9/11 ans

C’est dur de quitter papa-maman…

C'est chaque fois la même chose : à l'annonce du week-end louveteaux, Sam a mal au ventre. Il dit qu'il n'ira pas. Les adieux sont déchirants. Pourtant, les chefs disent que c'est un louveteau qui participe et joue de tout son cœur. Et, lorsque ses parents vont le rechercher après le week-end ou le camp, il est d’un enthousiasme absolu.

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Il y a des enfants comme ça. Ils ont du mal à se séparer et beaucoup de difficultés à s'endormir. Ils se relèvent, appellent, vont vérifier si papa et maman sont bien là. Exaspérés par ces couchers difficiles, ces départs compliqués, les parents ont parfois un peu honte face aux autres mères et pères qui les regardent amusés ou… condescendants.

La vie n’est que séparation

Mais la vie n’est que séparations et ce, dès la naissance. Cette question va donc les poursuivre toute leur vie et pour des multiples raisons. Soit parce qu’eux-mêmes ont vécu des deuils, des déménagements, des changements d'école, des séparations précoces… pour des raisons de santé, par exemple.
Soit parce que la question de la séparation est difficile pour l'un des parents qui, lui aussi, a vécu ces mêmes événements de la vie. Et ça vient à bas bruit, sans que cette mère (ou ce père !) en ait tout à fait conscience : au moment de quitter son gosse, l'angoisse refait surface.
Mais comment pourrait-elle faire le lien entre ces moments très difficiles pour elle et le problème de son enfant ? Elle est à mille lieues d’imaginer que cela puisse avoir une influence sur lui. Pourtant, l'enfant, en empathie très forte avec son parent, ressent cet état à peine perceptible : « Maman (ou papa) souffre quand on se quitte, je ne peux donc pas la (le) quitter en toute sécurité ». Le parent est tendu, donc l'enfant aussi. Le cercle vicieux s'installe.

Des traces dans la tête et dans le coeur

Pour pouvoir se séparer, l’enfant a besoin de se sentir exister de manière continue. Il a besoin de savoir qu’il laisse une trace dans la tête et le cœur de ses parents et que lui-même garde une trace d’eux. Ce besoin de continuité existe dès la naissance et se prolonge tout au long de la vie. Le tout-petit est rassuré par le foulard de maman dont l'odeur rappelle sa présence.
L’enfant, lui, est rassuré par sa maman qui lui dit : « J’ai pensé à toi quand j’ai vu un magnifique camion en partant ce matin… ». L’enfant se rend ainsi compte qu’il a laissé une trace dans le cœur de sa maman. Il sait qu’elle pense à lui, même quand il n'est pas là, qu’elle ne l’oublie pas pendant la journée et que lui non plus ne l'oublie pas puisqu'il peut lui raconter sa vie en dehors d'elle. Maman et lui ont passé une bonne journée l'un sans l'autre. C'est donc possible.

Le plein de câlins

Puisque le moment de séparation est difficile, cela vaut la peine de faire le plein de câlins à la maison et de rappeler à l'enfant qu'on ne traînera pas trop en le déposant à la réunion ou au départ du camp si on voit que c'est dur pour lui ou pour nous.
Car l’enfant a besoin d'être reconnu dans sa difficulté et de sentir que ses parents ont confiance en lui : qu’ils le savent capable, avec leur soutien, de gérer cette question. L'aider à inventer des solutions, faire avec lui le point des personnes qu'il peut appeler en cas de problème, le rassurer de la solidité de notre amour.
Reconnaître la difficulté de l'enfant est un des meilleurs moyens pour la surmonter. Lui dire qu'il est trop grand pour faire des histoires pareilles, qu'on ne pleure plus pour ça à son âge ne sert à rien. Bien au contraire : cela ne fait que diminuer sa confiance en lui, confiance dont il a tellement besoin pour y arriver !
Dans une même famille, il peut n'y avoir qu'un seul enfant présentant cette angoisse de séparation. Il ne faut surtout pas le stigmatiser mais, au contraire, être attentif à lui. Peut-être permettra-t-il à l'un ou l'autre de reparler de deuils ou d'événements jamais tout à fait soignés…

Mireille Pauluis

 EN PRATIQUE

  • Reconnaître les difficultés de l'enfant sans se moquer de lui.
  • Trouver avec lui ses solutions.
  • Faire des liens avec notre histoire, à nous parents.
  • Faire une provision de câlins avant de partir.
  • Dire à l'enfant que nous ne l'oublions pas et que nous avons survécu à la séparation et lui aussi.
  • Lui parler de son histoire et de la nôtre.
  • Regarder avec lui des photos et se rappeler ainsi les bons souvenirs vécus avec une personne disparue ou raconter un événement douloureux du passé et qui est maintenant dépassé.

BON À SAVOIR

Si frère et/ou sœur il y a…

Si les couchers sont laborieux, rappelons-nous que, jadis, les enfants dormaient à plusieurs dans la même chambre. Actuellement, dans nos pays, on pense que c'est mieux que chaque enfant ait sa chambre. Or, beaucoup d'entre eux s'endorment bien mieux quand ils ne sont pas seuls ! Pourquoi leur imposer une solitude dans ce moment si angoissant de l'endormissement ?

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