Vie de parent

Confinement : familles, répondez,
vous êtes sondées

Depuis hier, la Ligue des familles mène un sondage. Pour cerner la façon dont les familles vivent le confinement. Du côté de l’UCLouvain, aussi, on sonde. Là, c’est une vaste enquête menée sur la santé mentale en cette période de crise sanitaire qui est organisée. À quoi ça sert ? Réponse.

Confinement : familles, répondez, vous êtes sondées

Ce qui est certain, c’est que ce thème du confinement vous fait réagir. Mais quoi de plus normal ? Entre positivisme et résignation, solidarité et crainte pour le futur, des questions se posent et les réponses manquent. Deux enquêtes, donc, menées de front, pour prendre le pouls. À peine lancée, celle de la Ligue des familles a déjà rassemblé 1 800 répondants, à l’UCLouvain, ce sont les questionnaires remplis de 15 000 Belges, dont 12 000 francophones, qui ont été recueillis ces derniers jours. C’est énorme !

À la Ligue des familles, l’objectif est simple : identifier les besoins des parents, trouver et défendre, dans la foulée, des solutions et des mesures de soutien aux familles. « Cela permettra d’avoir une vision globale des préoccupations, de récolter des informations précieuses d’un point de vue quantitatif. Elles viendront compléter toute l’approche qualitative qui est en cours, tous les témoignages que nous recevons déjà en direct », détaille Caroline Tirmarche, responsable du service Études et action politique de l'institution.

La santé mentale des familles en danger ?

À l’UCLouvain, l’intérêt de l’enquête sur la santé mentale a notamment pour but de combler les lacunes identifiées dans la littérature abordant le sujet du confinement. Des rapports existent, mais principalement « pour des études effectuées sur des petits groupes, par sur un confinement d’une telle ampleur », précise Vincent Lorant, professeur de sociologie de la santé à l’Institut de recherche santé et société de l’UCLouvain.

L’hypothèse de départ des chercheurs louvanistes n’est pas forcément réjouissante. « Vu la situation vécue, il va y avoir une dégradation de la santé mentale, avance le chercheur. Singulièrement parmi les publics fragilisés. Je pense aux personnes âgées, isolées ou souffrant déjà de troubles mentaux. Il faut aussi s’attendre à un impact par exemple au sein des familles avec des jeunes enfants. »

« On peut parler de perturbations massives »

Mais d’où viendrait cette dégradation ? « De nombreuses études montrent le rôle des relations sociales dans la santé mentale. Et le confinement entraîne une modification profonde de ces relations. On peut même parler de perturbations massives. Et pas seulement dans les relations sociales, mais aussi dans le sentiment d’utilité sociale ».  

Un travail de fond, sur la longueur

Le problème viendrait notamment du manque de diversité dans ces relations. Un manque de richesse qui plomberait notre moral, nous déstabiliserait. Et la relation sociale numérique, peut-elle compenser ? « J’ai des doutes. Il y a une différence de qualité entre les deux. Vous savez, je connais des psychologues cliniciens qui sont fort sollicités pour l’instant. Mais ils doivent travailler à distance. C’est nécessaire, c’est utile, mais ils m’affirment que ce n’est pas le même travail thérapeutique ».

« On veut contribuer au bien-être de la société »

Cette étude doit donc mieux faire comprendre les mécanismes qui donnent au confinement le pouvoir d’altérer la santé mentale. « C’est important d’enquêter, maintenant, au début. Les personnes qui ont rempli les questionnaires, nous pourrons les recontacter, noter les évolutions, au fur et à mesure ».

Pour enrichir la réflexion, des chercheurs français et anglais ont entrepris la même démarche. « On espère ainsi contribuer au bien-être de la communauté en analysant le phénomène ». Analyse dont pourront être tirées des conclusions, des recommandations. « Cette enquête apportera des éléments de réponse ».

Thierry Dupièreux

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