Vie de parent

Comment résister au jambon de Maya l’abeille ?

Des cigarettes Maya pour enfants. L’intox a fait grand bruit sur la toile. Greenpeace a frappé fort. Son but ? Dénoncer l’utilisation de l’image de Maya pour vendre de la charcuterie. Au-delà du conflit entre Greenpeace et Studio 100, deux questions : nos enfants mangent-ils trop de charcuterie ? Et comment résister à leurs héros qui viennent nous tenter dans les supermarchés ?

Comment résister au jambon de Maya l’abeille ?

« Maman, je veux du jambon Maya l’abeille, il est trop joooli. Et des biscuits Reine des neiges aussi, steuplé, steuplé, steuplé... ». Scène fréquente dans un supermarché. Problème, les biscuits sont si médiocres que même votre princesse ne veut pas les terminer et le jambon est certes joli mais ne sert pas à décorer les tartines de nos petits gourmands. Il doit les nourrir sans trop les encrasser. Et c’est là que le bât blesse.
« Maya encourage la consommation de charcuteries pour enfants. (…) Ces charcuteries augmentent le risque de maladie comme le cancer colorectal, les maladies cardiaques coronariennes, le diabète de type 2 et le risque de mortalité », écrit Greenpeace dans un communiqué de presse. L’association militante voudrait que ces charcuteries soient remplacées par « des alternatives saines, à base d’ingrédients d’origine végétale ou de viande issue de l’agriculture écologique et locale ».
Et pour marquer les esprits, elle a lancé fin mai une vidéo choc dans laquelle la célèbre abeille vend des cigarettes pour enfants. « Pratique, le paquet en format mini pour les petites mains. Avec le meilleur tabac au goût délicieux et doux de miel », disait la voix off du faux spot publicitaire.
C’est une intox, bien sûr, les cigarettes pour enfants Maya l’abeille n’existent pas. Le studio 100 qui détient les droits sur l'image du célèbre insecte jaune et noir est d’ailleurs furax. Greenpeace est assignée en justice, sa vidéo a été retirée de la toile. Mais la réflexion se poursuit. Et une pétition est lancée pour demander au CEO du Studio 100 de remplacer les charcuteries Maya par une alternative saine.

Des parents avisés

Côté parents, les avis semblent partagés. Chacun y va de son astuce pour éviter le matraquage publicitaire ou y céder, de temps en temps. « C’est sûr que les enfants sont attirés par les images de leurs héros et je ne peux pas toujours résister. Quand mes neveux font les courses avec moi, je les laisse choisir chacun une chose », témoigne Agathe, tantine super impliquée auprès de ses neveux.
« Moi j’essaye de leur démontrer l’absurdité de la publicité, renchérit Elsa, maman de jumelles de 6 ans. Les abeilles ne mangent pas de poulet. À moins que ce soit de la viande d’abeille, ce qui serait très très bizarre… ».
« Le plus simple reste d’éviter les lieux de tentation, comme les grands supermarchés, nous répond Rachel. On essaye de faire un maximum nos courses en vrac, sans aucun emballage coloré et publicitaire. Et si notre fils réclame un soda, je réponds : 'C’est plastique'. Il sait bien que ça ne vaut même pas la peine de négocier. »
« Chez nous, on essaye de faire  les courses sans les enfants, raconte Yann, papa de deux enfants de 2 et 4 ans. Mais avec un boulot, ce n’est pas toujours simple. Mon truc, c’est d’y aller le vendredi soir. Je laisse ma femme coucher les petits et je file au supermarché. Le magasin est quasi vide avant la fermeture et je commence bien le week-end. »
Un autre papa nous donne son truc : fixer des règles claires, avant d’entrer. « J’ai une liste et je confie à chaque enfant la mission de retenir deux-trois choses à acheter. Ils sont concentrés sur leur mission et je reste ferme sur la liste ».

Estelle Watterman

N’oublions pas

L’OMS a tout de même déclaré en 2015 que la viande transformée, comme la charcuterie, est souvent cancérogène. Le nitrite et glyphosate qu’elle contient souvent sont pointés du doigt… bref, mignonne abeille ou pas, on vous conseille d’en consommer avec modération.  

Et Maya dans tout ça ?

Non, ce n’est pas une ogresse junkie qui dévore des jambons et fume des clopes au miel. On retiendra plutôt d’elle sa petite chorégraphie qui fait danser les élèves de maternelle.

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La malbouffe ? Pas seulement à l’école

Oh oui, pourvu qu’ils grandissent en bonne santé, nos petits chéris ! Bien sûr, il y a les maladies, les bobos et les microbes qu’on ne voit pas toujours venir. Mais si on peut déjà leur éviter d’avaler trop de cochonneries et les éloigner de la pollution, on est déjà dans le bon.