Vie de parent

Confinement : papy et mamy en grand manque de leurs petits-enfants

Les grands-parents vivent mal l’éloignement. C’est une douloureuse évidence. Et s’ils vivent mal ce confinement, c’est surtout parce qu’ils ne peuvent pas retrouver la famille et, principalement, leurs petits-enfants. Un coup de sonde apporte son éclairage sur le sujet. Il met en avant « la détresse psychologique » que peuvent vivre ces papys et mamys victimes du confinement.

Confinement : papy et mamy en grand manque de leurs petits-enfants

Les résultats de l’enquête sont sans appel. Quand on demande aux grands-parents d’expliquer pourquoi ils vivent mal le confinement, ils sont plus de 85 % à avancer le fait de « ne pas pouvoir voir la famille et les petits-enfants. » Le manque d’activités vient loin derrière (18 %), comme la solitude (13 %) ou les magasins fermés (6 %). C’est la plateforme happygrandsparents.be qui déboule avec ces chiffres. Elle a récolté les réactions de plus de 1 500 membres de sa communauté.

« On se doutait un peu que cette mise à distance des petits-enfants était difficile à vivre, concède Christophe Urvoy-Isaac, le fondateur de la plateforme. Mais pas à ce point-là ». Happygrandsparents.be a notamment été alerté par les messages écrits en dessous d’un post de sa page Facebook qui nvitait ses fidèles à bien respecter les règles de confinement. « Là, on a reçu énormément de commentaires, parfois désemparés ».

Des réactions ? Oui, en voilà. Michelle qui dit : « Moi, mes petits-enfants, même s’ils sont grands, je les vois trois fois par semaine. Ils vont me manquer. Dur, dur… ». Cette autre mamy confirme, « ça va être très dur de rester enfermée. La déprime nous guette ».

Le numérique à la rescousse

Généralement, les grands-parents vivent un éloignement strict des petits-enfants. Pour près de 89 %, il n’y a aucune rencontre physique. Ils ne sont qu’une minorité à les voir en respectant les mesures de distanciation sociale. À noter qu’un peu plus de 4 % d’entre eux doivent garder la progéniture de leurs enfants parce qu’il n’y a pas d’autre solution.

Les membres qui ont répondu à cette enquête sont en grande partie âgés de 55 à 75 ans et se débrouillent avec le web et les réseaux sociaux. A priori, a sensation d’éloignement, voire d’abandon, devrait déjà être diminuée par rapport à d’autres aînés·e·s moins aguerri·e·s aux nouvelles technologies. C’est dire si ce confinement est particulièrement mal vécu par ceux qui n’ont pas à leur disposition les outils numériques.

Les moyens de communications actuels permettent donc de tromper (un peu) l’absence. À un point tel que les WhatsApp, Skype et autres Facebook supplantent le téléphone comme « moyen de communication plus réguliers ». Plus de 80 % des grands-parents y ont recours. Le téléphone fait deux fois moins bien. Une des abonnées à la page de la plateforme vante les mérites des réseaux sociaux et cela lui permet de relativiser : « On se verra sur Messenger, WhatsApp ou Skype… Ce sera comme s’ils étaient établis au bout du monde. Rien d’insurmontable ».

Un attachement bien ancré

À la question de savoir s’il a été surpris par les résultats de l’enquête, Christophe Urvoy-Isaac avoue avoir été surtout interpellé par l’importance majeure des petits-enfants dans le quotidien des grands-parents. « On savait que les petits-enfants était un élément moteur pour les seniors, mais l’enquête ne fait pas que confirmer cette conviction, elle la renforce. Elle montre à quel point cet attachement s’inscrit dans le quotidien même des grands-parents. Cela fait partie intégrante de leur agenda, de leur structuration sociale de tous les jours ».

Thierry Dupièreux

3 conseils pour surmonter l’absence

Pour l’instant, Happygrandsparents.be travaille sur une série de conseils à donner aux grands parents. Et cela en partenariat avec des psychologues. Voilà les grandes lignes qui sont travaillées.

► Le recours aux réseaux sociaux, aux moyens numériques pour conserver un contact au quotidien.
La mise en place de routines pour renforcer la qualité de la relation. Pourquoi pas, par exemple, jouer à un de ces jeux en ligne (genre quiz de connaissance générale ou de dextérité) pour entretenir la relation avec les petits-enfants ?
La réflexion autour de projets, pour s'imaginer dans l’après et se sortir de ce présent anxiogène. Préparer une escapade avec les petits-enfants, une sortie à réaliser lorsque les risques de contagion seront écartés et que le calme sera revenu. Se projeter permet de s’animer dans une démarche positive et constructive. Tout ce qu’il faut en ces moments un peu compliqués.

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Ils étaient déjà près de 40 % à garder, soigner, animer leurs petits-enfants en toute discrétion (voir l’enquête de la Ligue des familles à ce sujet sur liguedesfamilles.be). Avec le Covid 19, ses fièvres et ses écoles fermées, les grands-parents se retrouvent deux fois plus sur le pont pour accueillir leurs petits-enfants. Tout en étant pressés de prendre soin de leur santé par les médias, les professionnel·le·s de tout poil et depuis hier, 22h25, les autorités belges. Ouf !

 

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Un journal familial gratuit pour les grands-parents isolés

L’opération a été lancée en début de ce mois et bénéficie déjà à 1 300 aînés isolés. Des Nouvelles de chez nous leur permet de recevoir un journal papier gratuit, chaque semaine, pour s’informer de ce qui se passe dans les branches de leur famille confinée.

 

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