Vie de parent

Camps d’été en mode « bulle de 50 » : une pétition fait un carton

Fin mai, le feu vert a été donné pour les camps d’été organisés par les mouvements de jeunesse. Un feu vert, mais assorti de consignes. Les règles d’hygiène ont été rappelées, évidemment, certaines activités ne sont pas autorisées (comme les hikes). Mais la restriction la plus controversée concerne « la jauge ». Il faut respecter des bulles de 50 personnes maximum. Résultat, des patrouilles, des sections se retrouvent dans l’embarras. Et des parents aussi.

Camps d’été en mode « bulle de 50 » : une pétition fait un carton

« Le déconfinement est parfois plus difficile à gérer que le confinement, témoignage d’une maman à la veille de cet été dont la routine est perturbée par les mesures de déconfinement. Nos filles sont ensemble aux guides, mais dans leur groupe, ils sont plus de 50. Résultat, si ça reste en l’état, elles risquent de partir à des dates différentes. Cela va un peu compliquer l’organisation des vacances. »

Et voilà des parents qui se retrouvent face à un nouveau casse-tête après celui des retours en classe en ordre dispersé. « Bon, il n’y a pas mort d’hommes, mais, parfois, on essaye de trouver la logique des choses et là, on s’y perd ».

Le chiffre de 50 participant·e·s a été avancé comme une limite à ne pas dépasser. Une décision prise par le Conseil national de sécurité. Les camps, selon le CNS, « peuvent-être organisés, sous réserve de l’autorisation des autorités communales compétentes, à partir du 1er juillet 2020 pour un ou plusieurs des groupes de maximum de cinquante personnes, y compris les participants et encadrants. Ces groupes forment chacun une bulle sociale distincte durant le camp d’été ». Voilà la règle, mais elle ne plaît pas à tout le monde.

15 000 signataires en deux jours

Une pétition a été lancée cette semaine, elle s’est rapidement partagée sur les réseaux sociaux au point d’afficher 15 000 signatures au compteur. L’objectif ? « Adapter la taille de la bulle à la réalité de chaque section. Nous ne demandons pas de faire exploser ce concept de bulle, expliquent les rédacteurs de la pétition, mais simplement de prendre en considération la réalité d’une majorité des groupes qui ne peuvent s’en tenir au nombre strict de 50, au risque d’en laisser de côté ».     

 « Sincèrement, on ne s’imaginait pas que ça allait créer un engouement pareil, avoue Thibaut Martens, un des initiateurs de la pétition. Cela montre que ce n’est pas une problématique isolée. Le point qui ressort principalement, c’est effectivement qu’une des solutions vers lesquelles sont obligées de s’orienter les unités, c’est de diviser les camps en deux. Les camps qui duraient 10-15 jours se retrouvent ramené à une petite semaine…  Cela ne ressemble plus à grand-chose, ce n’est plus un grand camp. »

Lucie a 15 ans. Son unité est confrontée à une telle division. Elles sont 57. Pour un « excédent » de 7 participantes, son camp va être amputé de moitié et toute l’équipe ne sera pas réunie. « C’est le drame », commente Manu, son papa. Un cas qui est donc loin d’être isolé.

Thibaut Martens insiste : « Nous défendons le point de vue que pendant trois mois les enfants ont vécu confinés à la maison, les camps représentent une possibilité de renouer avec des amis tout en restant reste dans une bulle cohérente. Que celle-ci soit portée à 60 ou 70, ça ne change pas grand-chose ». Les pétitionnaires ajoutent que pour la moitié de camps perdue, il faudra trouver des solutions, garde chez les grands parents ou autre stage avec, de toute façon, exposition à un nouveau groupe de personnes.

Les Scouts n’apportent pas leur soutien

Ce mardi, les Scouts ont réagi à la pétition qui circule beaucoup au sein des mouvements de jeunesse. Surprise, le mouvement de jeunesse ne soutient pas l’initiative. « À 20 jours des premiers départs en camp, nous préférons accepter les règles établies pour que les animateurs puissent sereinement se concentrer sur la finalisation de leur camp. Ce sont les raisons pour lesquelles nous ne soutiendrons pas cette pétition ».

Les Scouts ont sondé les autorités compétentes. « Au vu des dernières mesures du CNS et des nombreuses interpellations que nous avons reçues, nous avons directement pris contact avec le cabinet de la ministre de la Jeunesse et avons déjà demandé si ce chiffre pourrait être modifié : tout indique que ce ne sera pas le cas ».

Thibaut Martens regrette la prise de position des Scouts. « Ils auraient mieux fait de ne pas s’exprimer et puis d’attendre pour voir ce que ça donnait. Là, il se sont positionnés contre, c’est un peu se couper de la base. Je ne trouve pas ça très productif de ne pas respecter le point de vue émis par certains parents ». Plusieurs de ceux-ci ajoutant que, de toute façon, quand on voit le revirement pour l’organisation dans les écoles, cela pourrait aussi bien se produire pour les camps scouts.

En conclusion, Thibaut Martens rappelle aussi que l’objectif n’est pas démesuré. « On ne demande pas des camps à 500, mais de fixer la jauge à 60-70. Cela resterait acceptable et ça permettrait de régler pas mal de situations sur le terrain ».

Quoiqu’il en soit comme l’écrit Catherine, une des signataires : « Le camp sera une belle perspective réjouissante sociale, de dépassement après 15 semaines de solitude, parfois d'oisiveté, peut-être la seule perspective de l'été pour beaucoup de jeunes. L'émulation avec les pairs, la solidarité, la distance par rapport aux parents (et Dieu sait s'ils en ont manqué !), les confidences, les rires sont indispensables pour les adolescents ». À 50 ou plus ? Cela dépendra, peut-être, de l’impact de la pétition, mais surtout, en priorité, de l’évolution de la crise sanitaire.

T. D.

Sur le même sujet

Feu vert pour les camps d'été des mouvements de jeunesse

La décision était attendue avec impatience par tous les mouvements de jeunesse. Sera-t-il possible oui ou non d’organiser les camps d’été ? Un comité de concertation regroupant les différents gouvernements (fédéral et entités fédérées) s’est posé la question ce vendredi. La réponse est oui. Mais ces camps devront se dérouler de façon bien précises, tout comme les stages, plaines de jeux et toute autre activité estivale qui s’adressent aux jeunes.

 

Camp scout : quels bienfaits ?

À l’approche des grandes vacances, ils seront des milliers, inscrits dans les mouvements de jeunesse, à prendre la route du camp d’été. Au-delà des deux semaines de fun et d’aventures qu’il représente, ce camp a aussi des vertus insoupçonnées pour votre ado. Avec Noëlline, ancienne guide et chef, on vous explique.

 

Camps, plaines et activités d’été : réponses aux questions des parents

Les activités estivales pour les jeunes et les enfants pourront donc se dérouler dès le 1er juillet. Les « protocoles » pour l’organisation de ces événements viennent de sortir. Ils ont été envoyés aux organisateurs d'activités pour qu’ils se conforment à toute une série de règles. Nous les avons parcourus pour répondre à plusieurs de vos questions.

 

« Oups, le stage ADEPS des enfants est annulé cet été ! »

L’Adeps, qui organise nombre de stage sportifs durant l’été, est en train de contacter des parents qui avaient réservé des places pour les grandes vacances. Avec, à la clé, parfois une mauvaise nouvelle. Plusieurs stages sont annulés et il s’agit de trouver des formules de rechange.

 

Camps d’été : « la bulle des 50 » reste la norme

La bulle des 50 personnes pour les camps estivaux devra être scrupuleusement respectée par les mouvements de jeunesse. Une pétition avait été lancée par des parents qui voulaient que cette règle soit aménagée pour permettre d’élargir le cercle des participant·e·s. Les 19 000 signataires ont été entendu·e·s, mais pas leur revendication…