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Comme un poisson dans l'eau…

Vous rêvez d’évoluer avec votre bébé dans les eaux bleues d’une piscine ? Mais n’est-ce pas trop tôt, n’est-ce pas néfaste pour nos petits bouts ? Avant de vous lancer et pour éviter tout risque pour sa santé, lisez notre mode d’emploi.

Comme un poisson dans l'eau… - Thinkstock

L’activité « bébé nageur » s’adresse aux enfants de 4 mois à 4 ans, sachant que les pédiatres conseillent de ne pas débuter l’aventure avant 1 an (Lire l’encadré Actu). Elle ne vise pas à apprendre la natation au nourrisson, mais bien à l’initier au plaisir de l’eau. L’objectif principal est d’offrir au bébé une nouvelle liberté et de lui donner de plus en plus d’autonomie.

Entre 20 et 45 minutes de bonheur

Des petits ploufs, des grands cris et beaucoup de bonheur partagé, voilà à quoi ressemble une séance de bébés nageurs. Généralement hebdomadaire, elle dure entre 20 et 45 minutes et se déroule en présence d’un maître nageur spécialisé.
Le bébé entre dans l’eau, blotti dans les bras de maman ou de papa. Il va ensuite jouer, éclabousser, tenter d’attraper la balle qui flotte... Au fil des séances, il va progressivement se détacher de son parent pour découvrir d’autres jeux : glissade sur le toboggan, crapahutage sur le tapis flottant…
Le personnel encadrant propose de multiples activités pour favoriser l’éveil, la coordination des mouvements et le développement psychomoteur du tout-petit. Autant d’exercices qui lui procureront une douce sensation de détente et de liberté. Petit à petit, il va commencer à se déplacer, soutenu par papa ou maman. Le tout est de lui apprendre à contrôler sa respiration et à se mouvoir dans ce drôle d’élément.

L’autonomie par l’eau

L’initiation se fait en plusieurs étapes. Au début, en contact permanent avec votre tout-petit, vous l’immergez progressivement jusqu’à la bouche. Une fois qu’il sera en confiance, vous pourrez lui apprendre à se tenir couché sur le dos ou sur le ventre, allongé sur un tapis.
Dans une deuxième phase, vous pourrez tenter l’immersion : un moment magique où vous découvrirez les facultés d’apnée de votre enfant ! Toujours dans vos bras, emmenez-le avec vous sous l’eau, quelques secondes. Enfin, le dernier palier consiste à « lâcher » votre bébé sous l’eau.
Dans l'élément liquide, votre bébé va vite découvrir des sensations très différentes de celles de la terre ferme. Le fait d’être en apesanteur, la caresse de l’eau sur la peau, les sons étouffés... tout est nouveau. Il peut gesticuler, battre des pieds, tenter des manières différentes de se déplacer, en toute liberté. La familiarisation avec l’eau lui permet de découvrir de nouvelles postures, d’autres manières et possibilités de se tenir. Il acquiert une autonomie qu’il n’a pas encore sur terre.

Bon pour le corps

Par ailleurs, l’activité dans l’eau est une expérience ludique à travers laquelle l’enfant renforce son système cardiaque, circulatoire, respiratoire ainsi que son squelette. L’eau l’incite en effet à contrôler différemment sa respiration et ses mouvements afin de les adapter aux exigences du milieu liquide. Elle stimule ainsi le développement psychomoteur du tout-petit.
À cela s’ajoute un phénomène de socialisation dans la mesure où les séances ont généralement lieu en présence d’autres enfants et adultes dans le bassin. Le bébé se familiarise ainsi avec les animateurs, avec les autres participants qu’il côtoie régulièrement.
D’un point de vue psychologique, l’eau renforce aussi la relation de l’enfant avec le parent qui l’accompagne et accroît ainsi le rapport de confiance réciproque. Autant pour bébé que pour vous, c’est une expérience enrichissante qui permet de vivre un moment privilégié et exclusif, à l’abri des sollicitations extérieures.
Enfin, initier un enfant dès son plus jeune âge, c’est également mettre toutes les chances de son côté pour lui faire aimer l’eau. Il sera ainsi plus à l’aise en grandissant, ce qui diminuera les risques de noyade. Saura-t-il pour autant nager plus tôt ? Pas nécessairement. Mais, étant plus en confiance dans l’eau, il sera avantagé : l’apprentissage sera plus simple et sans appréhension.

Gaëlle Hoogsteyn

En pratique

  • Assurez-vous que la piscine possède les infrastructures nécessaires. L’eau doit être à une température de 33°C environ et en tous cas pas en dessous de 30°C. En effet, le tout jeune bébé n’est pas encore en mesure de lutter contre le froid. Choisissez de préférence une piscine sans chlore.
  • Pour que votre bébé se sente bien, restez vous-même détendu(e), ne lui transmettez pas vos éventuelles inquiétudes.
  • Ne forcez jamais votre bébé. Respectez son rythme, ses envies. Chaque exercice doit être accepté par votre enfant. Si vous sentez qu’il a peur, n’insistez pas. Donnez-lui le temps de s’habituer. Rassurez-le par des gestes ou des mots.
  • Si votre bébé a froid, sortez-le de l’eau. Il reste du temps avant la fin de la séance ? Tant pis. Il est important que cette découverte de l’eau reste un moment de plaisir.
  • Nos petites grenouilles se déshydratent aussi très vite. Prévoyez donc un biberon de lait ou d’eau à la sortie.
  • À mettre dans son sac de bain : un slip de bain ou une couche étanche, un petit en-cas et de l’eau en biberon ou en bouteille, des doses de sérum physiologique pour les yeux, un savon et une crème hydratante pour l’après-bain, une grande serviette.

Le saviez-vous ?

Les bébés savent nager !

Tous les nourrissons possèdent, en effet, le réflexe natatoire (ou d’apnée). Immergés, ils ferment la bouche, bloquent automatiquement leur respiration et agitent les bras et les jambes. Après neuf mois passés dans le liquide amniotique, ils se sentent aussi à l’aise dans l’eau que dans le ventre de leur maman et apprécient de retrouver les sensations vécues…

Actu

Contre-indications

Récemment, le Conseil supérieur de la santé belge a déconseillé la natation chez les bébés de moins de 1 an. En cause, le chlore des piscines qui pourrait avoir un impact néfaste sur le développement des poumons et exposer précocement les enfants à l'asthme. Ce constat fait suite à la publication d'une étude réalisée par le professeur Alfred Bernard de l’UCL qui dénonçait elle aussi les risques sanitaires liés aux bébés nageurs, soulignant que cette activité facilitait l'apparition de bronchiolites chez le tout-petit dont l’appareil respiratoire n’est pas arrivé à maturation.
Aujourd’hui, les pédiatres recommandent de ne pas envisager la pratique des bébés nageurs lorsque les parents, les frères ou les sœurs du jeune enfant souffrent d'asthme ou d'autres formes d'allergie, d’eczéma par exemple. C'est également le cas de ceux qui ont déjà eu une ou deux bronchiolites. En cas d’otites répétées, il convient aussi d’éviter la piscine en hiver.

Témoignages

« Lorsque mon fils a eu 15 mois, je l’ai inscrit aux bébés nageurs. Mon attente était surtout de partager un moment privilégié avec mon bébé, de renforcer le contact mère-enfant. Je souhaitais aussi qu’il apprenne à se sentir bien dans l’eau. Je suis ravie des résultats, car aujourd’hui il n’a pas peur de l’eau et est très franc quand il s’agit de sauter dans la piscine ! »
Sabrine

« Je l’ai fait pour mes enfants et c’était super. On passait des moments vraiment agréables, on riait beaucoup. C’était trop comique de les voir jouer dans l’eau ainsi. J’avais tout de même pris certaines précautions (conseils du médecin, piscine sans chlore, séances limitées à 30 minutes…), car mon frère a souffert d’asthme suite à trop d’exposition au chlore. Il faut faire très attention aux petits poumons des bébés. »
Robert

« Les bébés nageurs, je suis contre. Leur système immunitaire n’est pas encore prêt à faire face aux impuretés qui se trouvent dans l’eau et, d’après plusieurs études, les enfants ayant été en piscine trop tôt courent le risque de souffrir de problèmes aux bronches et d’otites récurrentes. Par ailleurs, le coût de cette activité est relativement élevé. »
Natalie

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