Vie de parent

Confinement : le travail scolaire
source de conflit à la maison
pour 3 parents sur 5

L’école stresse les parents en ces temps de confinement. Selon une étude de la FAPEO, la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel, près d’un parent sur trois s’inquiéterait de la réussite scolaire de ses enfants confinés. Et trois sur cinq jugent le travail scolaire à la maison source de conflit. Ce sont les premiers résultats d’une enquête lancée la semaine dernière à laquelle 4 500 personnes ont répondu en 4 jours.

Confinement : le travail scolaire source de conflit à la maison pour 3 parents sur 5

Avant de développer les premiers résultats de l’étude, la Fapeo brosse le cadre : « La ministre de l’Enseignement a permis aux écoles de donner du travail à domicile pour assurer la continuité pédagogique selon des balises précises. Ainsi, le travail devait se faire en parfaite autonomie, sans nouveaux apprentissages, proportionné, en s’assurant que chaque élève dispose du matériel et du soutien nécessaire, avec envoi de support papier par courrier postal si nécessaire, recours aux moyens électroniques pour maintenir le lien social avec et entre élèves autour des travaux proposés, objets d’évaluation formative uniquement (sans cotation) ».

L’objet de l’enquête, c’était d’objectiver cela. Comment ça se passe vraiment côté parents ? La réalité est-elle fidèle à la règle ? Où sont les points de friction ? Prenons un des points du cadre, l’absence de nouveaux apprentissages pour les matières vues à la maison. Vrai ? Hum. C’est non pour 30 % des parents d’élèves en primaire. Un pourcentage qui monte jusqu’à 63 % lorsque le ou les enfants sont en secondaire. Tiens, à propos de ces travaux, ils sont bien réels ? Oui, à 90 %. Les élèves ayant reçu du travail scolaire « essentiellement via des moyens numériques ».  

Et pour le travail à faire en « parfaite autonomie » ? Là aussi, ça coince. Pas moins de 84 % des parents doivent aider leur enfant en primaire, 78 % en secondaire. Quant à l’absence de cotation, c’est le cas pour 74 % des travaux, mais pour le reste…

Tensions et craintes d’échec

Mais revenons à ces tensions évoquées plus haut. Dans son étude, la Fapeo insiste sur ce point : « 59,9 % des parents estiment que ce travail scolaire est source de conflit ». C’est un « oui » franc pour 1 parent sur 4. Un « oui parfois » pour un peu plus d’1 parent sur 3. Or, « dans cette situation de confinement, dans des conditions de vie vraiment variables selon que l’on vive en appartement ou dans une maison, en ville ou à la campagne, à deux ou à sept en appartement, équipés ou pas en PC, avec des parents éventuellement malades, ou mis en chômage technique, ou en situation de grande précarité, l’ambiance confinée à la maison est elle-même hautement variable. Si le travail scolaire génère lui aussi des tensions, est-ce bien raisonnable ? ».

Et les inquiétudes pour la réussite scolaire ? Près d’un parent sur trois en nourrit, c’est beaucoup ! La Fapeo relève néanmoins que « ce nombre s’approche de celui des parents qui déclarent que leur enfant éprouvait des difficultés avant le confinement. Les 'bons élèves' ne seront que peu pénalisés par la situation actuelle, en revanche pour les autres cela risque bien de porter à conséquence. Et encore plus pour les élèves les plus défavorisés qui paieront le prix fort ! ». Il est question d’inégalités ? Creusons ce thème.

Les inégalités scolaires renforcées

Au niveau des inégalités, la question du matériel informatique à disposition est cruciale. Là, les inégalités se marquent. Avec force. Sans surprise, en primaire, peu d’enfants possèdent un ordinateur personnel. Ils sont 12 %. En secondaire, le pourcentage est plus élevé, mais laisse quand même 44 % d’enfants sur le carreau. S’il faut imprimer des documents, de 15 % à 17 % (en fonction des niveaux) ne disposent pas d’une imprimante pour respecter les consignes du professeur.  

Face à ces chiffres, la Fapeo tire la sonnette d’alarme. « Dans les conditions actuelles, il ne peut y avoir continuité des apprentissages sans l'élargissement du fossé entre les 'bons' et les 'mauvais' élèves, entre ceux qui ont accès à plus de moyens et ceux qui ont en moins. Les élèves ne peuvent pas être évalués par leur conseil de classe sur base de leurs interactions numériques avec leurs profs et à la quantité de travaux restitués (et parfois cotés), privés de leurs enseignants et soutenus par le milieu familial, voire encadrés par le marché du soutien de la remédiation scolaire externe, lequel n’est certainement pas un levier de lutte contre les inégalités ! ».

Un parent sur trois ne veut pas d’examens

Idée ? « Pendant ce temps essentiel de pause, nous demandons au gouvernement d’envisager les différents scénarios de la fin de l’année scolaire. L’organisation d’une session d’examens, toutes étapes incluses, peut prendre jusqu'à quatre semaines. Un temps plus utile pour apprendre, non ? ».

Bref, faut-il maintenir les examens ? Voilà ce qu’en pensent les parents : deux sur trois sont contre leur maintien. Quasi le même pourcentage souhaite que « la période des examens soit mise à profit pour se consacrer aux apprentissages non vus en classe ». Le message est clair, reste à voir ce qui lui sera répondu.

Thierry Dupièreux

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