6/8 ans

Bilinguisme : à chaque école son immersion !

« Tous bilingues en 2001 ! », proclamait en 1996 la ministre de l’Enseignement de l’époque, Laurette Onkelinx. Excès d’optimisme ! Le bel objectif n’est toujours pas atteint mais, sur le terrain, les possibilités d’apprendre une deuxième langue se multiplient. L’enseignement en immersion, par exemple, se développe rapidement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Alors que dans l’enseignement fondamental, huit établissements seulement le proposaient en 1999, il existe maintenant dans 158 implantations)

Un décret de 2007 fixe un cadre et précise les modalités à remplir pour organiser cet apprentissage par immersion mais de très nombreuses modalités concrètes d’applications sont laissées à chaque pouvoir organisateur.
Sur le terrain, il semble bien exister autant d’enseignements en immersion que d’écoles qui le pratiquent. L’objectif général de cet enseignement en immersion est d’amener les enfants, en fin de 6e primaire, à des compétences les plus proches possible de celles d’un enfant néerlandophone du même âge. Mais chaque école peut viser un bilinguisme plus ou moins important.
Les formules sont variées : choix de la langue (néerlandais, anglais, allemand) mais aussi moment où l’on commence le programme : 3e maternelle, 1re ou 3e primaire, 1re ou 3e secondaire. Autre choix laissé au pouvoir organisateur : le nombre de périodes de 50 minutes dans chaque langue : de 8 à 21 de la 1re maternelle à la 2e primaire, de 8 à 18 de la 3e à la 6e pour ceux qui ont démarré l’immersion en 3e maternelle ou en 1re primaire, de la 3e à la 6e pour ceux qui la démarrent en 3e primaire. Variations également pour le secondaire.
Et ce n’est pas tout : si l’école choisit la répartition du temps entre les langues (50/50, 75/25 ou encore un 30/70), elle décide aussi quel cours est donné en quelle langue et si le même cours est ou non donné dans les deux langues. Un exemple : la théorie en calcul en néerlandais, les applications en français. Seuls les cours philosophiques doivent obligatoirement être dispensés dans la langue maternelle.
Enfin, le démarrage de la lecture en 1re primaire peut se pratiquer en langue maternelle ou en langue cible et celui de la lecture dans la 2e langue simultanément, après quelques mois ou plus tard.

EFFICACE ?
Actuellement, si l’inspection officielle joue son rôle d’évaluation et de contrôle, aucune étude ne permet de dire si certaines pratiques sont plus efficaces que d’autres.
Pour que l’enseignement en immersion soit efficace, il doit impérativement être un vrai projet d’école et non un moyen de garder ou d’augmenter la population scolaire. Il faut un pouvoir organisateur, une direction et des enseignants convaincus, prêts à un travail différent de celui qu’ils ont mené auparavant, un travail en concertation permanente et en tandem pour les instituteurs des deux langues d’une même classe.

PARENTS, PENSEZ-Y !
De leur côté, avant de prendre une décision, les parents auront pesé le pour et le contre, en fonction de leur enfant, de leur mode de vie, de la situation de l’école par rapport à la maison. Le choix doit rester raisonnable et ne peut être fait au détriment d’une qualité de vie. Un exemple : s’il faut priver l’enfant de tout loisir parce qu’il y a des kilomètres de trajet… l’immersion est mal partie.
Après tout, ne pas vivre l’immersion n’est pas une tare et il n’est jamais trop tard pour apprendre d’autres langues. Important aussi de la part de la famille : un soutien, un encouragement permanent parce que la motivation de l’enfant connaîtra des hauts et des bas, parce que ces apprentissages sont vraisemblablement plus exigeants que d’autres.
Choisir l’enseignement en immersion, c’est décider pour des années, viser le long terme. Voyager de l’immersion au classique ou vice-versa est très perturbant pour un élève. Autre conseil aux adultes : ne comparez pas les acquisitions de l’enfant en immersion avec celles d’une cousine ou d’un voisin du même âge dans l’enseignement monolingue : les acquisitions sont réelles mais ne progressent pas de la même manière.
On peut lire dans L’apprentissage précoce des langues. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ?, paru aux Presses universitaires (épuisé aujourd’hui) : « Le processus d’apprentissage comporte une phase de démarrage relativement lente, suivie d’un mouvement d’accélération, fondé sur le transfert des compétences (par exemple la technique de lecture). Ce qui apparaît comme un ‘retard’ par rapport à l’enseignement monolingue est ainsi rattrapé. On atteint dès lors (au moins) un niveau comparable à celui de l’enseignement traditionnel, mais dans deux langues au lieu d’une. »

Thérèse Jeunejean

BON A SAVOIR

EN SECONDAIRE AUSSI

Un enfant qui a suivi l’enseignement fondamental en immersion doit pouvoir le continuer dans le secondaire : ce qui, actuellement, n’est pas toujours possible, notamment avec l’application du nouveau décret inscription.
Cette situation devrait s’améliorer avec les années, mais mieux vaut, dès l’inscription en fondamental, s’informer de la suite possible. Et s’organiser, parents et enseignants réunis, pour qu’elle existe, si ce n’est pas encore le cas.

EN SAVOIR +

Sur les 158 implantations qui pratiquent le bilinguisme, 3 en allemand, 32 en anglais et 124 en néerlandais et un tas d’infos sur le site de l’asbl Bilinguisme en Mouvement.

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