Vie de parent

Bouger n’est pas sans danger

Bouger, marcher, faire du skate. Vélo, tram, bus et métro. Pour assurer la mobilité de nos enfants en toute sécurité, notamment sur le chemin de l’école, autant leur inculquer, dès le plus jeune âge, les règles élémentaires de la circulation. Prévenir pour que tout continue d’aller bien.

Bouger n’est pas sans danger

« Le vélo… à reculons ! »

« Notre vie est cadencée par les activités des enfants, et moi, j’en ai assez d’être de mauvaise humeur au volant ! Le matin, je croise des familles en convois de vélos vers l’école, les plus petits dans des remorques, il y en a de plus en plus. J’aimerais essayer, mais je crains pour leur sécurité. »
Inès, maman de Léon, 5 ans, et Lila, 8 ans

« Les entraîner aux bons réflexes »

« Chez nous, les enfants sortent en bande. Nous vivons à la campagne, ils marchent beaucoup, ils se déplacent à deux roues. Le plus important, c’est qu’ils se montrent responsables, qu’ils intègrent les indispensables de la sécurité routière, qu’ils aient de bons réflexes. »
Jérôme, papa de Loïc, 16 ans

« Parents, montrez l’exemple ! » 
Benoît Godart, Institut VIAS (ex-IBSR)

La voiture, d’abord. Selon nos études, plus de la moitié des enfants tués ou blessés sur la route sont des passagers : les petits trajets sont aussi dangereux que les plus longs. D’où l’importance de correctement les attacher dans un siège auto adapté tant qu’ils mesurent moins de 1m35. Seul 1 enfant sur 4 l’est et 13 % d’entre eux ne le sont pas du tout. Nous encourageons les parents à essayer d’envisager d’autres solutions que la voiture : à pied, à vélo ou en transports en commun.
Quand les enfants vont seuls à l’école, il faut les préparer en faisant avec eux plusieurs fois le trajet. Pointer les dangers, proposer un détour plutôt que de traverser un carrefour dangereux. La rue n’est pas un terrain de courses ou de jeux, surtout quand les enfants se déplacent à plusieurs. Enfin, le moment le plus à risque, c’est la traversée : exclusivement sur les passages cloutés, ne s’engager que lorsque le véhicule est arrêté, communiquer avec les conducteurs en cherchant leur regard.
Il faut que les parents montrent l’exemple : qu’ils attachent systématiquement leur ceintures, qu’ils ne traversent pas au rouge et, surtout, qu’ils n’attendent pas l’enfant de l’autre côté de la rue, tenté de se précipiter vers eux.
Les transports en commun, ensuite. Ce qui est important, c’est d’attendre que le tram ou le bus soit reparti avant de traverser. Envisagez avec vos enfants les imprévus. Que faire s’ils oublient leur abonnement scolaire (prévoir quelques pièces s’il faut payer un ticket), si le bus est bondé et que le conducteur ne s’arrête pas, etc. Il faut que l’enfant soit à l’aise et confiant.

« Un projet vélo-bus pour nos enfants »
Charles Decatiaux, directeur de l’école Saint-Joseph Boondael à Bruxelles 

À Saint-Joseph, chaque semaine, les 5e et 6e années vont à la piscine à vélo. Ils sont une quarantaine à se déplacer sur la voie publique, ce qui demande de respecter des consignes. Nous formons les élèves, mais aussi les enseignants et les surveillants qui accompagnent chacune de ces sorties. Le fonds Dominique De Graeve nous a permis de pérenniser notre projet Vélo-Bus Piscine et de poursuivre nos efforts de promotion de la mobilité douce, notamment en augmentant les places de parking vélo à l’école. Nous organisons une journée au cours de laquelle les familles apprennent à se déplacer avec des enfants sur un siège vélo, en remorque ou autonomes à côté de leurs parents.

« Deux roues : quelles précautions pour quel âge ? »
Les conseils de Florence Lecoq, Pro Velo

Plus qu’une question d’âge, tout dépend de la maîtrise de l’enfant. Nous préconisons une méthodologie par étapes : le faire rouler avec une main et puis avec une autre, s’assurer que le freinage est bien contrôlé. Dès qu’il maîtrise sa conduite, un enfant peut rouler en autonomie sur le trottoir jusqu’à l’âge de 9 ans. Veillez à bien l’encadrer et équipez-le d’un casque, même si ce n’est pas obligatoire. Il faut aussi qu’il soit bien visible (veste cycliste, bandes réfléchissantes). Il est prêt maintenant à assimiler et respecter les règles de base qui sont :

► On a le droit de rouler à deux de front s'il y a la place, surtout en apprentissage. Mais ce n’est pas très confort, ni applicable partout. Attention de bien laisser au moins un mètre entre les voitures et l’enfant afin qu’il ne risque rien lors de l’ouverture d’une portière.
► L’enfant se positionne devant et le parent à l’arrière, un peu plus à gauche pour éviter que les voitures ne frôlent l'enfant.
► Dans un sens unique limité (SUL), les cyclistes peuvent circuler dans les deux sens d’une rue à sens unique. Comme le danger vient de devant, l'adulte se met en tête et aux carrefours aussi.

Enfin, avant de vous lancer, n’hésitez pas à mettre au point une communication orale : stop, go, ralentis... Repérez les difficultés de l’itinéraire à l’avance. Si nécessaire, mettez pied à terre ou descendez du vélo pour franchir les difficultés et apprenez-leur le réflexe « radar », à savoir : identifier eux-mêmes les points de vigilance à avoir dans la circulation.

Aya Kasasa

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