrait :

► Des légumes frais et variés.
► Un féculent ou une céréale (polenta/quinoa/blé...) ou un accompagnement type patate douce.
► Dans la semaine : une fois de la volaille. Ou une fois du poisson.
► Un fruit en dessert.
► De l'eau à volonté.

Inspiration goûter et petit déjeuner

L'ONE met à disposition des brochures avec des recommandations et des tas d'idées de recettes saines et appétissantes.