Coaching scolaire :
« Mais qu’est-ce que tu vas faire » ?

Perdus, vous ne savez plus que faire : l’école et votre enfant, c’est devenu l’enfer. Tout se passe mal, les bulletins vous plongent dans l’inquiétude. Vous avez tout essayé, rien n’y fait : ça coince, il se sent mal, l’atmosphère à la maison se dégrade... Et si vous alliez à la rencontre d’un coach scolaire ?

Coaching scolaire : « Mais qu’est-ce que tu vas faire » ?

Le rêve, avec l’école, c’est quand votre fils avance sans encombres, qu’il s’y épanouit. Lorsque votre fille se passionne pour ses options, ramène des bons points à la maison. Mais le parcours scolaire peut devenir synonyme de stress quand ça ne se passe pas très bien. Ennui, démotivation, découragement, dégoût, décrochage, dépression, échec.
Échec : voilà, le mot est lâché. Parfois les enfants souffrent à l’école, ça patine et ils ne s’en sortent pas. Il faut agir, sans tarder, les comprendre et les soutenir. Vous avez probablement effectué le parcours du combattant, exploré toutes les options de soutien. Il est peut-être temps d’explorer le « sur-mesure », avec le coaching scolaire, comme le pratique Anouchka De Jonghe, coach PCC, certifiée de la Fédération internationale de coaching (ICF).
Quand elle reçoit le Ligueur dans son cabinet de la périphérie bruxelloise, c’est pour transmettre immédiatement son enthousiasme : « Le coaching, c’est de l’accompagnement personnalisé. Le principe est simple : le jeune acquiert progressivement de l’autonomie, il s’entraîne à réfléchir par lui-même et se responsabilise », explique-t-elle.
Anouchka De Jonghe vient de la publicité et du marketing. À peine son master en poche, elle entame des formations au coaching, en assimile les outils dans différentes écoles. Le métier rencontre ses valeurs : elle se sent utile, « toujours dans la communication, dans l’aide à l’humain », elle apprécie l’action et le fait de créer des relations. Et finit par se spécialiser dans le coaching scolaire, parce qu’elle adore la spontanéité des enfants, le travail avec eux.

Le coaching, ce n’est pas de la remédiation, c’est utiliser les forces de chaque enfant pour réussir 

« Les enfants sont vrais, directs, pleins de vie. C’est génial de leur donner des outils qui leur permettent d’avoir confiance en eux, les révéler à eux-mêmes et à leur entourage ! Soutenir un enfant de 12 ans à développer sa confiance en soi, ses relations, c’est tout simplement miraculeux. Les accompagner, pour qu’ils trouvent leur voie, développent leurs talents, découvrent que leur intelligence est aussi valable que celle des autres. C’est ce qui importe, bien plus que la réussite scolaire à proprement parler, qui représente la partie immergée de l’iceberg. »

Le mauvais bulletin est un symptôme

« Le cahier de notes inquiétant est souvent déclencheur : les parents réalisent la gravité de la situation. Les remises de bulletins sont les périodes où je reçois le plus de coups de fil ! Les difficultés scolaires sont un indicateur. Bien entendu, il ne s’agit parfois que d’un problème d’apprentissage : je dirige alors les jeunes vers un méthodologue, une école de devoirs, des spécialistes qui vont pouvoir les aider à assimiler. Mais face à une démotivation, on cherche ailleurs. Parfois, ces difficultés sont le reflet de problèmes à la maison, avec des camarades ou des professeur·s : dans ces cas, on peut travailler la confiance en soi, l’assertivité, l’amélioration des relations. »
À partir de quel âge faire appel à un coach ? « Pas pour des élèves du primaire, précise la spécialiste. On commence le coaching scolaire vers 12 ans : c’est une question de maturité, avant cet âge, les notions de responsabilité, d’engagement et d’autonomie sont un challenge. Or, la quête de l’autonomie est capitale dans le coaching scolaire. Avant le secondaire, on conseille aux parents ou aux accompagnateurs de se faire coacher eux-mêmes, c’est leur responsabilité qui est engagée, c’est à eux de transmettre. Lorsque c’est nécessaire, je renvoie les plus petits vers des pédopsychiatres spécialisés, notamment dans les troubles d’apprentissages. »

Un processus progressif

Le coaching scolaire, c’est un contrat tripartite, que l’on peut réviser selon ce qui émerge au cours des séances. « Les parents sont activement impliqués, ce sont eux qui paient, ils sont libres de décider à tout moment d’interrompre ». La notion du temps est essentielle. Quand on évoque des objectifs à six mois à un jeune ado, cela lui paraît très lointain. C’est pourquoi en pratique, il est important de faire un bilan après quelques sessions.
Malheureusement, beaucoup de parents s’arrêtent avant la fin, car ils attendent des résultats immédiats. Ils veulent que « cela se voie », espèrent des bonnes notes. Ils ne voient pas que le jeune s’ouvre, qu’il est en train de s’épanouir, qu’il apprend à s’affirmer. Le processus dépend de chacun : en moyenne, il faut compter cinq à dix séances pour avoir du résultat. Cependant, on peut déjà en quatre séances constater un élan, une prise de conscience. Parfois, ce tremplin suffit, c’est le coup de pouce, la validation dont avait besoin le jeune, il peut poursuivre seul, et c’est une grande satisfaction pour moi ! ».
Autre aspect à prendre en compte, celui de la confiance : « Le jeune est en confidentialité totale. Ce qui se dit en séance est secret. Sans pour autant le laisser sans soutien : si je détecte un danger sérieux, ce qui est rare, les parents seront alertés ».

En pratique : chercher l’impulsion

« Ils viennent chercher comment s’organiser pour étudier, se sentir mieux, être à la hauteur. On cherche, on développe, on trouve des trucs. Je fais parfois des tests, non pas pour enfermer le jeune dans une case, mais pour ouvrir des possibilités. On réalise souvent qu’il a des facilités dans des matières particulières : il faut pouvoir les exploiter ».

« Un jeune qui a confiance en lui n’a pas besoin de se comparer aux autres, il utilise son potentiel, sans se survaloriser » Anouchka De Jonghe, coach scolaire

Anouchka De Jonghe fait aussi beaucoup d’orientation pour des ados de 17-18 ans (Rester dans le général ? Se lancer dans le technique ?) ou de la réorientation, notamment à l’issue d’un cursus supérieur. « De telles décisions gagnent à être faites par choix et non par dépit ! Certains ont des goûts marqués, souhaiteraient se former en art, par exemple, mais les parents freinent, ils craignent pour les débouchés futurs. Quels sont les avantages et les inconvénients d’une filière ? Qu’est-ce qui les fait rêver ? Qu’est-ce qui les amèneraient à se lever à 5h du matin avec la pêche ? Des enfants qui le découvrent, c’est merveilleux ».
Grâce au coaching, le jeune est encouragé à écouter ses envies, les confronter à la réalité et explorer différentes options, pour une décision qui lui correspond vraiment, ou le plus possible. Il va investiguer, connaître ses forces, ses faiblesses, poser son choix lui-même. »

Remettre du sens

La motivation, le relationnel, la confiance ne sont pas tout. En priorité, on constate que les élèves ont surtout besoin de trouver un sens à ce qu’ils font, très tôt déjà. « Ils se demandent à quoi ça leur sert. Pourquoi faire des fonctions qu’ils pensent ne jamais avoir à utiliser ? En chimie, par exemple, on voit des formules rébarbatives : il faudrait expliquer par exemple que monter une mayonnaise, c’est une réaction chimique. Remettre du sens, c’est déclencheur, insiste Anouchka De Jonghe.
Dernière chose à aborder : le coût du coaching, qui ne doit surtout pas constituer un frein. « Je fais ce métier par passion, et je pratique des tarifs spéciaux quand cela est nécessaire. Il faut que les parents osent en parler, il existe toujours des solutions. Le plus important, c’est de faire appel à des coachs certifiés : ils auront la certitude d’avoir affaire à des gens formés ».

Aya Kasasa

Un parent en parle...

Comprendre et apaiser les crises

« Je suis tout à fait pour. Quand la scolarité est difficile, le coaching contribue à renouer une relation parent-enfant abîmée par les difficultés. Il permet de comprendre, d’apaiser les crises et de dissoudre pas mal de tensions. »
Yanis Diop, 35 ans, papa de deux enfants

En pratique

Pourquoi choisir un coach accrédité et certifié ?

  • Parce que c’est la garantie de son professionnalisme. Vous êtes sûr·e qu’il maîtrise les compétences essentielles qui définissent les aptitudes requises.
  • Parce qu’il adhère et respecte une déontologie, un code éthique. Il ne sort pas de son rôle. Il est garant du cadre, du processus.
  • Parce qu’il a suivi un processus d’examen rigoureux et qu’il est soumis à une surveillance professionnelle à travers un processus de supervision continu et indépendant.
  • Parce que, lorsque votre préoccupation ne relève pas de son domaine, il n’hésitera pas à vous orienter vers les bonnes personnes (psychologues, cliniciens, scolaires…).

« Les gens mélangent un peu tout, car le coaching scolaire est encore récent. Prudence : trop de personnes s’autoproclament coachs, alors qu’elles font de la remédiation. Il n’y a pas suffisamment de communication sur les différents types d’accompagnement aux difficultés scolaires. De plus, le terme peut être trompeur, parce qu’il ne parle que du scolaire, qui est souvent le point d’entrée. Or, c’est en réalité du coaching de jeunes. Beaucoup de choses se développent, les profs s’intéressent aux nouvelles techniques, ils se forment en cours de carrière. J’ai déjà formé des enseignants, des responsables de mouvements de jeunesse. Ils ne deviennent pas coachs, mais ils assimilent des outils de coaching qui leur permettent d’orienter les parents et les jeunes. En définitive, le but est toujours d’aller vers l’épanouissement et l’accomplissement. »

À lire

  • Coaching scolaire. Augmenter le potentiel des élèves en difficulté, Gaëtan Gabriel (De Boeck). Dans cette mine d’informations sur le coaching scolaire, l’auteur évoque cette « discipline de l’optimisation, toujours orientée sur la qualité des performances ». Du coach, qui « s’installe dans une logique de l’acteur », qui met la personne en action. Centré sur le développement du potentiel de son client, « il ne fait pas à sa place, il n’apporte pas de solutions toutes faites. À la frontière de plusieurs disciplines : pédagogie, social, psychologie, il accueille le jeune dans sa globalité, avec empathie ».
  • L’école… Alerte niveau 4, Christophe Quittelier (Academia). Parler de coaching scolaire, c’est aussi parler de l’école. Dans cet ouvrage, l’auteur dresse un constat accablant des ravages de l’orientation par la négative. La hiérarchie est implacable : « Si cela ne marche pas dans le général, il ira en technique, sinon, l’enseignement professionnel est toujours possible et en bas de l’échelle, il reste encore le spécialisé »... Et il pose la question : qu’en est-il du projet personnel du jeune, celui qui lui permettra de s’améliorer, de développer ses ressources ?

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