Vie de parent

Confinement : soyons vigilants
face aux violences faites aux enfants

Face au risque de maltraitances en période de confinement, de nombreux professionnels du terrain, des enseignant·e·s et même des parents en appellent à la plus grande vigilance collective. Nous avons tous un rôle à jouer. Même confiné·e·s.

Confinement : soyons vigilants face aux violences faites aux enfants

C'est une proche, Marie*, assistante sociale, qui nous a alertés avant même que le confinement ne soit décrété. « Si on suspend les cours et que l'on enferme certains parents chez eux avec leurs enfants, j'ai bien peur que ce soit une catastrophe pour des milliers de petit·e·s dans le pays », dit-elle, très remuée.

Des milliers ? 2 000 signalements de maltraitance d’enfants qui font l’objet d’une ouverture de dossier en Belgique. Comme pour chaque cas de maltraitance, il s'agit juste du sommet visible de l'iceberg. SOS Enfants reçoit près de 5 600 signalements par téléphone, par courrier ou par email, chaque année.

Mais, alors, comment agir concrètement ?

L'assistante sociale appelle nos lecteurs et lectrices à redoubler de vigilance. « Tout le monde a un rôle à jouer. Dites bien aux parents qu'ils peuvent être témoins, même auditifs, de violences sur un enfant. Entre voisins, on sait la plupart du temps qu'il se trame quelque chose d'étrange. On entend des éclats de voix. On se dit que ces violences verbales font partie des habitudes. Que c'est dans la culture familiale de se hurler dessus, de casser des objets. Ça se passe rarement dans la sérénité, ce genre de scènes. Et dans le jours, les semaines à venir, il faut y être particulièrement attentifs ».

La spécialiste nous explique que l'école constitue d'habitude une sorte d'armistice pour les enfants maltraités. D'où l'importance de ce geste simple, sans risque, puisqu'il ne s'agit même pas d'aller toquer à la porte du voisin, mais de signaler un fait. D'ailleurs à qui ?

Qui contacter en cas d'urgence ?

Le premier réflexe est d'appeler le 101. Vous pouvez également vous adresser aux équipes de SOS enfants, présentes en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale. Nous vous recommandons également la brochure de Yapaka Que faire si je suis confronté à une situation de maltraitance d'enfant ?

Marie le répète : « une simple attention peut faire la différence. Il faut donc être attentif, agir avec prudence et surtout se sortir de l'idée que ça se passe ailleurs. Et pour rappel, tout ce que l'on vient de dire vaut également pour les enfants et adolescent·e·s confronté·e·s à une telle situation pour eux-mêmes ou pour un·e autre mineur·e en danger ». Précieux conseils. Précieux au point de sauver des vies.

*Prénom modifié, témoignage sous anonymat

Y.-M. V.-L.

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