Vie de parent

Bientôt 3 ans : il rentre en maternelle

En Belgique, la majorité des enfants fréquentent l’école maternelle. 98 % des enfants âgés de 5 ans sont inscrits en 3e maternelle. Néanmoins, un petit pourcentage d’enfants ne la fréquente pas dès 3 ans. Certains n’y vont que de manière irrégulière. Pourtant, l’école maternelle joue un rôle décisif dans le développement psychomoteur, social et cognitif des enfants.

Bientôt 3 ans : il rentre en maternelle - Thinkstock

Cette entrée à l’école maternelle n’est pas anodine. Elle est même cruciale à différents niveaux. Pour une partie des enfants, c’est la première séparation avec le milieu familial. Pour d’autres, c’est le passage entre l’environnement «enveloppant» de la crèche ou de l’accueillante à un univers plus standardisé, organisé selon des règles bien précises. Idéalement, cette transition doit se passer en douceur, avec une attention au rythme de chaque enfant, ce qui suppose une disponibilité de l’enseignant(e), des aménagements spatiaux et temporels, une prise en charge globale de l’enfant (pas seulement cognitive !).

Et l'affection, bordel ?

Mais l’aspect « soins » (1), dont un petit bout de 2 ans et demi à 3 ans a encore tant besoin, est parfois difficile à assurer pour un(e) seul(e) enseignant(e) face à quinze enfants - voire trente dans certaines classes ! Ce dernier chiffre peut sembler fantaisiste, pourtant si les classes de maternelle surpeuplées ne sont pas la règle dans l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette situation existe malheureusement dans différentes écoles, notamment en Région bruxelloise.
Il est vrai que, dans ce cas, les enseignants bénéficient souvent du soutien d’une puéricultrice, mais rarement à temps plein. Un premier enjeu est donc d’avoir suffisamment de classes de maternelle pour pouvoir accueillir les jeunes enfants dans de bonnes conditions, non seulement en termes d’encadrement mais aussi de locaux (pour la sieste, pour la psychomotricité…) !
Cet enjeu est particulièrement criant à Bruxelles, où l’explosion démographique entraîne un manque de places en école maternelle, et ce particulièrement dans les quartiers les plus défavorisés (2). Or, les études ont montré que les effets positifs d’un enseignement préscolaire de qualité sont encore plus importants chez les enfants provenant de familles défavorisées.
Si l’on veut progresser en matière d’égalité sociale, il faut assurer au minimum une place en 1re maternelle, dans des classes à dimensions raisonnables, à tous les enfants dès 2 ans et demi. La Région Bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles ont engagé des moyens pour ouvrir de nouvelles classes, mais ils restent insuffisants par rapport au nombre d’enfants concernés.
Autre changement par rapport à la crèche ou chez l’accueillante : une journée d’école se termine généralement peu après 15h. Ce sont ensuite les accueillantes extrascolaires qui prennent le relais... avec des moyens très divers selon les écoles. Cette question de l’organisation de l’extrascolaire est particulièrement cruciale pour les tout-petits.

La place de l'autre

Une autre dimension sur laquelle notre école maternelle (comme l’ensemble du système scolaire) doit encore progresser est celui de la mixité sociale et culturelle. Comme le dit Philippe Meireu : « La découverte de l'altérité est au coeur du processus éducatif. Apprendre, c'est se laisser prendre par et dans l'altérité. C'est découvrir et accepter qu'il existe des êtres qui appartiennent à d’autres familles, mais aussi à d’autres quartiers, à d’autres communes, à d’autres pays. Que ces êtres peuvent ne pas vivre comme nous, ne pas parler comme nous, ne pas penser comme nous… tout en partageant avec nous ‘l’humaine condition’ ». Le choix des lieux d’implantation des écoles, les règles d’inscription, les projets pédagogiques, la formation des enseignants sont autant de leviers pour favoriser cette mixité enrichissante pour tous les enfants.
Les parents ont donc un rôle à jouer pour accompagner leur enfant au seuil de cette nouvelle aventure, dans un dialogue avec les autres parents, les enseignants et les directions.

(1) Le terme anglais « care » serait plus approprié, mais il est difficilement traduisible : il suppose les notions de soins physiques, soins psychologiques, d’affection, d’attention, d’écoute.
(2) Pénurie de places dans les écoles bruxelloises. Quelques causes et effets. Les analyses de la FAPEO, août 2012, Johanna de Villers

Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles

Pour en savoir +

La Ligue des familles a édité un numéro spécial du Ligueur et mon bébé sur la rentrée en maternelle. Pour le recevoir, trois possibilités :

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Fête des solidarités

Face à la crise, qu’elle soit financière, alimentaire, identitaire, écologique ou morale, certains citoyens belges et européens choisissent de se mobiliser pour inverser la tendance. C’est pourquoi la Mutualité Solidaris/Socialiste a décidé de créer la Fête des Solidarités, pour une société plus juste, plus éthique, plus solidaire.
Véritable moment de rassemblement, de débats, d’expression mais aussi de fête pour tous, elle se déroulera les 7 et 8 septembre à la Citadelle de Namur.
La Ligue des familles ne pouvait pas manquer ce premier rendez-vous. Elle y sera donc présente dans le Village des associations et vous invite déjà à passer un bon moment avec elle !

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