Vie de parent

Confinement : trois façons
de transformer sa fenêtre
en moyen d’évasion

C’est en sortant pour « une promenade de confiné » qu’est venue l’idée de cet article. Aux fenêtres d’une maison, les œuvres d’enfants forcés de rester à la maison. Une espèce de galerie d’art improvisée livrée au regard des passants. Ces fenêtres, uniques ouvertures physiques vers le monde extérieur, pourraient-elles dépasser leur simple mission de transparence et doper la créativité ? La réponse est oui.

Confinement : trois façons de transformer sa fenêtre en moyen d’évasion

Notre regard a sans doute changé. C’est que ces fenêtres sont devenues pour nous une des seules façons de scruter le monde en vrai. Le confinement leur a conféré une quasi-exclusivité sur la perception, sans écran interposé, du monde qui nous entoure. Contempler la rue vide. Se réjouir du ciel bleu. Apercevoir les voisins. Les saluer, de loin.

Les fenêtres, donc. Tranches de verre que certains commencent à investir. Pour entrer en contact avec leur prochain autrement que par un coup de fil, un message ou une vidéo-conférence. Pour accrocher le regard des rares piétons qui s’aventurent au grand air. L’expo spontanée dont on vous parlait ci-dessus est l’expression de cela. Comme l’ont été, également, ces ours en peluche qui, ces derniers jours, ont envahi les embrasures dans plusieurs pays. Placés de façon visible aux fenêtres, ces sympathiques plantigrades sont censés amenés un peu de joie ludique chez les petits qui doivent en repérer un maximum durant leur (trop) courte promenade de confinés.   

En voyant cela, on s’est demandé comment on pouvait explorer davantage cette filière récréative. En préambule, on rappellera toute la prudence d’usage. Les fenêtres, cela peut être dangereux. Pour les plus petits, ce sera sévèrement encadré. Pour les plus grands, on restera vigilant. Afin de nous inspirer, nous avons sollicité quelques esprits ingénieux pétris d’audaces artistiques.

► La fenêtre comme point d’observation

« Ce qui peut être bien, avance Isabelle Chavepeyer, psychologue pleine de ressources créatives, c’est de jouer à deux en scrutant l’extérieur depuis la fenêtre. On peut regarder une même chose depuis deux fenêtres différentes et puis comparer ce qu’on a vu. Faire des paris sur la prochaine personne ou la prochaine voiture qui passera devant la fenêtre. »

Brigitte Castin, du centre culturel de Namur, donne aussi l’idée d’un projet sur la longueur. « On peut dessiner chaque jour un détail différent de ce que l’on voit par la même fenêtre ». Et pourquoi pas le faire identifier par un autre membre de la famille ?

Dans l’idée de dessiner ce qui se passe à l’extérieur, Cécile Balate, scénographe, propose même de « dessiner chaque matin, tout ce qui se révèle à travers ce cadre sur le monde. On peut, par exemple, observer, sur la longueur, les différences de lumières comme l’a fait Monet, pour les meules ou la cathédrale de Rouen ».

Enfin pour ceux qui habitent en ville, Brigitte Castin ajoute une idée : « dessiner la fenêtre en face de chez soi pour faire jeu de miroir en invitant le voisin à faire de même ».

► La fenêtre comme tableau à peindre

C’est vrai que le cadre, on l’a. Reste à le remplir de la façon la plus artistique possible. C’est Hélène Rondeau Benchaou, volontaire à la Ligue des familles, qui expose cela. « L’idée est d’imaginer un décor. En découpant, par exemple, des formes dans de vieux sacs plastiques, des vieilles fardes plastifiées. On peut aussi travailler sur des œuvres géométriques pures à la Mondrian ». C’est une approche que suggère aussi Isabelle Chavepeyer : «On peut aussi occuper l’espace de la fenêtre par des dessins, mais aussi des végétaux, figurines, peluches… ».

Les mots peuvent aussi attirer le regard. Une question qui interpelle ? Un mot qui traduit un sentiment à partager ? Une citation ? Un mot d’enfant ? Il y a tant de mots pour chasser les maux du quotidien. Un artiste comme Ben l’a bien compris avec ses célèbres lettres blanches sur fond noir.

Avant tout cela. Ne pas oublier de préparer les enfants au fait que ce sera une œuvre ou une expo éphémère. Histoire d’éviter les drames lors du démontage. Tiens, à propos de démontage, pourquoi ne pas organiser un petit vernissage et dévernissage, avec un jus de fruit et des biscuits maison, et même papy et mamy par Skype ? Au passage, ne pas oublier de prendre les œuvres en photos et le cas échéant, de les envoyer au Ligueur (redaction@leligueur.be).

► La fenêtre comme ouverture sur l’imaginaire

Parfois, on peut aller plus loin que ce qu’on voit. Isabelle Chavepeyer prend la rue comme théâtre ou laboratoire d’histoires à inventer. « On imagine un récit à partir des personnages, des animaux et autres objets que l’on voit défiler sous nos yeux ». Ces récits de vie stimulée par la folle du logis, on peut les raconter, mais aussi, les dessiner, les mettre en scène. Pourquoi pas ?

La fenêtre ouverte peut aussi, à dose raisonnable, être une façon de communiquer. Un air de musique pour les voisins ou les services de secours sur le coup de 20h ? Tiens, la bonne initiative !

Thierry Dupièreux

Évasions culturelles en mode fenêtre

♦ Un livre pour les petits

La fenêtre de Claude Ponti

Une aventure des poussins Tromboline et Foulbazar qui ne sont jamais en manque d’idées. Un petit livre maliceux dont la source d’inspiration est justement une fenêtre avec tout son potentiel de distraction. Pour les enfants de 3 à 6 ans.

Ecole des Loisirs

♦ Un roman graphique pour les parents

L’homme à la fenêtre de Mattotti et Ambrosi

 « Seul à sa fenêtre, un homme voit sa ville et sa vie se transformer sous yeux ». Un graphisme noir et blanc, épuré et exigeant, au service d’une histoire où souvenirs et nouveau départ se télescopent. Sorti en 1992, une des premières grandes références du roman graphique.

Casterman

♦ Un film pour les parents

Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock

Un des meilleurs longs métrages du maître du suspense. Un photographe plâtré est contraint de rester dans sa chambre et tente d’élucider un mystère depuis le point de vue que lui donne sa fenêtre. Avec James Stewart et Grace Kelly.  

Sur le même sujet

Confinement : on se partage la playlist (sans disputes)

Il est grand temps d'aborder un sujet qui fâche : la musique sous le même toit. Après trois jours de confinement, vous n'en pouvez déjà plus de cette reine habillée en Céline Dion qui hurle qu'elle est libérée délivrée. Quand aux grands enfants, ils vous donnent l'impression de vivre sous le même toit que Black M, PNL ou même Aya Nakamura. Vite, il est plus que temps d'agir.

 

5 initiatives qui pourraient rendre le confinement plus agréable

On ne peut que saluer la façon dont certain·e·s se servent de la force du web comme fenêtre sur le monde. De cette première semaine de confinement, voici les très bonnes initatives que l'on retient, à partager sans modération avec vos enfants.

 

Cinq idées de jeux pour transformer la maison en monde imaginaire

Lorsqu’on reste enfermé chez soi, l’important c’est de préserver et d’entretenir son pouvoir d’imagination. C’est lui qui vous permet de vous évader, de traverser, tel un garou-garou virtuel, les murs qui vous entourent. Pour les enfants, c’est pareil. Et c’est là que vous avez un rôle à jouer. Bonne nouvelle. C’est fun et motivant !

 

Confinement : quatre outils sur le web pour aider les parents

Dans ce confinement qui s’incruste, il est bon d’avoir des outils d’information sous la main (outre le Ligueur, bien sûr) pour répondre à des questions et besoins immédiats. Nous avons isolé quatre initiatives qui couvrent l’éventail de votre vie de parents confinés. Quatre liens à mettre dans les favoris de votre moteur de recherche…

 

Idées d'activités : la nature lance des défis confinés

En ces temps de confinement, pourquoi ne pas observer la nature ? Cette question, elle est posée par Natagora. L’association va, évidemment, au-delà du simple questionnement et invite les familles à découvrir la biodiversité à la maison. Pas de jardin ? Pas de problèmes, une fenêtre, un balcon, une connexion internet suffisent.