Vie de parent

Confinement et congé spécifique
pour les parents : pétition cherche signataires

Un congé spécifique pour les parents par temps de confinement ? Les choses frémissent. La pétition de la Ligue des familles n’attend plus qu’un peu plus de 3 000 signatures pour remplir son objectif. Et une partie du monde politique semble de plus en plus réceptif à la chose. Le sujet devrait être sur la table ce week-end.

Confinement et congé spécifique pour les parents : pétition cherche signataires

Déjà plus de 16 000 signatures pour la pétition lancée par la Ligue des familles. Celle-ci réclame un congé spécifique pour les parents qui n’en peuvent plus de cumuler, en même temps, leur boulot et la garde des enfants. Cette demande vise singulièrement les parents d’enfants de moins de 12 ans ou les enfants avec des besoins particuliers.

Concrètement, quelle serait la forme de la demande ? La Ligue des familles et son homologue flamand le Gezinsbond avancent des pistes : « Cela pourrait prendre la forme d'un congé parental supplémentaire, plus flexible et mieux rémunéré, ou d'une indemnité spécifique octroyée par l’assurance maladie, comme en France et au Luxembourg. La modalité importe peu tant que l’objectif est atteint : un congé suffisamment rémunéré, accessible aux parents salariés, agents du secteur public ou indépendants ».

Un signal fort pour faire bouger les choses

Pour appuyer sa demande, la Ligue des familles a donc lancé une pétition. Objectif : atteindre 20 000 signatures. Elle y est presque. Pour l’instant, plus de 16 000 personnes ont déjà répondu à l’appel. « C’est clairement un signal fort qui fait bouger les choses, se réjouit la Ligue des familles. Que ce soit dans des prises de positions officielles ou individuelles, les représentant·e·s de différents partis sont de plus en plus nombreux et nombreuses à se positionner pour la mise en place d’un dispositif spécifique de congé ».

De là à dire que c’est gagné, il y a une marge, mais il y a des frémissements. « Ecolo-Groen et le SP.A nous ont indiqué avoir déposé des propositions sur la table du gouvernement élargi aux présidents de partis », dit-on du côté de la Ligue des familles. Son directeur général, Christophe, Cocu insiste : « Pour les partis qui évitent jusqu’ici de se positionner, il ne sera plus temps de se cacher. Vont-ils entendre la détresse des parents ? C’est en tout cas le moment, des parents sont proches de craquer ».

Des appels à l’aide en continu

Cette détresse, elle s’exprime, sans cesse. Pour preuve encore, ce message reçu, à la rédaction, cette semaine.  

« Je me permets de vous écrire car notre situation est de plus en plus difficile à vivre avec ce confinement. Nous tentons de trouver des solutions, mais en vain... Je suis maman d'un enfant de 3 ans et d'un bébé de 6 mois. Je suis actuellement en télétravail avec la nécessité de me rendre deux fois par semaine sur mon lieu de travail pour mes courriers. Je travaille au CPAS. Mon mari, lui, est dans le secteur alimentaire et multiplie les heures. Les journées sont longues et difficiles. Pour moi, c’est une grande charge psychologique. Travailler, m'occuper de mon aîné et assurer les besoins de ma cadette, de la maison et de tous les repas. Mon aîné est perturbé de ne plus aller à l'école. Nous avons constaté une régression de son langage et il commence à bégayer. Et il est plus difficile que d'habitude.  Je voulais savoir si un mécanisme ou un conge permettant de savoir faire face. De ce que j’ai pu lire, rien n'existe encore. »

La situation exceptionnelle traversée bouleverse l’organisation des familles. Certaines le vivent bien parce que le travail ne vient par percuter la garde des enfants par temps de confinement. D’où, parfois, ce sentiment d’injustice exprimé par cette lectrice. « Il y a ceux qui peuvent profiter de leurs enfants, se balader. Puis nous qui devons trimer, assurer quatre boulots en un. Ça devient insupportable, éreintant ».

Des familles plus fragiles que d’autres

Alors que le confinement risque de se prolonger, de nombreux parents risquent, faute d’une intervention adaptée, de perdre complètement pied. Cette situation de détresse s’exprime beaucoup du côté des familles où les enfants sont encore très petits ou en situation de handicap. Bref, où se trouvent des enfants qui demandent une attention particulière et permanente, incompatible avec l’accomplissement, en parallèle, d’un boulot à temps plein. Cette situation est, tout bonnement explosive lorsque le parent en télétravail est seul à s’occuper des enfants.

La pétition de la Ligue des familles entend être le porte-voix de toutes ces détresses, de toutes ces inquiétudes qui nous remontent depuis le début le début du confinement et qui ont été objectivées dans une enquête sortie cette semaine. La Ligue des familles insiste : « Ces parents doivent recevoir du soutien. De la flexibilité des entreprises est essentielle bien sûr, mais elle ne peut être une solution suffisante dans tous les cas ».

Thierry Dupièreux

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