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Colère : 7 conseils pour ne pas rougir de honte

Jules s’arrête en plein milieu du supermarché et devient rouge de colère, il se met à hurler comme si vous le bâtiez comme plâtre, il refuse de faire un pas de plus et vous êtes rouge de honte. Rassurez-vous tout va bien ! Tous les psychologues vous le diront, vers 18 mois votre enfant entre dans la phase d’opposition dite « période du non ». C’est non seulement normal, mais bénéfique à son développement.

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Juliette, au moment d’aller prendre son bain, vous regarde dans les yeux et d’un ton autoritaire vous assène un « NON » fracassant, puis se roule par terre en poussant des cris stridents. Il y a des jours où l’on se demande qu’est-ce qui nous a pris de vouloir un enfant. Qu’est ce qui cloche dans l’éducation qu’on lui donne ?

La colère, un langage

Vous dire : « Non » est une façon de vous dire : « Je suis ». Le savoir, c’est déjà rassurant. Le laisser exprimer sa colère, son désaccord… c’est le laisser grandir. Néanmoins, le cadre et les limites restent nécessaires et la difficulté est de trouver le juste milieu, de ménager la chèvre et le chou. Pas toujours évident, mais tous les parents passent par là. Lorsqu’il découvre les premiers interdits parentaux, votre enfant se sent tiraillé entre l’envie et la peur de braver l’interdit. À son âge, la zone du cerveau qui contrôle les émotions est encore immature. D’où ces manifestations parfois très impressionnantes : hurlements, cris stridents, ruades, roulades à terre… Que faire ? Tout d’abord, il est essentiel de garder son calme. Rien ne sert de crier plus fort que lui. Chercher à lui montrer que vous êtes le plus fort, c’est lui montrer le mauvais exemple et contrer ses pulsions qui le poussent à devenir plus autonome. Mais à chaque enfant sa solution et il faut parfois tenter différentes choses avant de trouver ce qui fonctionnera le mieux pour votre petit bout. La patience est donc le maître mot.

Et si vous tentiez…

  1. Temps de repos. Face à une colère qui monte, il est parfois intéressant de créer un temps de repos et d’essayer de faire diversion en changeant de sujet. Ou le mettre devant ses contradictions : « Bon, j’ai bien entendu, tu ne veux pas t’habiller, mais il faut que nous sortions et tu ne peux pas y aller tout nu ! ». Lui proposer d’écouter sa musique préférée, le temps qu’il s’apaise… Restez à côté de lui, mais remettez la discussion à plus tard.
  2. Chuchotements. Quand votre enfant se met à hurler, il est parfois efficace de s’accroupir près de lui et de lui chuchotez quelque chose à l’oreille. Au début il n’entendra rien avec les hurlements de sa rage, mais curieux, il finira peut-être par tendre l’oreille pour écouter ce que vous lui racontez tout bas. Dites-lui, comme un secret, ce que vous avez cru comprendre de sa colère, il y de fortes chances pour qu’il se calme peu à peu.
  3. Non au bras-de-fer. Evitez les rapports de force. Chaque fois que c’est possible, donnez-lui le choix : « Tu aimes mieux mettre ton manteau rouge ou le bleu ? » Prévenez les échéances : « Dans 5 minutes, il faudra arrêter ton jeu. Ça te laisse le temps de finir d’habiller ta poupée et de ranger ses vêtements dans la boîte. Ensuite on ira prendre ton bain et mettre ton pyjama ». Un enfant prévenu en vaut deux, ça évitera toute discussion à chaud.
  4. Ne cédez pas. Si vous cédez une fois, il recommencera chaque fois que l’occasion se présentera. La colère se nourrit des spectateurs. Il sent bien que, dans un lieu public, le regard des autres le protège, qu’il vous met dans l’embarras et qu’il vous rend vulnérable. Et il en profite ! Ne vous inquiétez pas de ce que pensent les gens autour de vous : pour chaque personne qui est critique à votre égard, il y en a une qui se montre compréhensive et qui compatit sincèrement. Concentrez-vous sur la meilleure manière d’affronter la situation et rappelez-vous que les parents parfaits n’existent pas. Chacun fait de son mieux et comme il peut et c’est très bien ainsi.
  5. Utilisez l’humour… à condition qu’il ne soit pas blessant pour l’enfant. Inventez un petit personnage qui intervient lors de la crise peut être rassurant pour votre petit. Monsieur Non ou Madame Oui l’aidera peut-être à mettre des mots sur sa colère et à vous exprimer son ressenti. Racontez les aventures de Monsieur ou Madame Non à chaque fois que la colère s’annonce en adaptant l’histoire au motif de son mécontentement et entamez le dialogue pour qu’il entre dans le jeu. Cela demande encore une fois de la patience, mais peut parfois permettre d’enrayer la crise. À essayer.
  6. Cédez… mais pas sur tout. Il faut admettre que, parfois, négocier, peut aider à éviter l’explosion. Autoriser certaines choses permet de redéfinir clairement ce qui est vraiment interdit : traverser la rue sans donner la main, grimper sur le tabouret devant la fenêtre, acheter tout ce qu’on veut au supermarché… À chacun de définir clairement ses priorités et… de s’y tenir.
  7. Sanctionnez ! Après avoir réfléchi, expliqué le pourquoi et le comment et que le petit râleur (ou la petite râleuse) vous fait toujours face, mettez-le en retrait dans un endroit où il est seul tout en gardant un œil sur lui… le temps qu’il se calme. Peu à peu, il anticipera et choisira de prendre ou non le risque de la sanction.

Karin Mantovani

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