Vie de parent

Comment préserver l'image de son enfant en ligne ?

Ce jeudi, vous avez pu suivre sur la page Facebook du Ligueur un nouveau webinaire réalisé en partenariat avec Bibliothèques sans Frontières Belgique. Si vous l'avez raté, pas grave, vous pouvez le revoir ici. Il est consacré à l’e-réputation sur le web. Question posée : « Comment protéger l’image de mon enfant en ligne ? » Petite introduction avec Michaël Roulant, bien connu des lecteurs du Ligueur, pour son implication dans Webetic au sein de la Ligue des familles.

Comment préserver l'image de son enfant en ligne ?

Depuis quelques mois, maintenant, Le Ligueur et Bibliothèques Sans Frontières Belgique s’associent pour diffuser des webinaires consacrés à l’internet à hauteur des familles. Utilité du contrôle parental, bons réflexes sur les réseaux sociaux… Les sujets ne manquent de titiller l’intérêt des parents, ils nourrissent même parfois quelques inquiétudes. À chaque fois, des pistes sont proposées. Plus important, encore, des éléments sont exposés pour mieux comprendre les mécanismes du web, ce qui permet aux parents d’être mieux armés pour aider leurs enfants dans cette jungle numérique trop peu explorée dans ses zones sombres faites d’algorithmes opportunistes et autres « cookies » insidieux.

Thème de ce webinaire donc, l’e-réputation. Michaël Roulant ramasse en une phrase ce que signifie ce mot : « L’e-réputation, ce n’est pas qui je suis, mais bien comment je suis perçu sur le web. »

Le terme d’e-réputation, on a plutôt tendance à le voir dans le milieu de l’entreprise ou dans le monde politique. Et pas au sein des familles.

Pourtant, c’est un fait, cette e-reputation, elle touche tout le monde. Les entreprises jouent avec cette e-reputation, elles la soignent à coups de marketing pour donner la meilleure image possible d’elles-même sur internet. Elles publient des contenus auxquelles elles réfléchissent, font un nettoyage de temps en temps. Elles ont compris que cette e-réputation était importante pour leur image de marque, pour leur bon fonctionnement. Mais cette e-réputation concerne tous les citoyens, il faut y être attentif.  Elle va se construire en fonction de ce qu’on va poster, partager, liker, bref, en fonction de tous les comportements qu’on va avoir sur net. Ces « traces » permettent ainsi à l’industrie du web de vous cataloguer et vous orienter vers des publicités, etc. Tous nos comportements sont ciblés.

Ce sont ces « traces » qui vont constituer cette e-reputation ?

Exactement. Tout ce qu’on fait sur le web laisse une trace. Et toutes ces traces, elles peuvent ressurgir des années plus tard. Quand on est actif sur le web dès 8-9 ans, on n’a pas les mêmes réflexes qu’à 15 ou 25. Et donc parfois une photo qui à l’époque n’avait rien de dramatique peut avoir un tout autre impact notamment dans le cadre d’une recherche d’emploi.

« Ne fais pas devant ta webcam ce que tu ne ferais pas devant ta grand-mère. »

C’est donc important de conscientiser les enfants à cela. Le moindre clic est une trace. Un « like » par exemple n’est jamais anodin. Cela vous fait rentrer dans le jeu des algorithmes, celui-ci va exposer vos affinités dans le cercle de vos réseaux sociaux, donner de la publicité à une action sur le web qui peut paraître très basique et inoffensive… 

Comment les parents peuvent-ils agir ?

On en revient à la base, toute simple. On fixe un cadre, des règles élémentaires. Celles-ci varieront sans doute en fonction des familles. Certains interdiront le partage de vidéos de famille. D’autres limiteront le type de photos postées; pas de photos de fêtes où on fait des bêtises de potaches, pas de photos où on fait le pitre et qu’on regrettera après. Bref, il faut conscientiser les enfants sur le fait qu’un jour ces photos peuvent ressortir, dans un autre contexte et que ça pourra leur faire du tort. Chez Webetic, on a une règle route simple :  « ne fais pas devant ta webcam ce que tu ne ferais pas devant ta grand-mère. »

De leurs côtés, les parents ne sont peut-être pas non plus toujours très vigilants sur ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux.

On est clairement dans le principe du « Fait ce que je dis, pas ce que je fais. » Les quadras, les trentenaires n’ont pas toujours compris l’impact de cette e-réputation. Aujourd’hui, même dans le cadre d’un job d’étudiant, il n’y a pas une entreprise qui ne tape pas le nom du candidat dans un moteur de recherche pour trouver les « traces » de celui qui postule. Que fait-il ? Quels sont ces centres d’intérêt ? Quelles causes défend-t-il ? A-t-il partagé des images violentes ? Défend-t-il des thèses complotistes ? Il faut réfléchir avant de publier, de poster, de commenter… Les hommes et femmes politiques sont devenus des spécialistes pour « blanchir » leur e-réputation. Cela relève parfois du travail de fourmis tant on laisse des traces sur le web. L’avantage quand on est sur le web depuis seulement un an, c’est qu’on peut aller faire du ménage plus facilement. Mais plus les années passent, moins c’est aisé. Bref autant être conscient de l’existence et l’impact de cette e-reputation dès le début.

Des outils existent par exemple sur les réseaux sociaux pour éviter de trop se dévoiler…

Oui, ce sont les paramètres de confidentialité. Je peux déterminer avec qui je partage, à qui je rends visible certaines choses…  Ce sont tous des paramètres qu’il faut moduler pour préserver son e-réputation. A partir du moment où le compte est bien paramétré, quelqu’un qui veut une effectuer une recherche sur vous aura plus de difficultés à trouver des infos. Il faut savoir qu’une bête photo de gâteau d’anniversaire, par exemple, peut être géolocalisée  et donc, potentiellement, dévoiler votre adresse.

Il faut donc être un minimum intéressé au web, à ses pièges, pour aider ses enfants.

C’est en effet l’idéal. C’est même nécessaire pour construire un dialogue qui est ouvert. Un enfant peut commettre une erreur sur internet, ça peut arriver, ça fait même partie de l’apprentissage. Mais si un jour, l’enfant est dans l’embarras, que la fracture numérique est trop importante au sein la famille, que les parents ne peuvent pas apporter de solutions, l’enfant se dirigera vers un ami qui ne sera pas forcément de bon conseil. Résultat, on n’avance pas. Et sur internet plus on fait durer les choses, plus l’impact peut être important. Une vidéo, une photo qui reste plus longtemps sur internet peut, potentiellement, capter plus d’audience et donc, la nuisance risque de s’amplifier.

► Cliquez ici pour revoir le Webinaire.

 

T. D.

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