Catherine, la bonne étoile des parents

Appelez-les Super. Tout simplement Super. Quand l’actu déprime, cette rubrique est là pour remonter le moral. Son objectif ? Mettre en scène des héros. Ceux qui rendent l’espoir possible. Il n’existe hélas pas grand monde pour parler d’eux. Nous leur ouvrons donc grand nos colonnes.

Catherine, la bonne étoile des parents

Allez, faisons semblant de ne pas connaître la réponse. Le temps vous manque ? Et avec lui, la patience peut-être, ou l’organisation ? Vos enfants vous semblent dispersés, déconcentrés ? Hé bien, figurez-vous que notre Super du jour, Catherine Delhaise, a mis au point une méthode très pratique sous forme de jeu : la méthode Félicitée. On revient sur ses débuts, ses combats et ses conseils qui, en quelques minutes seulement, vont peut-être changer pas mal de choses.

Depuis le début de cette rubrique, c’est la première fois qu’un·e protagoniste est aussi enthousiaste à l’idée de se faire tirer le portrait dans le Ligueur. Non pas par égotisme, mais dans un vrai souci parental. Après quelques minutes de conversation, Catherine Delhaise laisse exploser un réconfortant : « Oh, mais c’est génial pour les familles que vous parliez de ma méthode. Je suis intimement convaincue qu’elle peut apporter beaucoup. Tant aux enfants qu’aux parents ».

« Je ne sais pas si c’est votre méthode, mais… »

La méthode « Félicitée » ? Le nom va effrayer les lecteurs les plus cartésiens. Il s’agit d’une étoile descendue du ciel pour aider les enfants à mieux utiliser leur potentiel. Celle de Félicitée asbl a deux bras, deux jambes, il s’agit donc d’une étoile qui a bien les pieds sur terre.
C’est le sentiment que va nous donner sa conceptrice qui, tout au long de l’entretien, ne versera jamais dans un mysticisme sucré, ni même dans des concepts de l’espace. Elle entame cependant son histoire en parlant pudiquement de « transformation intérieure ». Sans en dire plus. De là, elle entame un travail avec des enfants en séance individuelle en tant que kinésiologue et psychologue corporelle.
« J’ai utilisé plusieurs outils qui m’ont aidée. J’ai développé toute une série d’exercices spécifiques très concrets, basés sur différentes techniques corporelles sur le mouvement et la respiration qui m’ont permis d’abord de me sentir mieux dans mon corps et de mieux aérer mon cerveau ».
Cette petite gymnastique physique et cérébrale fonctionne auprès des enfants. Elle obtient de très bons résultats. À tel point que certains médecins lui envoient leurs petits patients qui souffrent de troubles de l’attention, de problèmes de concentration, de difficultés d’apprentissage, etc. Puis avec eux, suivent des enseignants qui viennent pour leurs propres enfants. « Je me rends compte qu’ils ne sont pas formés pour les troubles spécifiques des apprentissages », rembobine Catherine Delhaise.
De là naît une mission, aussi simple à formuler que complexe à développer : permettre au plus grand nombre de profiter de sa méthode. Pendant deux ans, elle s’échine à trouver la formule optimale. Elle fait donc le tour des écoles, multiplie les animations et tente alors d’aider les enfants. Hélas, les débuts sont laborieux.
« Ça foire ! Ce qui devait les calmer les surexcite. En réalité, avec le recul, je me suis rendu compte que je manquais tout simplement d’expérience de classe. Ça s’apprend, évidemment. Alors je me suis appuyée sur les enseignants. J’ai découvert ce monde passionnant, très diversifié. J’avance de façon très scientifique, j’observe, je tâtonne, je recommence… »
En un mot, notre experte part de l’enfant. Petit à petit, elle peaufine son matériel qui consiste en une série de cartes, qu’elle trie, qu’elle hiérarchise pour arriver à un ordre qui permet à chacun d’évoluer à son rythme.
Sept formules différentes et des milliers d’heures passées à l’école, la formule fonctionne. Les enseignants eux-mêmes le remarquent avec cette petite phrase qui fait montre d’une certaine réserve : « Je ne sais pas si c’est votre série d’exercices, mais depuis qu’il s’y est mis, Loïc est beaucoup plus calme / Kevina est beaucoup plus concentrée / Romain est plus détendu… ». Mais alors, de quoi s’agit-il ?

Le mieux est l’ami du bien

Nous avons reçu la méthode avant de rencontrer sa conceptrice. « Félicitée » est vendue en plusieurs formules. À partir de 55 euros. Une roue à thématiques multiples comme le stress, la concentration, la motivation, etc. Et un jeu de cartes illustrées qui est agencé en fonction d’un code couleur que l’on emploie selon les objectifs que l’on souhaite atteindre. Type : concentration, apprentissages, troubles dys et TDHA, langage, aide aux devoirs, gestion des émotions, etc.
Concrètement, il s’agit de séries d’exercices qui prennent maximum sept minutes par jour, avant l’école ou avant d’attaquer les devoirs. « Ils permettent de se sentir mieux dans son corps et d’être centré pour commencer une activité ». Ce que l’on aime dans l’approche de sa conceptrice, c’est qu’elle s’appuie sur des maux comme le manque de temps. Au-delà des exercices corporels simples et efficaces dont elle se sert comme outil, elle propose surtout de (re)créer un lien entre parents et enfants.
« Souvent, des petits se mettent eux-mêmes en difficulté pour attirer l’attention d’un parent ou d’un professeur. Ce que je propose est au final plein de bon sens et va peut-être permettre aux gamins d’éviter de se voir prescrire des psychostimulants. Médicamenter un enfant, si on peut éviter, autant essayer. Je propose des abdos du cerveau. Si on les fait tous les jours, on se muscle. Et si on arrête, la petite brioche revient », plaisante-t-elle.
Toute cette série d’exercices a été saluée par le monde enseignant et les professionnels de l’enfance. Depuis, 20 000 d’entre eux sont passés par l’expertise de Catherine Delhaise. « J’ai travaillé avec les différents réseaux de formation des écoles tels que le CECP et l’IFC. J’ai formé donc énormément de personnes. C’est hélas terminé depuis le Pacte d’excellence - comme beaucoup d’autres cycles de formations - qui ne fait pas du bien-être à l’école sa priorité ».
Seulement, beaucoup de parents lui demandent de continuer. Tiens, les parents, qu’en disent-ils ? « J’ai de super retours. Certains me racontent, par exemple, qu’avant d’utiliser ma méthode, les petits déjeuners, c’était galère. Puis, le matin, après la douche, ils se sont mis à faire mes exercices, régulièrement. Dans l’ordre, c’est très important. Et depuis, non seulement les enfants mangent, mais tout le monde part dans la bonne humeur. J’ai un autre témoignage d’une jeune fille de 13 ans qui faisait des exercices avec sa maman tous les jours. Chacun d’entre eux commence toujours par le fait de boire un verre d’eau. La jeune fille a senti de tels changements - c’est-à-dire qu’elle s’est vue plus en forme, avec plus de peps - qu’elle s’est demandée si sa mère ne mettait pas un truc dans son verre ! ». Nous avons poussé l’exercice journalistique jusqu’à faire un petit test auprès d’une personne de notre entourage…

Regardez-les grandir

Il s’agit d’une maman qui élève seule ses deux petits, sa fille de 8 ans, diagnostiquée autiste, et son fils de 5 ans. Comme beaucoup de mamans solo, elle court. Son verdict est sans appel. Après s’être penchée très rapidement sur la question, elle abandonne. Sept minutes par jour, ça peut être trop long pour certains parents. On en fait part à Catherine Delhaise qui ne semble pas surprise.
« Plusieurs parents m’ont fait la remarque. Dans ces cas-là, j’ai des combinaisons que j’appelle les ‘équilibrations express’ qui prennent juste trois à quatre minutes par jour. J’ai d’ailleurs de très bons résultats avec les enfants diagnostiqués autistes. Les logopèdes me rapportent qu’ils voient les résultats avant/après. Tout comme certains professeurs très rationnels qui ont établi des statistiques pour évaluer la méthode et en sont ressortis convaincus ».
Catherine Delhaise est tellement enthousiaste qu’elle assure le service après-vente. « Je recommande aux parents d’en discuter avec moi. En fonction des besoins, je peux les orienter sur tel ou tel exercice. Encore une fois, le mieux est de partir de l’enfant. Lui laisser le choix des couleurs des cartes ou du bonhomme sur la roue. Quand c’est pratiqué de cette manière, ça fonctionne ».
L’outil se décline de 3 à 99 ans, se félicite Catherine Delhaise qui intervient également dans les entreprises, auprès des ados et conseille également des étudiants. « Si je devais établir une moyenne, je dirais qu’au bout de dix jours, les enfants en maternelle gagnent en moyenne trente minutes de concentration par jour, une heure pour les primaires, deux heures pour les secondaires et trois heures pour les adultes. Évidemment, c’est au cas par cas ».
Qu’on soit convaincu ou non, finalement, ce n’est pas vraiment le sujet. Nous avons été séduits par l’approche ludique. Réussir à dépasser les difficultés par le jeu et une petite discipline quotidienne, ça, on y croit dur comme fer. Dans ce sens, Catherine Delhaise explique au détour de la conversation : « Je ne cherche à convaincre personne. Mais, observez par vous-même, pendant une dizaine de jours, que si vous prenez le temps de vous asseoir par terre (j’insiste) un quart d’heure à ne rien faire d’autre que regarder votre enfant jouer, ça fait des miracles. Ça s’appelle l’enracinement. C’est une façon de se sentir lié ».
Nous, au Ligueur, on appelle ça tout simplement regarder son enfant grandir… Et on vous assure qu’il n’y a rien de plus précieux.

Yves-Marie Vilain-Lepage

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Pour se procurer le jeu, se former, organiser des formations gratuites en école, etc. : felicitee.bereussite@felicitee.be