Vie de parent

Cinq idées de jeux pour transformer
la maison en monde imaginaire

Lorsqu’on reste enfermé chez soi, l’important c’est de préserver et d’entretenir son pouvoir d’imagination. C’est lui qui vous permet de vous évader, de traverser, tel un garou-garou virtuel, les murs qui vous entourent. Pour les enfants, c’est pareil. Et c’est là que vous avez un rôle à jouer. Bonne nouvelle. C’est fun et motivant !

Cinq idées de jeux pour transformer la maison en monde imaginaire

Voilà donc une sélection de cinq activités en intérieur qui ne demandent pas beaucoup de matériel, mais beaucoup de fantaisie, une bonne dose de créativité et un peu d’organisation. En tant que parent, on ne réunit pas toutes ces qualités. Ou, du moins, on ne les développe pas toutes de la même façon. Certains seront plus dans l’imaginaire, d’autres dans les règles. Chacun son truc. Le tout, c’est d’exploiter au maximum sa qualité majeure sans oublier de faire bouger les lignes par rapport aux autres où on se sent moins à l’aise. Allez, c’est le moment de lâcher prise.

1. Construire une cabane 

Le classique des classiques. Qui n’a pas fait ça ? Se construire son petit univers perso de bric et de broc avec, par-dessus, une structure qui fait penser à une cabane. Deux options.

La première, vous organisez un moment de construction collectif au coeur de la maison (living, salle à manger), mais ce sera forcément temporaire. On joue le côté exceptionnel. On met le bordel pendant deux heures, mais après tout rentre dans l’ordre. Une espèce de parenthèse « carnaval » où (presque) tout est permis. Bon le plus difficile sera de mettre à la fin à l’expérience entre frustration et « Allez maman, encore une heure. » D’où l’importance de bien fixer les règles du jeu au départ.

Deuxième option qui peut d’ailleurs suivre la première en mode consensus. La cabane dans la salle de jeux ou la chambre des enfants. Là, elle peut subsister un peu plus longtemps sans ennuyer trop de monde. À vous de voir ce que vous acceptez ou pas. Cette cabane, c’est l’occasion pour l’enfant de se créer un territoire bien défini en ces moments de crise, un peu à l’écart des adultes (pas toujours très cool et détendus 😉). Cela va doper leur rêverie et leur créativité. Par ailleurs, c’est un mystère, Le temps s’y écoule un peu plus vite.

2. Organiser une chasse au trésor 

Quoi de plus excitant pour l’imagination qu’une chasse au trésor ! Que le magot soit caché par des pirates, des trolls, des extraterrestres ou des gobelins, c’est toujours un moment épique qui peut se révéler fédérateur et vecteur d’enthousiasme.

La chasse au trésor peut s’organiser de façon très sommaire, un « trésor » caché dans la maison, un message à décoder. Le « dix heures » ou le « quatre heures » peuvent ainsi être au centre d’une telle quête ludique. Mais on peut pousser le jeu beaucoup plus loin.

Un exemple ? Vous lisez un livre à vos enfants. De pirates, par exemple. En refermant le bouquin, une carte ou une lettre glisse du livre. Vous vous étonnez. « Tiens qu’est-ce que c’est ? C’est à toi Jules ? Non ? ». Vous partagez le fruit de votre découverte qui se révèle être une invitation à chasser le trésor.

Évidemment, cela demande un peu de préparation. Il y a la lettre, mais aussi les différentes épreuves qui jalonnent la chasse. Les pièces de la maison deviennent les éléments d’une carte de pirate. Vous leur avez donné des noms qui font rêver. La cuisine devient « La cambuse des pirates », la salle de bain se transforme en « Fontaine de la force infinie », le hall est rebaptisé « Couloir du temps », etc. Plus vous jouez le jeu à fond, plus les enfants seront pris dans leurs recherches. C’est l’occasion aussi d’ajouter des éléments historiques, géographiques, voire scientifiques, dans votre « chasse », histoire d’allier ludique et didactique.

3. Imaginer un parcours motricité

Pour les plus petit·e·s, remettons un peu de désordre dans la maison en leur confectionnant un petit parcours motricité improvisé. Tunnel de chaises. Rivière de coussin. Fils tendus qu’il faut éviter. Bon attention à la casse. Gare aux bruits pour les voisins. Mais pour les plus petit·e·s, c’est distrayant, ça les remet dans un bain « scolaire » et, clairement, ça développe leur psychomotricité.

4. Créer un jeu de société avec les enfants

Construire un jeu société de A à Z induit un sentiment de fierté chez l’enfant. Vous rappelez-vous dans le dernier Toy Story de cette petite fille qui se bricole un jouet avec une fourchette en plastique. Cela devient son joujou favori alors que c’est un simple déchet. Créer, c’est s’approprier.

Question organisation, c’est comme pour la chasse au trésor. Un jeu de société peut se créer en deux coups de cuillère à pot. Il peut être la simple adaptation « faite à maison » d’un jeu de dame ou d’un nain jaune. Mais on peut aller beaucoup plus loin dans le processus en fonction de l’âge des enfants.

On peut ainsi imaginer un plateau de jeu de société. Cela un vrai projet de famille à mettre en place sur la longueur. On imagine un environnement, des lieux fictifs, des personnages. On définit ensemble des règles. Ensuite, on confectionne le jeu avec ses ressources créatives. Et, enfin, on joue. Pour pousser le bouchon encore plus loin, on peut même se lancer, collectivement, dans une campagne de pub imaginaire pour « vendre » son jeu : affiches, dépliants publicitaires, annonces radios, publicités vidéo sur le web. Pour peu, voilà que la famille se transformerait en véritable petite start up.

5. Réinventer un livre

Enfin, on aime beaucoup la lecture au Ligueur, vous le savez. Mais là, on va vous la décliner en mode un peu punk. Lire un livre, ça peut aller au-delà du simple fait de respecter le cadre strict des mots et des images qui sont sous vos yeux. Ce qu’on vous propose ? De temps en temps (ne pas en faire la norme, la régularité tuerait la surprise), réinventez l’histoire, utilisez les images pour raconter une autre histoire complètement déjantée. Ça marche avec les livres pour enfants, mais aussi les bandes dessinées.

Vous pouvez réaliser cela avec les enfants, les impliquer dans l’élaboration d’un nouveau récit autour des images d’une histoire courte et déjà connue (du moins au début). Ils devront puiser dans leur créativité et élaborer une logique propre à leur nouveau récit. Vous pouvez aussi en faire un moment particulier, impromptu, en pur freestyle. Inventant des répliques en cours de lecture. Réinventant des situations à partir de dessins connus. Cela demande beaucoup d’agilité et de flexibilité, mais cela peut générer un joli petit délire familial.

Une remarque toutefois, si l’enfant n’apprécie pas de voir « trafiquer » ainsi son livre, s’il ne rit pas pas, mais s’interloque sans joie, ne prolongez pas l’expérience. Les enfants aiment aussi avoir des rituels qui passent notamment par lecture d’ouvrages lus cent fois. C’est pour cette raison qu’on vous conseillera d’abord de tester la chose sur un livre moins « sacré ».

Thierry Dupièreux

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